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Exposition | Le dessin, trop peu d'architecture (03-04-2019)

Paris a été le théâtre d’une grande messe dédiée au dessin dont les temps forts se sont déroulés la semaine passée. Parmi eux, le salon du dessin au Palais Brongniart qui a accordé à l’architecture une place de choix sans jamais la désigner. Curieux mutisme.

France

L’architecture n’est possible sans dessin ; il est une condition préalable trahissant quelques recherches spontanées. Sur les murs des stands du Palais Brongniart, il y avait donc bien quelques architectes. Parmi eux, Percier ou encore Fontaine, ces deux inséparables.

Il y avait aussi une exposition proposée par le Musée Carnavalet dont les travaux de restructuration semblent bien longs et font regretter les salles de cette belle institution ayant fait de l’histoire de Paris son objet d’étude.

Pour signaler aux Parisiens oublieux – mais aussi à tous les autres – son existence, le Musée a pris soin d’utiliser ce délicieux salon du dessin pour présenter les plus précieux documents… d’architecture.

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Parmi eux, l’intérieur de la nouvelle salle de la Comédie Française de Charles de Wailly. Hypnotisé, le visiteur ne se lasse pas de contempler cet art du dessin faisant d’un bâtiment un espace de vie. D’aucuns peuvent aisément se perdre dans cette coupe en observant les attitudes d’un peuple de spectateurs, les uns assis dans leurs loges, les autres vautrés sur leurs fauteuil et ceux-ci accoudés aux balustrades… Les dispositifs architecturaux s’y révèlent avec leurs usages… jusque dans cette terrasse accessible et praticable ! 

08()_S.jpgEn comparaison, les couleurs de cet autre théâtre, imaginé au XIXe siècle, boulevard de Sébastopol, par Jules Chatron – et présenté en vis-à-vis du dessin de de Wailly – paraît bien fade dans sa tentative réaliste mais vide d’humanité.

Le regard s’appesantit allègrement sur d’autres compositions : l’étrange rondeur d’une «lanterne magique» signée Claude-Louis Desrais ou encore la salle provisoire construite à l’occasion des fêtes de la naissance du dauphin, place de l’Hôtel-de-Ville le 21 janvier 1782, par Pierre-Louis Moreau-Desproux.

03().jpgLes allées du salon sont cependant moins généreuses en matière d’architecture. Il y a bien, ça et là, quelques sanguines signées Hubert Robert dont la plus belle – proposée par la galerie Eric Coatalem – illustre la cour du Palais des Conservateurs à Rome. Et puis, il y a bien, en forçant le regard, quelques belles découvertes, notamment deux étranges dessins classiques, particulièrement imposants, présentés par la galerie Maurizio Nobile signés Giovan Battista Dell'Era (1765-1799) illustrant une course de chars et une bataille navale. Plus que ces événements d’un autre temps, ces documents graphiques en présentent les décors fantasmés.

07(@JBSecheret)_S.jpgCe goût classique se retrouve aussi dans des propositions plus récentes faisant de la ville et de ses constructions un sujet de choix. Erik Desmazières, présenté par la Galerie suisse Ditesheim, devenue depuis Ditesheim & Maffei, propose un «paysage après la bataille» (2017) de métropole en ruine. La frontalité hygiénique qui le caractérise se retrouve aussi dans les compositions urbaines de Jean-Baptiste Sécheret exposées par la galerie Jacques Elbaz.

05()_S.jpgPuis d’un exposant à l’autre – ils étaient 39 triés sur le volet pour cette 28e édition – en quête d’une porte, d’une fenêtre, d’une maison où d’une rue, le regard se laisse séduire… par le stabat Mater dolorosa de Gusta-Adold Mossa (1917), ou encore par une caricature de Tiepolo, ou par cette figure masculine de Piranèse, par ce portrait d’un révolutionnaire par Isabey, par ces jeunes filles d’Egon Schiele, par ce lévrier urinant d’Anthonie de Lorme...

Une série d’événements ponctuait le salon. Ils étaient tous plus ou moins en lien avec l’architecture. Des conférences ont même eut lieu sur le thème des décors de fêtes où les œuvres de Giovanni Niccolò Servandoni ou encore de Gian Antonio Selva ont été abondamment commentées. Le travail du scénographe Richard Peduzzi a, lui aussi, été abordé en sa présence.

«Dans la peinture, la sculpture, dans tous les arts plastiques même, l’architecture, l’art des jardins, en tant que beaux-arts, l’essentiel c’est le dessin». C’est Kant qui l’écrivait.

Le dessin est d’autant plus intéressant qu’il est un art désintéressé. Préparatoire, il n’a pas vocation à séduire et l’intimité qu’il suggère avec l’auteur est la plus belle à voir.

Le dessin fait aujourd’hui son retour. Y compris en architecture. Mais il y a encore trop de photographie et trop peu de dessin pour que l’art de bâtir soit de nouveau honoré jusque dans un salon du dessin…

Jean-Philippe Hugron

Réactions

liongalaxy | decorateur | ile de frnance | 04-04-2019 à 02:51:00

pour ces fetes au 21 janvier 1782 al'hoetl de ville , il ne s'agit pas du dauphin mais de Charles Louis , duc de Normandie second fils du roi ; celui qui deviendra l'orphelin du Temple et qui sera l'objet de toutes les legendes possibles

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