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Actualité | SCAU, réinventer le métier (25-05-2016)

Le terme est à la mode. Fruit d’une époque en perte de vitesse, la réinvention opère à tout va. SCAU, candidat malheureux, aux côtés de Shigeru Ban, de l’appel à projets ‘Réinventer Paris’, tente désormais de rebondir pour repenser le métier d’architecte et aller ainsi de l’avant entre prospectives et prospections.

France | SCAU

L’innovation avait certes peu de chance d’émerger d’un appel à projets fondé sur la rentabilité et la vente de fonciers. ‘Réinventer Paris’ n’en a pas moins suscité la polémique en annonçant, haut et fort, un changement de paradigme, peut-être même, la fin des concours traditionnels.

Ainsi, plus que de revoir l’essence d’une ville, il en est allé d’un bouleversement professionnel amenant à repenser des procédures mais aussi, plus largement, tout processus de conception.

«C’est, en effet, une nouvelle manière de travailler qui émerge. A Rennes nous avons participé à encore une autre forme de concours où l’architecte, une fois désigné lauréat, choisit, lui-même, le promoteur», indique François Gillard.

«Les schémas préexistants sont ainsi perturbés. Nous devons, de fait, évoluer et par la même occasion nous frotter à des maîtrises d’ouvrage parfois peu habituées aux prises de position de la part des architectes», explique Luc Delamain.

Les quatre associés de l’agence s’accordent donc pour dire, au-delà des critiques qu’ils peuvent émettre en regard d’un modèle encore balbutiant, que «la réflexion en amont est enfin mise en valeur».

06(@SCAU-RMarciano-Luxigon)_S.jpgAussi, dès qu’il s’agit de présenter l’actualité de l’agence, tout laisse entrevoir une volonté de bousculer les codes. Dernière en date, la transformation promise d’une barre signée René Egger sur le campus de Luminy à Marseille porte cette ambition. «Nous devions imaginer la restructuration d’un ensemble de laboratoires et donner une stature internationale à cet équipement. Nous avons fait le pari, dans le cadre d’un dialogue compétitif, de faire avancer le programme», explique François Gillard.

«Les directives qui nous sont données sont généralement faites pour l’instant présent. Nous avons pris le parti d’imaginer ce que la situation serait dans trente ans», poursuit-il, et ce, notamment parce que l’évolution du numérique est toujours d'actualité. Ainsi, en lieu et place de salles de classes qui pourraient être remises en cause, des «lofts» ont été imaginé comme autant de grands espaces capables d’absorber d’importantes évolutions.

04(@SCAU-Coste-Inui)_B.jpg Idem à Montpellier. SCAU travaille à un «learning center», un barbarisme anglophone pour désigner un centre de documentation, au mieux, une bibliothèque. L’usage de cette nouvelle terminologie témoigne, là aussi, qu’il faut «réinventer» un programme.

«L’EPFL a eu, à ce sujet, des années d’avance et Sanaa a très bien joué de cette intuition. Il fallait réinterroger l’essence d’une bibliothèque à l’heure même où les livres sont numérisés», indique François Gillard. De fait la place physique du livre est à revoir et là encore, des «lofts» sont à même de pouvoir évoluer à mesure des avances technologiques.

«Voilà qui amènera, à terme, à repenser le rôle des programmistes. Nous devons, de toute façon, travailler à une autre notion de programme», assure Luc Delamain. Alors, faut-il aller juqu’à, là aussi, «réinventer» une notion fondamentale ?

05(@SCAU-Platform).jpgBernard Cabannes se montre plus circonspect face à l’idée. Familier des questions hospitalières à l’agence, l’architecte assure qu’il est plus difficile de déroger au sein de programme d’hôpitaux. Pour autant, SCAU planche actuellement à un nouveau concept, «un hôpital placébo».

Il s’agit ainsi de provoquer la réflexion et d’innover. SCAU fait, en ce sens, montre de volonté. En parallèle, l’agence développe depuis plus d’un an des projets de recherche : Stadium Square, un stade démontable ou encore Wheel Hôtel. Dans ce dernier cas, Maxime Barbier explique l’origine d’un concept : «nous avions envie de travailler un nouveau type d’hôtel qui soit une expérience inédite. Beaucoup sont prêts à dépenser un peu plus d’argent pour dormir dans un igloo ou dans un arbre. Pourquoi pas dans une roue ?», s’interroge-t-il.

02(@SCAU-Luxigon)_S.jpgLa proposition a depuis fait la une de bien des journaux. En plus d’un coup médiatique, SCAU s’est assuré l’intérêt de collectivités locales mais aussi de groupes hôteliers…

Bref, voilà démontré que tous les quatre n’attendent pas pour faire !

Jean-Philippe Hugron

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