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Actualité | A Talca, construire pour obtenir son diplôme (15-06-2016)

A 250 kilomètres au sud de Santiago, au cœur d'une zone rurale, l'école de Talca propose des méthodes d'apprentissage pour le moins inédites, « à contre-courant » pour paraphraser l'intitulé de l'exposition présentée au sein du Pavillon chilien de la XVe Biennale de Venise. En effet, il s'agit de défendre un programme académique ponctué de travaux construits. Bref, l'enseignement du faire.

Biennale d'Architecture de Venise | Biennale 2016 | Chili

«Talca est un cas particulier au Chili. Aucune autre école ne délivre de diplôme uniquement après réalisation du projet présenté», explique Juan Roman, directeur et fondateur de l'école, au Courrier de l'Architecte.

L'école de Valparaiso avait déjà élaboré une pédagogie originale fondée également sur la construction (voir à ce sujet notre article : Ciudad Abierta, la ville expérimentale). «Ils construisent pour eux-même. Ici, à Talca, nous nous adressons à des communautés pauvres. Notre ambition est de réaliser des projets d'intérêt publics avec peu de moyens», indique-t-il.

Aussi, les étudiants développent, seuls,leur projet, cherchent, seuls, leur propre financement et pour cela doivent apprendre, seuls, à convaincre.

02(@DR)_B.jpg«Les édiles sont plutôt ouvertes car il y a un intérêt public à réaliser ces projets et donc politique», souligne Juan Roman. Les réalisations sélectionnées pour cette exposition témoignent toutes d'un enthousiasme : «ces communautés sont pauvres mais certainement pas tristes», sourit Juan Roman. D'aucuns peuvent alors noter sur les photographies reproduites et les maquettes présentées une «grande diversité typologique et formelle».

Toutes ces constructions sont le fruit d'une seule et unique année de travail. «Ce sont des belvédères, des abris, des cantines... il y en a qui sont pratiques, d'autres hallucinés. Ephémères ou permanentes, ces constructions sont faites à partir des restes de divers processus agricoles : des filets, des planches, des containers, des palettes ou de processus forestiers comme des résidus de découpe ou des chutes de bois», dit-il.

03(@DR)_S.jpg«Ces étudiants ne doivent pas attendre une nécessité. Au contraire, ils doivent partir à la recherche d'un problème», assure le directeur de l'école. Aussi, la démarche n'est jamais passive.

L'avenir de ces étudiants est peut-être de rejoindre la capitale ou d'autres grandes villes, toutefois «beaucoup retourne dans leur communauté pour contribuer au développement du village où ils ont grandit», explique José Luis Uribe, co-commissaire de l'exposition. «Tous ont du travail», assure Juan Roman.

In fine, Talca est en dehors des sentiers battus. A contre-courant donc, elle préfère sans doute s'éloigner de théorique discussion pour davantage s'appliquer dans l'action. Juan Roman se révèle être ainsi l'homme du faire.

Jean-Philippe Hugron

 

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