Le Courrier de l'architecte - Retour à l'accueil

Entrez votre e-mail pour vous inscrire

Rencontre | Claudia Devaux, DDA et la double culture architecturale (05-06-2019)

Asssociée de DDA architectures, Claudia Devaux a fait du patrimoine du XXe siècle une spécialité. En témoignent ses travaux à la Villa E1027, à Roquebrune-Cap Martin. L’agence parisienne dispose ainsi d’une double culture où l’exercice de restauration vient enrichir une approche contemporaine. Rencontre.

France | DDA - devaux & devaux architectes

Elle est habillée de noir et son élégante gabardine trahit volontiers une arrivée soudaine dans le sud. Si, à Paris, le ciel est gris, il est, au Cap Martin, riant de soleil. Claudia Devaux est architecte et son agence s’affiche au 9, rue de la Forge Royale dans le XIe arrondissement de la capitale. Du vêtement et de l’adresse.

Les premières salutations faites, un accent, aussi léger que délicieux, évoque quelques sonorités germaniques. Au Cap Martin, à l’ombre de la villa E1027, l’allemand se fait, contre toute attente, langue de communication.

En effet, le hasard a rapproché Claudia Devaux, native de Francfort-sur-le-Main, à Buckhardt Rukschcio, architecte autrichien, spécialiste d’Adolf Loos.

Tous deux s’entendent et se comprennent. Alles klar ! Ils œuvrent ensemble,  avec Renaud Barrès et Philippe Deliau à la restauration de l’oeuvre d’Eileen Gray, une opération qu’ils jugent volontiers «hors norme» sinon «exceptionnelle».

06()_S.jpg

Claudia Devaux, «chef de projet», n’en est pas à son premier chantier remarquable. L’architecte s’est faite une renommée en ce qui concerne la restauration du patrimoine du XXe siècle.

«J’ai tout d’abord travaillé chez Wilfried Brenne, indique-t-elle. J’ai pu y suivre la rénovation de l’école du Bauhaus à Dessau et j’ai été impliquée dans la réhabilitation de maisons doubles signées Walter Gropius.»

04(@Aufbacksalami)_S.jpg

L’agence de Wilfried Brenne est connue en Allemagne mais surtout à Berlin. La capitale allemande a été l’occasion de nombreux travaux portant sur ces territoires d’expérimentations qu'ont été Gartenstädte et Siedlungen érigées au lendemain de la Première guerre mondiale.

03(@Ujump)_B.jpgParmi eux, Claudia Devaux se souvient, plus particulièrement, de la Cité Jardins Falkenberg. «Nous avons travaillé à la restauration de ces maisons conçues par Bruno Taut mais aussi à la restitution de leur façades colorées», se souvient-elle. L’opération force l’admiration et, peut-être méconnue du public français, devrait-elle être observée avec attention.

Formée à Lausanne puis mise sur le chemin d’un parcours professionnel dédié au patrimoine, Claudia Devaux s’en est allée à Paris. Une histoire d’amour. Avec une ville mais aussi avec un compagnon qui lui a donné son nom si familier à l'oreille d’un Français.

Claudia Devaux officie alors pour des Architectes en Chef des Monuments Historiques. Elle participe à cette époque à la restauration d’un édifice d’André Lurçat. D’un pays l’autre, «la méthode de travail reste la même», assure-t-elle.

Forte de son diplôme de l’Ecole de Chaillot mais aussi de ses différentes expériences professionnelles, elle rejoint DDA architectes qu’avait fondé David Devaux en 1998.

«Nous défendons ensemble une approche qui interroge la manière de mettre en valeur les aspects historiques mais aussi les interventions contemporaines», dit-elle.

Pour illustrer son propos, Claudia Devaux évoque un projet récent, la restauration du téléphérique de Salève, à quelques kilomètres de Genève.

Cet équipement conçu par Maurice Braillard est resté «inachevé». Pire encore, il a été «parasité» par de nouvelles installations techniques et «encombré de constructions hétéroclites». La gare basse, quant à elle, a été entièrement détruite.

02(@DDA)_S.jpg

«Ce projet futuriste des années 30 nous offre aujourd’hui la possibilité d’une intervention contemporaine», indique l’architecte. DDA s’applique donc à restaurer mais aussi à parachever l’ensemble. Le restaurant qui ne fut que de papier se verra enfin terminé. L’agence révèle, par ses plans, la force d’une construction suspendue dans le vide, selon les traits voulus, à l'origine, par son concepteur.

Le patrimoine est, aux yeux de Claudia Devaux, un enseignement ; «il nous conduit dans notre pratique à revenir à des constructions plus simples», assure-t-elle.

Cet exercice est aussi un plaisir particulier car «il donne accès à des artisans et des savoir-faire qui permettent de comprendre des assemblages et des manières de construire». «Nous découvrons à travers le patrimoine de la première moitié du XXe siècle une démarche d’architecture brute et de construction primitive», affirme-t-elle. De quoi alimenter la réflexion mais aussi, plus largement, tout un art de bâtir.

Jean-Philippe Hugron

Réagir à l'article


Album-photos |L'année 2018 de Bechu & Associés

Une année riche en projets à toutes les échelles (urbaine, architecturale et intérieure avec notre équipe Volume ABC) pour notre agence familiale et internationale qui se prépare à fêter ses 100...[Lire la suite]

Album-photos |L'année 2018 de a+ samuel delmas

2018… Une année d’études et de chantier… de la générosité, un travail dense et de beaux projets gagnés. Des études, avec notamment le projet LUMEN, ZAC Confluence II à Lyon...[Lire la suite]


Album-photos |L'année 2018 d'archi5

Encore une année riche en succès lors de concours pour archi5 année : Un collège, gymnase et salle de sport à Orléans, un lycée à Ris-Orangis, un groupe scolaire à Chennevières...[Lire la suite]