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Entretien | BIG cosmic trip à Bordeaux (10-11-2010)

Viens petite fille dans mon comic strip. Viens faire des bull's, viens faire des… BIIIIG ! BIG, l’agence (Bjarke Ingels Group), était à Bordeaux à l’occasion de l’inauguration de l’exposition ‘Yes is More’ à Arc en Rêve*. L’occasion de rencontrer Bjarke Ingels himself ? ZIIIP.

Arc en Rêve | Danemark | Bjarke Ingels

A la poursuite de l’architecte, direction l’Entrepôt. Francine Fort, directrice générale de Arc en Rêve, accueille les journalistes. SMACK. Elle rapporte qu’«un ciel ne brille jamais sans star». KLING. « Quelque chose se construit et ouvre une nouvelle pensée qui participe à des changements», dit-elle. Après Rem Koolhaas, Steven Holl ou Renzo Piano, Arc en Rêve poursuit le mouvement avec BIG. TCHLACK.

Le Centre d’Architecture de Bordeaux abrite depuis juin 2010* une exposition adaptée  au contexte français mais conçue à Copenhague. Le parti est celui de présenter l’agence et ses projets à travers une bande dessinée. DUH. Un choix ni réducteur, ni simpliste selon Michel Jacques, directeur artistique de l’exposition, qui souligne «le souci de communiquer de cette agence». TILT.

Visité guidée donc. FLOP. 

Avec Bjarke Ingels. WHIN !

A la poursuite donc. «Rendez-vous dans la dernière salle, la lecture se fait de gauche à droite», précise Francine Fort. A rebours mais dans le sens de la lecture, l’architecte danois, parmi les journalistes, débute un exposé qui n’est autre que sa conférence inaugurale prévue ce soir.

L’ambition première de l’exposition est de «donner l’impression d’une visite d’agence, de passer de bureau en bureau et, pour ce faire, il fallait un moyen de raconter des histoires sans inventer un nouveau format. La BD, avec ses dessins et ses bulles, répondait à nos attentes et nous permet de raconter trente-deux de nos projets», raconte Bjarke Ingels. Qui précise encore que «comme X-files, chaque épisode peut être pris séparément mais mis bout à bout ils proposent une autre lecture». MMM.

02(@BIG)_B.jpgBIGLogements et équipements sportifs Clover BlockYes is more ? L’architecte poursuit : «less is more, la révolution moderniste et le conflit des styles jusqu’à l’esthétique minimaliste. Less is bore, le postmodernisme. I’m a whore (je suis une pute) clamait Philip Johnson, sa vie a évolué. Rem Koolhaas en observant l’impact de la mondialisation : more and more, more is more. Obama, yes we can… Yes is more est le début d’une architecture radicale». Yes, I want more, I’m a whore… No? You can’t… ? WHAT’S UP !

Commentaire sur  le pavillon danois de l’exposition universelle de Shanghai. Bref arrêt devant les visuels d’un projet hôtelier suédois transposé et démultiplié en Chine. CRAP. Les estomacs réclament leur dû. CRASH.

Lors du repas, MIAM, absence de la star. Bjarke Ingels est pris en otage par les cameras de télévision. GLOUPS. A moins bien sûr qu’un ‘souci de communiquer’ ne pousse l’architecte à les retenir. En tout cas impossible de le rejoindre. VLAN.

03(@JPHH)_S.jpgEn remontant la source, une collaboratrices de l'agence. Gabrielle Nadeau a quitté le Canada, son pays natal, pour travailler avec BIG, son agence «préférée». FSCHUIII. Elle explique en aparté que «le marché danois avait besoin d’une révolution. Bjarke Ingels s’est créé lui-même ses commandes. Alors que la nouvelle maire de Copenhague avait fait la promesse de 5.000 logements sociaux supplémentaires, le propos n’était pas tombé dans l’oreille d’un sourd».

L’architecte a en effet proposé la construction d’un ensemble de logements sociaux sur un ancien site militaire ou, plus précisément, sur le pourtour du terrain afin de ne pas «sacrifier l’espace». Un parti qui a séduit les édiles. «A force de faire des projets faciles à comprendre, BIG a fait la une des quotidiens nationaux !», indique Gabrielle Nadeau. BUZZZZZZZ. Fera-t-il celle du Courrier ? Et comment je l’interviewe moi ?

«Il n’est pas souvent à l’agence, au moins une semaine tous les mois. C’est lui qui a le dernier mot sur chaque projet. Chaque vendredi nous faisons un ‘wrap-up’ : nous élaborons un document PDF et nous l’envoyons à Bjarke pour en discuter ensuite. Il y a toujours un échange. A chaque concours, à partir d’une idée de départ naît une discussion où tout le monde est proactif», précise Gabrielle Nadeau en s’éloignant vers le buffet. SCHWING.

04(@JPHH)_S.jpgAux trousses de l’architecte, l’exposition défile. Cases et bulles, PLOC, révèlent une architecture d’images où nombre de projets demeurent irréalisés voire irréalistes. Une propension au gigantisme caractérise une production qui, au fond, rappelle les mégastructures et utopies des années 70. A propos du projet de World Trade Center à Vilnius, Bjarke Ingels écrit : «Nostalgique de notre aventure sur le baroque contemporain. Nous nous sommes mis à prier pour que le nouveau site puisse accueillir notre idée mais visiblement il n’y a pas de dieu pour les architectes». FICHTRE.

Après avoir assemblé des modèles de camion poubelle, de benne à gravats et de caravane pour compléter l’imposante maquette en lego, CLIP ;  après avoir traversé Bordeaux pour voir quelques logements sociaux, CLASH ; au bout d’une séance de dédicaces, Bjarke Ingels ne peut plus éviter mes questions. CLAP. My turn.

L’architecte ?

L'intérêt d'être architecte est d'être ce que nous faisons. Nous sommes habilités à transformer un monde d'idée en monde physique. C'est notre responsabilité, notre opportunité.

05(@DragorLufthavn)_B.jpgLogements, bureaux et commerces Eight House Vos  mégastructures se réfèrent-elles aux métabolistes japonais ?

En premier lieu, la mégastructure est un terme trop connoté. Le métabolisme quant à lui est intéressant, il observe la ville comme un organisme et non comme une accumulation d'objets indépendants. Cette notion permet dans un sens de comprendre les répercutions de la petite échelle sur la grande échelle : 'thinking big'. Penser 'grand' n'est pas seulement se référer à l'environnement immédiat mais au système entier, des flux d'individus aux ressources ; la ville est une orchestration.

Aussi, nous n'avons pas d'échelle préférée. Le pavillon danois est un projet modeste du point de vue de sa taille, mais nous l'avons pensé comme un 'big project'. En ce sens, il n'est pas contraint par une échelle limitée. Nous nous efforçons à travers chaque projet d'explorer une 'big idea'.

Architecture contextuelle ?

Oui. Le contexte est logistique, topographique, culturel.

N'y a-t-il pas contradiction dans le fait de revendiquer une architecture contextuelle et de transposer en Chine un projet perdu en Suède ?

Serais-je moins bon que Jean Nouvel ? Le projet suédois est né de l'idée de fendre un édifice en deux afin de créer une promenade publique entre ce qui était alors ses deux jambes. L'architecture venait caractériser le front d'eau mais le jury a jugé le parti inadapté. En Chine, ce dessin est devenu une évidence. La forme de l'édifice reprend exactement celle de l'idéogramme représentant le mot “peuple”. Le projet a évolué et son échelle a été démultipliée par trois. Ceci pour démontrer l'importance de l'évolution.

La forme est donc faite pour une situation mais aussi pour une autre, l'important est l'analyse des conditions, des paramètres clés du contexte. Il s'agit d'identifier quelles variables peuvent avoir des conséquences et de jouer avec. Ce travail passe par l'élaboration de centaines de maquettes qui montrent à la fin comment une idée peut évoluer.

L’utopie ?

L’utopie recherche la constitution d’un lieu parfait. Il y a, bien sûr, une idée d’utopie dans mon travail mais plus que la perfection il vise l’amélioration et ce sans notion d’universalité. Chaque situation est spécifique. Je poursuis donc l’idée d’une utopie pragmatique pour résoudre les problèmes pratiques liés à la vie quotidienne.

SHEBAM ! Il existe un dieu pour les journalistes ! Pour les architectes ? Bjarke Ingels attend encore mais BIG s'achemine toujours plus vers une architecture radicale et... communicative. POW ! BLOP ! WIIIZZzzzz.

Jean-Philippe Hugron

* Jusqu’au 19 décembre 2010

Réactions

SSM | Architecte | Paris | 14-11-2010 à 11:22:00

Citation :

" Yes is more ? L'architecte poursuit : «less is more, la révolution moderniste et le conflit des styles jusqu'à  l'esthétique minimaliste. Less is bore, le postmodernisme. I'm a whore (je suis une pute) clamait Philip Johnson, sa vie a évolué. Rem Koolhaas en observant l'impact de la mondialisation : more and more, more is more. Obama, yes we can¦ Yes is more est le début d'une architecture radicale». Yes, I want more, I'm a whore ¦ No? You can ¦ ? WHAT'S UP ! "

...

What the hell?? Est-ce qu'il y a quelqu'un qui comprend vraiment ce que ça veux dire ?? Est-ce qu'on a vraiment besoin à ce point de ne rien comprendre?

Communiquer en disant/écrivant, ou avec une architecture ?? Oui d'accord!! Mais quoi?? Pour quoi faire???

Lots of nothing - however well "communicated" - is still nothing!!

!!! OBSCURE IS A BORE !!!

Ingrid | Architecte | île de France | 13-11-2010 à 09:49:00

BIG serait-il devenu le représentant de toute une génération? Alors qu'en France la production architecturale reste modeste, BIG brûle toutes les étapes via la communication. La communication serait-elle in fine l'arme absolu de l'architecte?

Bon article qui donne à  la réflexion.

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