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Biennale d'Orléans | La Géniale d'Orléans (25-10-2017)

Géniale...voilà qui peut paraître un brin laudateur. Peut-être même excessif. Misons au moins sur l'enthousiasme qu'éveille cet événement répondant, à Orléans, au triste nom de «biennale». Resucée éculée, le concept est malgré tout utilisé à Orléans pour poursuivre Archilab sous une autre forme plus pertinente. Les discours, s'ils s'ancrent davantage dans la réalité, se perdent parfois dans une nébuleuse de concepts obscurs. Pour autant, l'événement est particulièrement généreux. Au delà d'une réussite, un exemple.

Les biennales sont désormais un gadget de villes en mal d'événements et de représentation. Bric-à-brac improvisé sur les quais de Rhône ou de Garonne, ces nouveaux rendez-vous finissent par lasser celles et ceux qui, de près ou de loin, s'intéressent à l'Architecture. Avant Paris mais après Caen, Lyon, Bordeaux...voici Orléans.

La ville jusqu'alors organisait une manifestation intitulée Archilab. L'architecture computationnelle y trouvait un tremplin de choix. L'époque n'est plus aujourd'hui aux délires informatiques et la direction du FRAC Centre-Val de Loire, porteur de l'événement, a depuis changé.

Archilab s'est donc transformé en «biennale» pour mieux s'en émanciper. Le mot pourrait toutefois en dégoûter plus d'un. S'agit-il de revoir les mêmes improvisations qu'à Oslo et Lisbonne ? S'agit de retrouver ces mêmes architectes qui font les belles heures de Venise ? Non !

La Biennale d'Orléans porte mal son nom. Elle est l'occasion d'enrichir les collections du FRAC Centre-Val de Loire, d'ores et déjà remarquables, mais aussi de valoriser son contenu au travers d'expositions faisant la part belles aux documents et objets d'époque. Maquettes et dessins d'Emmerich et de Pascal Häusermann, collages de Guy Rottier ou sculptures de Claude Parent sont notamment présentés.

Des interventions récentes mais aussi des commandes viennent enrichir les collections. Le thème de cette biennale «marcher dans le rêve d'un autre» propose de réinterpréter une œuvre ou une réflexion à la lumière de l'actualité.

D'aucuns découvrent alors, par exemple, dans la cour du FRAC, une sculpture monumentale qui sera placée, à la fin de l'événement, en face de l'institution. Signée Frida Escobedo, elle présente la structure d'un monolithe de béton créé à l'occasion des Jeux Olympiques de Mexico en 1968 et installée sur la Ruta de la Amistad. L'enchevêtrement de poutrelles étonne autant que la redécouverte de l'oeuvre d'Olivier Seguin – celle réalisée au Mexique – et la mise en perspective de ce travail avec les compositions graphiques de Mathias Goeritz.

Toutes les présentations imaginées à travers la ville – au FRAC mais aussi au théâtre municipal ou encore à la médiathèque – et dans toute la région font preuve d'un grand soin. L’événement est sérieux et ne verse pas dans le patronage. Les moyens ont vraisemblablement été donnés et maîtrisés pour faire date. Le visiteur s'en retrouve honoré. Il est d'autant plus gratifié que l'événement lui ai proposé gratuitement. Toutes les expositions sont en effet libres d'accès.

Toutefois, ce visiteur pourra très tôt se sentir désarmé. Les explications sont souvent minces, peu visibles voire absconses. Des médiateurs seront présents et un guide complet est proposé au tarif de 4 euros. Les lumières sont, de fait, accessibles.

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La Biennale d'Orléans se révèle ainsi un événement stratégique plus qu'un exercice benoît de communication pour tenter d'exister sur une scène nationale. Ici, la biennale enrichit la ville de sculptures et d'installations pérennes – notamment le Cabinet de Curiosité des architectes italiens de 2A+P/A qui réinterprète l'oeuvre d'Ettore Sottsass – le FRAC, de collection nouvelles. Plus encore l'événement se décline ailleurs, en région et vient animer des lieux peut-être oubliés des circuits touristiques. Mieux encore, il prend place au sein des lycées régionaux où de jeunes élèves pourront se faire, eux aussi, commissaires d'exposition.

C'est une sensibilisation à l'architecture qui est offerte. S'il y a d’impénétrables propositions, l'oeuvre de Patrick Bouchain pourra, dans son évidente simplicité, savoir parler à tous. L'événement reste donc équilibré. Généreux, il participe à la diffusion de l'architecture et, chose nouvelle, de son histoire.

Jean-Philippe Hugron

Tous sur la Biennale et ses expositions : https://biennale-orleans.fr/

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