tos

Le Courrier de l'architecte - Retour à l'accueil

Entrez votre e-mail pour vous inscrire

Livre | L'architecture des VVF : bip bip ? Yeah ! (28-06-2017)

Y'a du soleil et des nanas...Darla dirla dada ... Que les Bronzés bronzent ou fassent du ski, l'été ne va pas sans ces clichés ! Aussi, rien de tel que de se plonger dans la lecture du passionant ouvrage édité par les Editions du Patrimoine sur «l'aventure des VVF», des Villages Vacances Familles, pionniers en France du tourisme social.   

France

Relecture de l'architecture touristique ! Il y a quelques années déjà l'intérêt semblait se renouveler pour des stations balnéaires longtemps décriées. La Grande Motte obtenait en 2010 son label «Patrimoine du XXe siècle».

L'exposition organisée à la Cité de l'Architecture début 2017 et intitulé «Tous à la plage !», au-delà de l'injonction, retraçait l'histoire d'une conquête littorale motivée par les bienfaits des bains de mer.

Dans ce contexte de redécouverte de l'architecture balnéaire, les Editions du Patrimoines livrent un étonnant ouvrage réhabilitant le patrimoine des VVF, autrement dit des Villages Vacances Familles.

Jusqu'alors, l'image de ces résidences pouvait être écornée. De nombreuses réalisations de mauvaise qualité ont suffi à faire ombrage et à laisser méconnu quelques opérations exemplaires.

06()_B.jpgDans sa didactique collection «Carnets d'Architecture», les Editions du Patrimoine invitent donc à regarder plusieurs «villages» forçant l'admiration. Oeuvres de l'AUA, d'Andrault et Parat, d'André Gomis ou encore de Maurice Novarina, ces ensembles témoignent de l'intérêt d'une génération d'architectes pour ces programmes touristiques.

Six agences sont donc passées au crible. La documentation est abondante – sauf dans le cas regrettable de l'AUA – et illustre la richesse de propositions singulières. Déjà la couverture intrigue : elle présente quelques étranges formes signées Philoloas, des «sculptures-douches» se détachant d'un ensemble de béton conçu par André Gomis.

03(@CardotJoly).jpg

Il s'agit de la station thermale de Balaruc-les-Bains où l'architecte fut assisté, entre autres, d'Henri Ciriani. Il en va d'une architecture moderne fortement influencée par la Méditerrannée toute proche.

Alma Smoluch dans son essai introductif rappelle les propos d'André Guignand, fondateur de VVF : «l'habitat de loisirs et de vacances doit évoluer et se renouveler notamment par la recherche de nouveaux matériaux ou de nouvelles formes architecturales».

«La création architecturale» devait être ainsi au service d'un «tourisme social». Fondé en 1959, l'association repose sur quelques principes loin des clichés alimentés par une dérive plus tardive.

En effet, VVF est, aux premières heures, selon Alma Smoluch, à «l'ère artisanale». L'association n'avait pas pris les travers d'une logique économique imposée par une «ère industrielle».

Dans les années 60, VVF vit principalement des aides que l’État lui octroie. Aussi, sa mission, en plus d'assurer quelques journées agréables à des vacanciers venus en nombre, est d'être «un moteur de développement territorial».

«Dès ses débuts, VVF s'intéresse au développement potentiel des communes rurales, dans lesquelles le tourisme est quasi inexistant. Avec la réalisation de ses deux premiers villages en Alsace dans des communes isolées – Albé, commune du val de Villé, comptait alors 400 habitants – , puis avec le premier gîte familial situé à Lagrand dans les Hautes-Alpes, VVF assume pleinement un intérêt pour ce type de tourisme et son avenir», précise Alma Smoluch.

En 1972, VVF se fait le chantre du «tourisme vert». Sa volonté est de «désenclaver économiquement et socialement le monde rural».

Toutefois, l'intention si belle soit-elle se frotte à la réalité : chacun désire une place au soleil. Tous à la plage ! «Dès lors, les sites d'implantation des futurs ensembles obéissent à de véritables stratégies financières», note l'auteur.

Le foncier n'est, en effet, pas si évident à trouver. Les réalisations d'André Devin à Hyères-les-Palmiers et Giens-la Badine, longuement présentées dans l'ouvrage, illustrent cette difficultés : elles se situent sur quelques parcelles cédées par la mairie ou sur d'anciens terrains militaires.

Sans ce soutien des pouvoirs publics, la qualité des opérations envisagées ne peut être garantie. De fait, une fois l’État désengagé financièrement des VVF, l'association a «abandonné les zones rurales isolées au profit des zones plus touristiques». Logiquement, elle «ne retient dorénavant que des sites assurés d'une fréquentation quasi permanante, choisis en fonction de leur proximité avec de grands centres urbains, de la richesse de l'environnement de loisir, de la garantie d'ensoleillement ou d'enneigement».

C'est vraisemblablement lors de ce tournant que l'association perd sa fibre architecturale. Jusqu'alors, VVF avait fait montre de sa «volonté d'offrir aux vacanciers un cadre marqué par la création contemporaine». L'ambition était de participer à «l'élévation» des masses.

Alma Smoluch assure la comparaison avec les villas construites en bord de mer par les plus fortunés. Il en irait de la même logique. Curieusement, le terme de «mode» n'est pudiquement jamais employé. L'auteur analyse des formes modernes teintées d'architecture vernaculaire mais aussi des dispositifs plus expérimentaux comme le «Tétrodon» de l'AUA, une «cellule mise au point en 1973 et dont la coque a une taille variable».

C'est cet idéal, très tôt «mis à l'épreuve de la réalité», que cet ouvrage présente richement. A l'heure où les températures montent et où le soleil se présent, ce nouvel opus des «Carnets» alimente doucement le désir de vacances…

Jean-Philippe Hugron

L'aventure des VVF  ; Auteur : Alma Smoluch ; Editeur : Editions du Patrimoine ; 176 pages ; prix : 25 euros.

Réagir à l'article


tos2016

elzinc

Portrait |FUSO, les trois jamais à l'étroit

«Voyez avec notre avocat». La phrase pourrait en effrayer plus d'un. Elle se veut, bien au contraire, rassurante. Le troisième homme de l'agence parisienne FUSO, Ghislain Grotti, est un professionnel du droit des affaires. La...[Lire la suite]

elzinc

Portrait |FUSO, les trois jamais à l'étroit

«Voyez avec notre avocat». La phrase pourrait en effrayer plus d'un. Elle se veut, bien au contraire, rassurante. Le troisième homme de l'agence parisienne FUSO, Ghislain Grotti, est un professionnel du droit des affaires. La...[Lire la suite]


elzinc

Portrait |Qui sont les architectes de Donald Trump ?

Des honoraires impayés ? Des vidéos sulfureuses ? Des interviews réécrites ? Des commandes providentielles ? C'est un peu le programme réservé aux architectes de Donald Trump. Le Courrier...[Lire la suite]