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Actualité | Voter contre... Herzog & de Meuron ! (26-04-2017)

Les jeux sont-ils faits ? A l'heure où le vote «contre» domine sur tout autre choix partisan, de l'autre côté du Rhin, une pétition* est lancée «contre» le projet M20 d'Herzog & de Meuron à Berlin, en face de la Neue Nationalgalerie de Mies van der Rohe. Parmi les signataires, universitaires et architectes promettent au duo bâlois de les faire monter à l'échafaud...age.

Culture | Bâtiments Publics | Brique | Berlin | Herzog & de Meuron

Voilà qui n'est pas (ou plus) coutume. Un projet d'architecture mobilise une partie de l'intelligentsia berlinoise contre-lui. Ses auteurs ? Herzog & de Meuron. Le duo bâlois, pourtant salué pour la qualité de sa coûteuse Philharmonie hambourgeoise, s'attire désormais les foudres pour un dessin jugé outrageux.

En effet, au coeur du Kulturforum, ce quartier de l'ex Berlin Ouest – qui, à l'orée du mur, se voulait une vitrine de la République Fédérale d'Allemagne adressée aux «Ossis» qui ne pouvaient l'apprécier que de loin–, Herzog & de Meuron promet la réalisation d'une pataude longère en briques pour abriter le futur musée du XXe siècle, le M20.

Le projet n'aurait sans doute pas éveillé l'ire des Berlinois sans un prestigieux voisinage dominé, d'un côté, par la Philharmonie de Hans Scharoun et, de l'autre, par la Neue Nationalgalerie de Mies van der Rohe.

Selon l'édition du 20 avril 2017 du Berliner Zeitung, l'Académie des Arts et l'Ordre des Architectes – de façon «quasi unanime» – réclament un débat sur le sujet. En vain.

La controverse, plus que sur des considérations esthétiques, est principalement liée au fait qu'aucune perspective ne montre l'impact de la future construction depuis les terrasses de la Nationalgalerie ou depuis la Philharmonie ou encore depuis la Matthäuskirche.

Une pétition a donc été lancée, il y a deux semaines, par l'AEDES Architekturforum. L'institution, fondée en 1980, se présente comme la première galerie d'architecture privée d'Europe. Sa cofondatrice, Kristin Feireiss, a réuni, autour d'un texte, universitaires et architectes pour exprimer son désarroi face à un projet qui, peu après la présentation des intentions de l'agence suisse, avait éveillée «une brève excitation médiatique, suivi d'un état de choc public». Depuis, le soufflet est, semble-t-il, retombé laissant le M20 dans l'oubli.

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La pétition réactive donc la polémique. Les mots choisis restent toutefois diplomatiques. Jamais l'architecture n'est jugée. En revanche, l'appel au débat est de nouveau lancé et, cette fois-ci, les modalités en sont précisées.

En effet, il s'agirait d'ériger, en lieu et place du bâtiment promis, un échafaudage permettant d'appréhender les proportions du futur musée et son impact sur le paysage du Kulturforum.

Le Berliner Zeitung, sous la plume de Nikolaus Bernau, rappelle que cette pratique a déjà eu lieu, au même endroit, en 1986, alors qu'un projet d'Hans Hollein, avant d'être remisé au placard, avait été discuté, à l'échelle 1, non pas tellement pour son architecture mais pour sa vocation.

En 1993, un autre échafaudage avait été réalisé, à Berlin, au bon souvenir de l'ancien château impérial détruit pendant et après-guerre. Fort de ce succès populaire, il est aujourd'hui, dans l'indifférence, en cours de reconstruction.

Pour le critique, ce sont là deux exemples probants de «démocratisation» du débat architectural. Du moins, ces initiatives lui apportent la plus grande visibilité.

De son côté, le Berliner Morgenpost est plus circonspect. Un article paru le 23 avril 2017 évoque un échafaudage pouvant coûter entre 10 et 15.000 euros. L'initiative serait, selon Kristin Feireiss, réglée via un financement participatif ou «crowdfunding».

Toutefois, au-delà de cette demande ambitieuse, la pétition reste bien plus efficace sur le coût de la construction du M20. Le scandale de l'Elbphilharmonie ancré dans les mémoires, n'est pas vertement utilisé contre le projet. Il s'agit plutôt d'appeler, en des termes politiquement corrects, à «une planification financière transparente» en plus d'obtenir des «moyens de contrôle sur l'utilisation des fonds».

Enfin, selon cette même pétition, le coût affiché de 200 millions d'euros, en plus de ne pas avoir été vérifié, ne serait pas fondé… de quoi semer le doute mais aussi de quoi ne pas appeler, en définitive, à réaliser un quelconque échafaudage pour un projet déjà hors-budget. En deux semaines, le texte n'a d'ailleurs réuni qu'à peine 500 signatures...

Jean-Philippe Hugron

* https://www.change.org/p/die-%C3%B6ffentliche-diskussion-zur-zukunft-des-kulturforums-in-berlin-einfordern

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