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Visite | Les halles de l'ENSAM s'affichent en façade (27-11-2013)

Lauréat en 2008 du concours lancé par l’ENSAM, l’architecte Patrick Mauger a livré dans le XIIIe arrondissement de Paris, en mars 2013, la réhabilitation de deux des quatre halles technologiques de l’école. Accueillant laboratoires, espaces pour les étudiants et machines de très haute technologie, l’ensemble a été conçu afin de pouvoir «évoluer au fur et à mesure des nécessités de la recherche et de l’enseignement».

Réhabilitation | Extension | Education | 75013 | Patrick Mauger

Construite entre 1906 et 1912 par Georges Roussi, l’école Nationale Supérieure d’Arts et Métiers ParisTech est centenaire. D’où la nécessité, actée en 2007, de réhabiliter deux de ses quatre halles technologiques et d’agrandir partiellement l’une d’elle. Parmi les cinq propositions présentées au concours lancé, c’est celle signée Patrick Mauger qui a été retenue, les travaux ayant démarré en 2011.

02(@FredericDelangle)_S.jpg Les deux halles sont composées par «un volume central de 14,20m de hauteur divisé en deux étages et ouvert en façade par une grande baie de 10,8m de haut par 6m de large», explique l’architecte à l’heure de la visite de presse, en novembre 2013. Chaque halle accueille des espaces de recherche et d’études, lesquels «se mêlent dans une ambiance de constante convivialité» ; les laboratoires dans la partie centrale, les salles de cours sur les côtés.

Attendu que «les espaces de recherche et d’éducation évoluent toujours au fur et à mesure des financements disponibles», Patrick Mauger a conçu un projet évolutif. En effet, tous les laboratoires peuvent notamment devenir salles de classe et vice versa. De plus, la liberté d’aménagement des espaces est en fait aussi garantie par la distribution des réseaux de fluides (chauffage, air comprimé, eau, etc.), tous situés en sous-face des nouvelles coursives métalliques qui parcourent le périmètre du premier étage dans chaque halle.

Par ailleurs, dans la trame de 7m de la structure existante, Patrick Mauger a conçu un cloisonnement possible tous les 1,40m, «le passage des câbles le long du périmètre permettant ainsi de déplacer éventuellement toutes les salles». Les cheminements de sécurité, quant à eux, sont signalés avec des bandes jaunes.

«Les locaux ont été mis en service au début novembre ; ils sont donc encore en phase d’aménagement, les chercheurs et les équipes sont en train de s’approprier le lieu», explique l’architecte en parcourant la première halle, qui accueille au rez-de-chaussée notamment le LCPI, Laboratoire Conception de Produits et Innovation et la «maison des étudiants», un «lieu de concentration pour les élèves».

Au premier niveau, les bureaux de recherche sont disposés le long du périmètre afin de laisser libre la partie centrale de l’étage, «conçue pour consentir aux chercheurs d’organiser des expositions de leurs travaux». L’architecte souligne par ailleurs sa volonté de «respecter l’image industrielle et l’intégrité architecturale des halles». Pari réussi.

Au deuxième étage, Patrick Mauger a prévu l’éventuel ajout d’une salle de réunion : «même s’il n’y n’avait plus de budget disponible, j’ai prévu la structure, le système d’irrigation en fluides et électricité. Budget : 100.000 euros».

03(@FredericDelangle)_S.jpgDe fait, la halle 2 est organisée de la même façon spatiale et architecturale. Elle accueille au rez-de-chaussée le LBM, Laboratoire de Biomécanique et sa bibliothèque.

L’extension de cette halle, qui reprend le volume et prolonge le profil de la halle existante tout en permettant à la nouvelle façade de s’aligner sur la rue, est tout à fait étonnante.

D’une part, elle accueille l’imageur Eos, un appareil rare - il n’y en a que 70 exemplaires en Europe - qui propose un système d’imagerie médicale par rayons X permettant de scanner en 3D l’anatomie du corps humain en position debout. Cette machine révolutionnaire est emboîtée dans une construction orange à deux niveaux, visible à travers la baie de la façade. La forme de ce conteneur est née des «contraintes fonctionnelles liées à cette partie du bâtiment», explique l’architecte. «La base suit la forme des composants d’Eos, tandis que la partie supérieure accueille une salle de réunion et conférence».

04(@FredericDelangle).jpgPatrick Mauger explique enfin comment la façade de l’extension, qui reprend le dessin de la grande baie centrale, «dialogue avec celle existante de la halle 1». Pour jouer de cet effet de mimétisme, sur la structure en béton, l’architecte a choisi un habillage de briques colorées en trois tonalités disposées aléatoirement sur la façade.

«Cette décoration est née d’une longue discussion avec le plasticien qui intervenait dans notre équipe ; la façon dont Rafael Moneo dispose la brique d’une manière aléatoire était notre inspiration», raconte l’homme de l’art. «Nous avons donc obtenu cette façade, qui rend hommage à l’architecture de l’époque de la construction de l’école, tout en conservant un ton clairement contemporain».

Une école tournée vers l’avenir donc qui ne souffre pas du poids de l’histoire.

Caterina Grosso

Fiche technique

Programme : rénovation des halles, espaces d’enseignement, laboratoires, bureaux
Lieu : 151 boulevard de l’Hôpital, Paris 13e
Maîtrise d’ouvrage : ENSAM ParisTech
Architecte : Patrick Mauger, Thierry Payet associé
Shon : 4.459m²
Budget : 5.625.781€
Chantier : mars 2011-mars 2013

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