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Exposition | En FRAC, turbulences et cabinet de curiosités (18-09-2013)

Attachez vos ceintures ! Zone de turbulences. FRAC Centre, Orléans. Le blob qui n’en est pas un - aux dires de ses concepteurs, Jakob + MacFarlane - signale par ses protubérances la nouvelle institution. Le 5 septembre 2013, inauguration en grande pompe, flonflons et discours ronrons. La ministre est là, quelques réacs 'pour tous' en guise d’escorte imprévue.

Derrière le pupitre, les représentants de la République se succèdent. En point d’orgue, «ce FRAC est une carte de visite extrêmement belle», assure Aurélie Filippetti. On n’en attendait pas moins d’une amoureuse des Lettres. «Une structure tubulaire et végétale», résume-t-elle. Ah ? Enfin quelques -ismes pour faire bien. Oublions.

Le FRAC Centre, volcanique, tellurique, mêle fond et forme. L’adéquation est totale, l’osmose parfaite.

L’inauguration est l’occasion d’ouvrir Archilab. Neuvième édition. Un thème : 'naturaliser l’architecture'. Bref, la rendre naturelle, cela va sans dire. Peut-être aussi l’autoriser à jouir des droits civils et politiques. Architectes, vos papiers !

Mieux encore, les collections permanentes s’offrent de nouveau au public.

«Il y a très peu de collections d’architecture dans le monde. Je pense à Francfort, postmoderne, ou à Montréal, déconstructiviste. Ici, le FRAC tourne autour de l’architecture expérimentale», lance Frédéric Migayrou, co-commissaire de l’exposition avec Marie-Ange Braye, directrice de l’institution. Orléans se positionne avec audace sur la carte mondiale des institutions reconnues.

Et pour cause. Une Joconde ! 'Flagrant délit' de Madelon Vriesendorp. La peinture originale ayant fait la couverture de New York Delire. Empire State et Chrysler à touche touche.

02(@OlivierMartin-Gambier).jpgMadelon Vriesendorp, 'Flagrant délit', 1975Bien d’autres oeuvres encore. Quelques documents graphiques d’Archigram, d’improbables maquettes de Coop Himmelb(l)au, des études d’Antti Lovag. Constant, Schöffer et Parent sont à l’honneur.

Modèles réduits en bois, prototypes d’acier et de plastique. Les classiques sont là. L’imaginaire délirant des utopistes de l’oblique, du modulaire et du gonflable réunis. Le livre est ouvert, sous les yeux. Palpable ou presque. Extraordinaire.

Au-delà, Archilab donc, comme une suite logique. «La première édition avait réuni minimalistes, post-koolhaasiens, archi numérique et Japonais tels Shigeru Ban et Kengo Kuma. Tout semblait expérimental et absurde», assure Frédéric Migayrou.

Les générations passent et cette nouvelle édition du laboratoire d’architecture aborde le «nouveau matérialisme». Aux tentatives isolées, désormais l’approche industrielle. «Du nano au macro», peut-on lire. Bétons, mousses, algues, pommades... «Il n’y a plus de limite entre organique, végétal et minéral», assure le co-commissaire.

L’exposition mêle les expériences ; des allures tantôt de cadavre exquis, tantôt de cabinet de curiosités. L’étonnement est là, le questionnement aussi. Le doute peut s’installer face à des explications trop absconses.

03(@PhilippeMagnon).jpgPeter Cook (Archigram), 'Instant City Visits Bournemouth', 1968Pourquoi donc se retrancher à cor et à cri derrière Deleuze ? Légitimer par la citation à bon dos. L’architecture ne peut-elle pas être davantage dans l’évidence, aussi tangible soit-elle ?

Aux plaisirs des yeux, celui des découvertes. Structures modulaires, organiques, fibreuses... interactives. Une architecture réjouissante mais qui, trop souvent, peine à passer le stade du pavillon d’agrément ou de la folie paysagère. Peut-être les associés de X-TU réussiront-ils l’exploit ?

Légitimer encore et toujours, par l’histoire aussi. L’ère numérique n’est pas plus moderne. Exit la rupture. La grotte rocaille se voit réinterprétée, façon imprimante 3D.

Pour preuve, la première image du catalogue. Une photographie. Le cliché illustre les fresques de la Sala dei Giganti du Palazzo Te, à Mantoue. Peintre : Giulio Romano. Date de livraison : 1528.

In fine, le FRAC Centre s’évertue en toute cohérence à ancrer dans le temps et désormais dans l’espace, par quelques surprenantes 'turbulences', une approche de l’architecture souvent dénoncée comme futile, voire inutile. Un chemin passionnant vers la reconnaissance.

Jean-Philippe Hugron

04(@NicolasBorel)_S.jpg

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