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Actualité | Michael Graves... la peau et les os ! (28-11-2018)

Quel rapport entre La Statue de l’Unité, la plus grande du monde inaugurée, en Inde, ce 31 octobre dernier et Michael Graves, architecte décédé en 2015 ? L’un est l’auteur de l’autre... Surprise !

Inde

Le père fondateur de la République de l'Inde, Sardar Vallabhbhai Patel ! De pied en cap ! A lui seul : 182 mètres de haut. 240, avec son socle ! En tout, 50 niveaux, 25 000 tonnes d’acier, 1 700 tonnes de bronze, 22 000 mètres carrés de «peau», 30 milliards de roupies (375 millions d'euros)…

Elle a des air de trophées qu’on rangerait volontiers en haut d’une étagère. Ce sera au fond à gauche d’une vallée de l’État du Gujarat.

Cette imposante sculpture a été imaginée par Ram V Sutar et a été réalisée à partir de métaux collectés dans l’ensemble du pays. Jusqu’en Inde, les vertus du réemploi !

De la terre a également été collectée dans toutes les régions du sous-continent pour mettre en oeuvre un mur en pisé servant de fond à la bannière nationale. La base du colosse a, quant à elle, été imaginée en pierre...extraite cette fois-ci localement.

Des ascenseurs permettent depuis le 3 novembre l’accès à une plate-forme d'observation située à 153 mètres de haut. Les autorités estiment jusqu'à 15 000 le nombre quotidien de touristes.

Tout cela n’aurait pu être possible sans quelques ingénieurs et architectes… dont Michael Graves qui est l’auteur inattendu de cet imposant monument.

Après avoir conçu bouilloires et grille-pains, hôtels et tours de bureaux puis, à la fin de sa vie, cannes et lits d’hôpitaux, l’architecte américain a été retenu pour mettre en œuvre les plans de l’État indien d’une gigantesque statue. Cette intrusion étrangère est somme toute rare dans ce pays en plein boom économique et démographique.

Toutefois, pas un mot ne filtre sur le choix de cet architecture. Quoi? Comment ? Pourquoi ? Motus!

James Wisniewski, directeur de l’agence, préfère davantage expliquer, notamment à Dezeen, combien il a été «heureux» que Sardar Patel porte un dhoti indien traditionnel dont le tissu est volontairement drapé, ce qui lui a facilité la tâche pour la création, dans cette épaisseur, des circulations verticales.

Sans un tel accoutrement, l’homme politique aurait été vraisemblablement trop mince pour recevoir escaliers et monte-charge.

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Cependant, la mode vestimentaire impose aussi son lot de contrariétés : «avec ses pieds vêtus de sandales et ses chevilles apparentes, la statue est plus fine à la base qu'aux niveaux supérieurs, contrairement à ce qui se fait habituellement», note James Wisniewski. Bref, de quoi transpirer et passer quelques nuits blanches...

Au delà du spectacle qu’impose ce projet, bien des critiques se font aujourd’hui entendre en Inde mais aussi...au Royaume-Uni.

Le Hindustan Times rapporte dans un article du 2 novembre 2018 que les terrains ont été acquis sans faire l’objet d’une indemnisation «adéquate». Le gouvernement «nie ces allégations», note le quotidien. Voilà le pot de terre contre le pot de fer.

Depuis Londres, des parlementaires conservateurs dénoncent le fait que 330 millions du milliard de livres d’aides accordées par l’état britannique à l’Inde ont été consacré à la construction de la sculpture.

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«C'est à eux de décider la manière dont ils dépensent leur argent, mais s'ils peuvent se permettre cette statue, alors il s’agit très clairement d’un pays qui ne devrait pas recevoir d'aides», affirme Peter Bone, député tory dans les colonnes de Business Today.

Si certains y voient un «non sens» d’autres y devinent une attraction touristique majeure pour l’économie d’une région.

En attendant de calmer les esprits et de remplir les tiroirs-caisses, l’État indien a lancé un nouveau projet… une autre sculpture discrète… 212 mètres de haut au large de Mumbai… Chhatrapati Shivaji y sera représenté...sur son destrier… de quoi offrir la statue équestre la plus grande du monde mais, cette fois-ci, sans Michael Graves. Zut !

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