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Présentation | Zakarian-Navelet, par le trou de la serrure (27-04-2016)

Il s'agit, paraît-il, d'un projet fondateur, du moins pour la jeune agence marseillaise Zakarian-Navelet. Le nouvel espace jeune de la Grande-Motte devait pourtant être un «non-sujet» plus qu'un véritable fait d'architecture. Mais voilà que le duo a réussi son pari d'aller au-delà de la banalité. L'occasion de revenir sur une pratique teintée d'audace mais aussi de sensibilité.   

La Grande Motte | Zakarian-Navelet

«La ville ennuyeuse est nécessaire à Marseille», lance Stanislas Zakarian. L'architecte joue de la provocation. Pour l'heure, il mène tambour battant une thèse mêlant urbanisme et tourisme ; il en profite pour pointer du doigt ce besoin grandissant et contestable en matière «d'espaces apaisés». Pour autant, il reconnaît que «la qualité d'une ville réside surtout dans la confrontation des situations».

Alors, Marseille est, en ce sens, un idéal. Elle est, en outre, un territoire de liberté. Plus encore, ce contexte urbain «oriente le regarde sur une autre manière de construire», dit-il. Mais au fait, qu'elle était, à l'origine, la sienne ? «Une culture de grands projets», répond-il, apprise sur les bancs de l'agence de François Leclercq où il rencontra d'ailleurs son associé, Olivier Navelet.

02(@Zakarian-Navelet).jpgCe n'est qu'en 2009 que l'agence est fondée sur les bords de la Méditerranée. «Nous voulions confronter notre engagement à un territoire qui concentrent les enjeux sociaux et environnementaux contemporains», assure Stanislas Zakarian. Dans ses bagages, il emportait certes une expérience parisienne mais ramenait aussi un diplôme dûment obtenu à l'ENSA Marseille. Le terrain était donc connu ou presque.

Le curriculum faisait également, au-delà de ces années passées entre Paris et Marseille, état d'une «période barcelonaise» qui, selon les dires de Stanislas Zakarian relevait vraisemblablement d'une crise de la trentaine. «J'en ai profité pour faire le tour des agences», dit-il.

Ces moments riches ont été l'occasion de se frotter à la scène catalane et d'appréhender «l'architecture de Barcelone comme l'émanation d'une culture populaire urbaine». Quelques années plus tard, Marseille semble prendre le relais via une spectaculaire transformation urbaine avec, cette fois-ci, des problématiques différentes de sa rivale espagnole.

03(@StephaneChalmeau)_S.jpg«Marseille nous amène à repenser notre rapport à la durabilité ; nous sommes confronté, entre autres, à des situations sociales contrastées où la gestion et la pérennisation des bâtiments ne sont pas abordées de la même manière. Très sensibles à la fabrication d’une architecture du quotidien, nous ne pouvons pas raisonnablement penser de seconde peau dispendieuse, par exemple», explique-t-il.

Voilà qui un change un peu du discours convenu d'une école du sud emprunte de méditerranéité où seule la lumière crue et le culte de l'ombre viennent servir de poétiques (et non moins sérieuses) justifications faisant de l'épaisseur ou de la massivité des prérequis architecturaux.

Pour autant, Zakarian-Navelet ne s'émancipe pas de ces considérations géographiques. Elles ont d'ailleurs servi le premier projet de l'agence dont le programme relevait davantage d'un «non-sujet», assure Stanislas Zakarian. Il s'agissait de réaliser, à la Grande-Motte, un «espace jeune».

«Il nous paraissait intéressant d'intervenir dans le contexte de cette station balnéaire hors du commun. Nous avons donc décidé de transformer un programme en sujet d'architecture, en réflexion sur l'horizontalité, le toit et le parcours», dit-il.

04(@Zakarian-Navelet)_S.jpg«Nous avons aussi pris le parti d'une mise en tension des quatre corps identitaires de la ville : la nature, l'art, l'architecture et...les bikinis», sourit-il. Bref, il y avait matière à dépasser la demande tout en restant dans le budget alloué.

«Nous avons donc enrichi un programme prévisionnel de 142 m² en réalisant 230 m² d'espaces construits. En effet, nous avons ajouté aux deux espaces demandés un large patio qui introduit une dimension inattendue au projet», explique l'architecte.

05(@StephaneChalmeau).jpgEncerclé de hauts murs de béton, cette cour «transpire le mode de vie méditerranéen et dessine un espace public intérieur», poursuit-il. Bref, une architecture du quotidien contenue qui devient, en somme, un espace poétique où la minéralité du lieu s'oppose à la nature luxuriante de la ville.

Restait à ajouter une note de plaisir, «une intention artistique», du moins «une incongruité». Ce sera un mince trou dans un mur...une curiosité à même de chatouiller les élans voyeuristes de chacun...

Pris en flagrant délit de bonnes intentions, Zakarian-Navelet sans faire acte manifeste démontre une démarche sensible dans un contexte qui peut être mêlé «de frustrations et de joies». Reste à appliquer les bonnes recettes à d'autres programmes...

Jean-Philippe Hugron

06(@StephenDock)_S.jpg

Réactions

Milena | urbaniste | PACA | 28-04-2016 à 00:37:00

Que c'est prétentieux ! Comme la photo qui ne donne pas envie de les rencontrer.

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