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Actualité | L'architecture ? Personnage de fiction selon CoO architectes (05-10-2011)

Alter Ego. Quatre minutes cinquante pour un court métrage dont le personnage principal est la maison dite de 'Valérie et Patrick'. Pour l’agence montpelliéraine CoO architectes (Laurent Huët, Gilles Léonardon et Samuel Tamisier), cette fiction est l’occasion d’un regard extérieur porté par un réalisateur - Julien Ravoux - et un musicien - Albin de la Simone - sur une architecture du quotidien.

Média | Logement collectif | France | CoO architectes

Silence, moteur, ça tourne, action ! A l’écran, une maison blanche et un homme dont la silhouette transparente passe de pièce en pièce. Le synopsis, efficace, du court métrage Alter Ego décline une série de plans où l’indéfini précise peu à peu ses contours.

«La maison est le personnage principal», indique Samuel Tamisier, associé de l’agence CoO architectes. Julien Ravoux, réalisateur, renchérit. «La maison guide le comédien, elle le dirige et le manipule», dit-il

L’édifice n’apparait jamais dans son ensemble et n’officie pas en tant que simple décor. La transparence de l’homme détourne le regard de l’action pour le porter vraisemblablement plus encore sur l’architecture.

«J’avais déjà réalisé des reportages sur cinq maisons conçues par CoO. Le dispositif était alors classique ; l’architecte interviewé expliquait ses intentions. Nous voulions faire quelque chose de nouveau et user de la fiction pour la présentation d’une architecture», explique Julien Ravoux.

02(@CoOarchitectes)_S.jpgAllant au-delà du reportage, voire du clip publicitaire, ce film propose «une lecture extérieure», indique l’architecte. Julien Ravoux donc, mais aussi Albin de la Simone, musicien.

«Il en a découlé une sorte de cadavre exquis : une architecture, une maison, un film, une musique», explique l’associé de CoO.

Architecture donc. En mémoire, quelques films. Le Mépris et la Villa Malaparte, Shining et l’hôtel Overlook mais aussi Mon Oncle et sa maison automatisée. «Chez Tati, l’architecture est exceptionnelle ; or, ce type de bâti s’est depuis banalisé», indique Samuel Tamisier. Il s’agit alors pour les auteurs, à l’inverse, de composer avec un quotidien domestique.

«Le projet est minimal. Blanche, néo-moderne, vitrée, cette architecture est connue et reconnue et justement fait partie d’un quotidien», précise Samuel Tamisier.

Jeu de regards et de visions, la photographie est un intermédiaire pour le réalisateur. Transparences et reflets caractérisent un parti marqué par nombre de dualités ; «d’où l’idée d’un personnage dédoublé», explique Julien Ravoux.

Autre référence, plus confidentielle cette fois-ci, Le Portefeuille, un film d’animation de Vincent Bierrewaerts où le personnage principal se dédouble à mesure de ses choix. Les destinées multiples se superposent alors en couches colorées.

03(@LaurenceRavoux)_S.jpgPour la musique, Albin de la Simone retient l’aspect artificiel, lisse et glacé d’une maison «phantasmatique». «Onirique et froide» même. «J’avais envie que la musique aille dans ce sens-là», dit-il

«J’ai mis au point une technique d’enregistrement calquée sur le dédoublement du personnage et proposé une forme de respiration», poursuit-il. Par vagues, le son des synthétiseurs rythme le parcours du comédien. «Matière sonore et déroulé temporaire ont une logique implacable», précise le musicien.

Exercice de style, ce film auto-produit n’en est pas moins un «pilote». CoO architectes promet ainsi de mettre en scène plusieurs de ses maisons et Julien Ravoux de poursuivre la thématique du dédoublement, vraisemblablement par l’intermédiaire d’autres artifices.

Riche de cette expérience, l’agence prend désormais position et Samuel Tamisier de souligner que «de plus en plus, lors de concours, les vidéos sont nécessaires ; les représentations sont pourtant figées et manquent d’un supplément d’âme. Le sentiment passe par une sensation affective. Il nous faut ressentir le chaud, le froid, le lourd et le léger».

Dont acte.

Jean-Philippe Hugron

04(@CoOarchitectes).jpg

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