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Regard anglo-saxon sur l'espace public

Face au palais de justice, oeuvre de Richard Rogers Partnership, la place Bolivar est devenue un vaste espace public de l’agglomération anversoise. Ces deux ouvrages constituent une incontestable porte de la ville. On retrouve un jeu de textures en Pierres et Marbres de Wallonie qui, s’adaptant aux exigences de l’aménagement durable de la cité contemporaine, y trouve toute sa place.  

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Cocktail de textures

La réalisation du palais de justice est étroitement liée à celle de la place Bolivar qui le raccorde à l’immense perspective de l’Amerikalei et aux espaces plantés qui amorcent les connexions vers les voies rapides. Richard Rogers souhaite d’emblée donner à cette esplanade des fonctions d’espace public bien définies. L’espace est piétonnier mais accueille une nouvelle station de tram, sans oublier les stationnements pour vélos. La place Bolivar va se construire autour de cette accessibilité, à laquelle viennent se greffer des activités d’animations, cafés et petits restaurants.

L’intégration de données techniques liées à la prise en compte durable de l’ensemble va imposer la pierre naturelle comme matériau de base pour la place. Celle-ci se décline en différentes textures et assemblages, marquant visuellement les voies de transport, redonnant une belle unité à ce tissu urbain défiguré autrefois par le périphérique.

L’effet 'rayures' souligne la longue façade du palais tout en créant des graphismes épurés mais bien visibles depuis le grand escalier que Richard Rogers a souligné d’un jaune éclatant. La gamme de couleurs, du gris clair de la pierre au vert des platanes, est douce et apporte une sobre convivialité autour d’un palais de justice devenu, grâce à cet espace ouvert, plus proche du citoyen.

02(@CristinaMarchi)_B.jpgLa pierre

Dalles, moellons, pavés, bordures et blocs. La pierre bleue est omniprésente sur la place Bolivar. Ce sont les diverses finitions retenues qui créent la couleur, délimitent des espaces, signalent les voies de tram, bref animent l’espace. Les battus et le ciselé ont été choisis pour les dallages tant pour leurs caractéristiques esthétiques que pour leurs propriétés antidérapantes.

L’adouci et le flammé parent les rampes d’accès au palais, rehaussées de mains courantes en inox. Le flammé, dont la résistance à la glissance n’est plus à rappeler, a été retenu pour les marches et contremarches. Afin d’épouser la courbe de la ligne de tram, les architectes ont préféré des pavés bruts de sciage. Même les bollards prismatiques associent la croûte de pierre bleue aux autres finitions mécaniques.

03(@CristinaMarchi)_B.jpgLa technique

En milieu urbain, la pose de pavés entre les rails des trams facilite la circulation piétonne et résiste mieux à la fréquentation que la pelouse.

Les rails sont fixés sur les traverses, elles-mêmes posées sur une dalle de béton. Leurs côtés sont isolés sur toute leur longueur avec des matériaux filtrant les vibrations. Une couche de béton est coulée pour venir bloquer l'ensemble définitivement. Une faible épaisseur de mortier est déposée ensuite pour permettre la pose et le calage manuel des pavés. Un léger bombé est donné pour faciliter l'évacuation de l'eau. Une fois le mortier de calage sec, un mortier de remplissage vient parachever la surface du sol. Le rail peut être aussi noyé dans la résine pour le sceller à la plate- forme en béton.

Ce procédé a été testé à Louvain. Le rail reçoit un flocage en polyuréthane et les pavés de rive servent alors de coffrage. La pose d’un joint est nécessaire. Récemment, le concept d’une voie en kit posée sur un radier a vu le jour. Des dalles préfabriquées pouvant avoir une longueur allant jusqu’à 18m sont moulées en usine en suivant les relevés effectués sur le terrain. Les rails sont installés dans des réservations réalisées au moment du moulage de la dalle. Ils sont solidarisés avec elle grâce à des résines et dépassent à chaque extrémité d’environ 50cm. La dalle est éventuellement habillée d’un revêtement en pavés.

04(@CristinaMarchi)_S.jpgL’association Pierres et Marbres de Wallonie

Créée en 1990, elle regroupe une trentaine de carrières wallonnes et a pour objectif principal la coordination globale d’actions pour la promotion des roches ornementales aussi bien en Belgique qu’à l’étranger.

L’association fournit des renseignements sur la pierre et ses applications, auprès du grand public, des architectes, des entrepreneurs et des autorités publiques. Elle dispense donc une information de qualité sur l’ensemble de ses membres et son intervention est fréquemment requise pour des questions d’identification ou de choix de pierres dans le cadre de chantier de restauration ou de projets de construction.

En savoir plus :

Pierres et Marbres de Wallonie asbl
11 rue des Pieds d'Alouette | 5100 Nannine | Belgique
T. +32 81.22.76.64
info[at]pierresetmarbres.be
www.pierresetmarbres.be

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