tos

Le Courrier de l'architecte - Retour à l'accueil

Entrez votre e-mail pour vous inscrire

Visite | Buffi, AIA et les autres font leur cinéma ! (18-05-2016)

Encore un ! Et différent ! Cette fois-ci le Gaumont Convention vient d'ouvrir ses portes. Les Parisiens s'y pressent. Un véritable succès. En effet, ce cinéma «de quartier», dit-on, a subi plus qu'une transformation, une reconstruction au chausse-pied. L'agence Intens-Cité (AIA associés + Buffi) a livré, sur cinq étages, un improbable empilement de salles, le tout magnifiquement mis en vitrine. Un film à rebondissement avec bonnes-sœurs, Parisiens et...architectes !  

Culture | 75015 | Intens-Cité

Caramels, bonbons et chocolats... À l'entrée du nouveau Gaumont Convention, fraises tagada et crocodiles Haribo s'entassent et forment des amoncellements multicolores. Voilà qui contraste avec les atours sobres des lieux. Murs blancs, plafonds rouges et moquettes grises. Il n'y a, là, rien de démonstratif.

Et pour cause, le site ne s'y prêtait pas. La parcelle se révélait particulièrement exiguë. Il fallait réaliser en lieu et place, de l'ancien cinéma - le premier multiplex de la capitale – neuf salles là où il n'y en avait que six.

L'équation était d'autant plus complexe, qu'il fallait également compter sur la présence de quelques nonnes en guise de voisines soucieuses de leur quiétude et, en face, d'immeubles plus ou moins haussmanniens, avec d'autres parisiens tout aussi inquiets de leur tranquillité mais néanmoins désireux d'une vie culturelle et cinématographique. Bref, des conditions banales de surcroît corsetées par alinéas et paragraphes du PLU. Profil bas donc, pour ce projet.

«Nous ne voulions pas faire de ce lieu un cinéma américain avec un affichage trop voyant. Nous voulions créer une attente», assure Jean-Pierre Buffi, architecte du projet au sein de l'entité Intens-Cité réunissant sa propre agence et AIA Associés.

03(@LBoegly)_S.jpg«Il y a deux lieux : la place dehors, et les salles, dedans. La façade a donc été pensée comme un entre-deux permettant de passer de la vie réelle à la fiction et vice versa», poursuit-il. De fait, entièrement vitrée, elle expose, aux yeux de tous, les spectateurs attendant leur séance. De leur côté, les cinéphiles peuvent profiter de leur perchoir et observer le spectacle de la ville.

«Ce dispositif a été pensé pour que le cinéma fasse du théâtre sur la place», sourit Jean-Pierre Buffi. C'est donc une mise en scène des circulations et du va-et-vient des spectateurs qui fut promise et réalisée. «Nous avons imaginé un circuit en spiral. Nous avions à coeur de créer des circulations fluides, en somme, un continuum pour une lecture simple de l'espace», assure Jean-Pierre Buffi. 

02(@LBoegly)_S.jpgAujourd'hui, ce qui a l'air d'une évidence n'en a pas moins nécessité dix ans d'études et dix-huit mois de travaux. En effet, il fallut penser, convaincre, corriger, repenser, redessiner, finaliser puis détruire, creuser, reconstruire...et ce, plus haut qu'à l'origine. Sur la même parcelle, le cinéma a gagné de l'espace en dessous et au dessus. Le tout pour réaliser trois salles supplémentaires, quelques dizaines de sièges en plus du confort en sus.

Quelques mois après l'inauguration des Fauvettes, un cinéma conçu par Loci Anima et quelques semaines avant la livraison, métro Alésia, de nouvelles salles imaginées par Manuelle Gautrand, le groupe Gaumont-Pathé renouvelle ainsi une typologie. Le cinéma, en s'émancipant des codes commerciaux des grands multiplex, redevient donc un objet d'architecture.

Jean-Philippe Hugron

04(@LBoegly).jpg

Réagir à l'article


tos2016
elzinc

Portrait |Poy Gum Lee, des gratte-pagodes de New York à Shanghai

Tuiles vernissées sur gratte-ciel Art déco… un bien étrange syncrétisme visible, entre autres, à Shanghai. Mais quelle ville n’a pas eu la tentation d’adopter la modernité et de la...[Lire la suite]

elzinc

Portrait |Bruno Rollet, des nouvelles du front ?

Les conditions difficiles d’exercice du métier d’architecte ou encore la réduction des prérogatives d’une profession amènent de nouvelles pratiques. Dans ce contexte, l’angle d’attaque social...[Lire la suite]


elzinc

Portrait |Pierre-Alain Dupraz, architecte-topographe

«Pour mes pairs, je serais romand de tendance française», sourit Pierre-Alain Dupraz. De l'autre côté de la frontière, en France, il est, tout simplement, un architecte «suisse». De fait, il...[Lire la suite]

elzinc novembre

Portrait |Chen Kuen Lee, après Scharoun

Voilà une carrière qui force la curiosité. En 1931, Chen Kuen Lee quitte la Chine pour rejoindre l’Allemagne. Il y étudie l’architecture et travaille aux côtés de Hans Poelzig et Hans Scharoun. Il...[Lire la suite]

elzinc novembre

Portrait |Sandra Planchez face à l'appel de la nouveauté

Tout nouveau, tout beau ? Sandra Planchez témoigne d’un goût immodéré pour la nouveauté. Il n’y a là pourtant rien d’une fuite en avant - qu’elle condamne par ailleurs - ni...[Lire la suite]

Erratum : crédit image : cantin-planchez-DR
elzinc novembre

Portrait |Rifat Chadirji, architecte en noir et blanc

Bagdad, aussi inconnue que méconnue. Des années de conflits armés ont détourné architectes, historiens et photographes d'une capitale moderne dont Rifat Chadirji en fut l'un des plus éminents acteurs....[Lire la suite]