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Entretien | CFS : les élans catalans de Chauffailles (03-04-2013)

Créé en 2000, le studio catalan Calderon Folch Sarsanedas, du nom de ses trois associés, s’exporte désormais. Presque. Avec l’architecte lyonnais Gérald Lafond, il livre en 2012 le centre culturel Léonce Georges de Chauffailles, localité à quelques dizaines de kilomètres au sud-ouest de Mâcon (71). Quid de la folie catalane en terres bourguignonnes ?

Réhabilitation | Bâtiments Publics | Culture | Bois | | Calderon Folch Sarsanedas Arquitectes

Le Courrier de l’Architecte* : Pourquoi postuler à un concours en France ?

Pilar Calderon : En 2006, nous avons eu envie de tester nos aptitudes dans un contexte différent. L‘opportunité est venue avec un concours restreint qui a particulièrement attiré notre attention puisqu’il proposait de concevoir la nouvelle salle des fêtes d’un petit village de Bourgogne. Le programme, une salle polyvalente, le contexte, rural et lointain - un endroit que nous n’avons pas l’habitude de rencontrer -, la mémoire et les éléments préexistants du lieu - l’ancienne ferme du couvent des Soeurs de Jésus - ont attiré notre attention. Qui plus est, notre intérêt était éveillé par le fait que la mairie nous interrogeait clairement sur la conservation ou la destruction de l’édifice existant.

Avec un ami français, architecte, Gérald Lafond, nous avons déposé notre candidature et accédé à la seconde phase de ce concours restreint. Par la suite, la visite de la ferme de Chauffailles et de la région bourguignonne nous a permis d’envisager la manière dont nous pouvions proposer une réponse utile pour le site.

02(@CFS)_B.jpgDans quel contexte avez-vous réalisé ce projet ?

Nous avons élaboré ce projet en étroite relation avec Gérald Lafond. Son rôle dans la conception du projet était de développer la réhabilitation de l’existant pendant que nous procédions à la conception de l’extension. La mairie s’est révélée à la fois très exigeante et très respectueuse vis-à-vis de notre proposition ; ce qui est d’ailleurs, je pense, la clef de réussite d’un projet.

Nous avons eu une très grande liberté de conception. Le dialogue permanent avec la mairie et avec toute l’équipe impliquée dans le projet a été particulièrement positif et constructif. Voilà l’une des différences et des spécificités propre au contexte français. Du moins ici, la dynamique a été très collaborative.

03(@CFS)_S.jpgPourquoi avoir choisi le bois ?

La ferme existante était faite de pierre et de tuiles. Nous avons conçu l’extension du bâtiment d’origine, qui accueille désormais la nouvelle salle polyvalente, de sorte que l’ancien et le nouveau se complètent. Nous justifions le choix du bois par plusieurs motifs.

Nous voulions tout d’abord souligner la beauté de la ferme existante. Laquelle réside dans sa simplicité géométrique. La force et la sérénité que dégagent les murs de pierre nous ont engagé sur la voie de la modestie et de la géométrie. Le bois, de par sa légèreté, permet de créer un contraste avec la pierre tout en produisant un ensemble cohérent et équilibré. Par ailleurs, le bois est un matériau local et, de fait, nous avons été incités à faire appel à des savoir-faire locaux.

04(@CFS)_B.jpgQuelles ont été les difficultés liées à ce projet ?

La distance était la principale difficulté. Plus qu’une difficulté, elle était un enjeu. Les technologies actuelles nous permettent de travailler facilement à distance, certes, mais notre ambition était de ne pas perdre nos intentions premières en chemin. Notre collaboration avec Gérald Lafond a été, en ce sens, particulièrement importante.

La réussite du projet est intimement liée à sa compréhension et à notre parfaite entente sur nos intentions respectives. Le processus a donc été long et la maîtrise d’ouvrage a participé à chaque prise de décision. Enfin, malgré la distance entre Chauffailles et Lyon, Gérald Lafond a pu se rendre chaque semaine sur le site.

Comment avez-vous conçu la forme du projet ?

Nous avons disposé le bâtiment de manière symétrique par rapport à la ferme existante. La forme en reprend d’ailleurs les contours. Nous avons élaboré une volumétrie archétypale de l’architecture utilitaire rurale. A la rencontre des deux édifices, nous avons créé une lucarne signalant l’emplacement de la scène et de l’entrée.

05(@CFS)_S.jpgCe projet représente-t-il une étape dans la réflexion de l'agence ?

Cette expérience de collaboration avec une équipe étrangère a marqué une réelle inflexion dans notre trajectoire de travail. Lorsque nous travaillons dans un contexte inconnu, il nous faut affûter nos capacités d’observation afin de présenter des propositions justes et adaptées. Dans notre travail, nous recherchons toujours l’utilité. Dans le contexte de Chauffailles, nous avons eu le sentiment que la façon d’être 'utile' était d’apporter à l’équipe un savoir-faire quant à la manière d’intervenir sur un patrimoine architectural local.

Quelle place occupez-vous sur la scène catalane ?

En 2004 et 2012, nous avons gagné le prix 'Ajac - Agrupació Joves Arquitectes de Catalunya' (Groupement des Jeunes Architectes de Catalogne) ainsi que le 'Prix National Isover d’Architecture Durable 2012 - Espagne'.

La création architecturale est-elle plus difficile en France qu'en Espagne ?

Suite à cette expérience, nous admettons que la création architecturale est différente en France, sans pour autant être plus difficile. La difficulté aurait été de travailler seuls. En ce sens, nous avons apprécié travailler en association avec Gérald Lafond, qui a tenu le rôle d’architecte mandataire, ainsi qu’avec l’aide d’une équipe d’ingénieurs et de spécialistes français qui connaissaient parfaitement les normes et les réglementations. Sans cela, les difficultés auraient été nombreuses et il aurait été malhabile de concevoir ce projet.

Aussi, à l’international, nous préférons l’idée de collaboration plutôt que d’exportation. Se vendre à l’étranger n’a aucun sens. Enfin, normes et réglementations sont des contraintes parmi d’autres, comme un budget par exemple.

Propos recueillis par : Jean-Philippe Hugron

* Cet 'entretien', réalisé à l’initiative du Courrier, a été conduit, à la demande de l’agence CFS, par mails et en français.

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