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Venise 2018 | Luxembourg, un pavillon... scolaire (06-06-2018)

Il y a un an, en 2017, l’Université de Luxembourg créait un master en architecture. Enseignants et étudiants, avec le LUCA (Luxembourg Center for Architecture), a proposé un pavillon à la Biennale 2018 pour sensibiliser les esprits sur la rareté de la propriété publique...constructible et peut-être aussi, pour se signaler.

Luxembourg

«Cette exposition a pour idée de mettre en avant les 8 % de terrains constructibles au Luxembourg appartenant au secteur public», explique les représentants du Pavillon Luxembourgeois au Courrier de l’Architecte.

Ce positionnement semble d’autant plus important qu’aux yeux des organisateurs, la spéculation fait rage au Luxembourg. De fait, les opportunités foncières se font rares au sein du Duché. «Nous voulons alerter les pouvoirs publics sur un sujet urgent : l’espace public», indiquent-ils.

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«L’université du Luxembourg a travaillé à des alternatives pour offrir un surplus d’espace public au sein de nouveaux projets», poursuivent-ils. Pour illustrer ce propos, des projets théoriques mais aussi des architectures de papier, souvent connues, sont présentés sous forme de maquettes spectaculaires.

D’aucuns peuvent retrouver ces constructions fantasmées que sont le gratte-ciel horizontal d’El Lissitzky, la réponse à l’îlot insalubre de Le Corbusier, la Trailer Tower de Paul Rudolph, l’habitat du futur de Nathan Osterman, la Locomotiva 2 d’Aldo Rossi, la Federal Reserve Bank de Kevin Roche, ou encore une tour résidentielle de Luigi Snozzi.

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Les modèles réduits...ne sont pas si réduits. Tous ont été réalisés au 1/33e. Chacun redécouvre alors des architectures qui, bien que rêvées, demeurent connues. Des dispositifs lumineux mettent en avant l’espace public créé au sein de projets particulièrement denses.

Les étudiants de l’université de Luxembourg semblent ainsi retrouver les vertus d’un modernisme conquérant fait de tailles de guêpe et de portes à faux audacieux.

Deux maquettes illustrent des travaux d’étudiants. Les formes empruntent largement à des projets récents dont une étude de Valerio Olgiati présentée, il y a 8 ans déjà, à Venise. L’intitulé même de l’exposition (The Architecture of the Common Ground) rappelle aussi le thème choisi par David Chipperfield, pour l’événement vénitien, en 2014 : «Common Ground».

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La proposition du Luxembourg est ainsi particulièrement sage… résolument dans le ton d’une Biennale 2018 un tantinet convenue. Pour autant, elle alerte efficacement sur une problématique d’utilisation des sols constructibles.

En outre, elle positionne un enseignement nouveau qui, après un an, se montre d’ores et déjà fier d’avoir édité deux recherches, l’une sous le titre de «Positions on Emancipations. Architecture between Aesthetics and Politics» et l’autre : «Liquid Empire. How migration might change Europe».

Bref, un pavillon stratégique pour positionner, depuis Venise, une école en devenir…

Jean-Philippe Hugron

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