tos

Le Courrier de l'architecte - Retour à l'accueil

Entrez votre e-mail pour vous inscrire

Edito | Alejandro Aravena, un Pritzker 2016 tiré à la courte paille ? (13-01-2016)

Le grand chelem ! D’abord la direction de la XVe Biennale d’Architecture de Venise et désormais le Pritzker Prize 2016. Certes, voilà qui est plus réjouissant qu’un illustre mort allemand, mais qui est autrement plus entriste et consanguin. 

Pritzker | Chili | Elemental Team

Frei Otto n’est pas enterré depuis un an que le nouveau Pritzker Prize est déjà attribué. Il était jusqu’à présent usuel d’attendre la fin de l’hiver et les derniers frimas pour découvrir généralement, fin mars, le nom du prestigieux lauréat.

Il semble, cette année,  qu’il y ait eu un brin d’empressement. La Biennale de Venise approche à grand pas et comble le carnet de bal de bien des prétendants ; aussi, fallut-il sans doute avancer la date de l’annonce avant d’entrer dans le vif du sujet : les nouvelles du front !

Et quelle chance pour Alejandro Aravena, directeur de la XVe Biennale d’Architecture ! Le lauréat du Pritzker Prize 2016, recevra sa médaille le 4 avril prochain, un mois-et-demi avant l’ouverture des festivités vénitiennes. Tout un calendrier.

Un siège usé à la corde

Alejandro Aravena n’est toutefois pas si étranger au Pritzker Prize. Déjà, l’année dernière, il faisait parti du très select jury qui a choisi, à la plus grande surprise, le nom de Frei Otto.

Mais voilà qu’en 2014, Alejandro Aravena en était aussi ! Et en 2013 ! Et en 2012… 2011…2010… et même 2009… Le siège devait être rudement confortable.

Il pourrait même se murmurer une étrange plaisanterie : quelle est la différence entre le jury 2015 et le jury 2016 ? Elemental, pardi ! Et oui, à l’exception d’Alejandro Aravena (heureusement) tous était déjà réunis autour du génialissime ingénieur mourant.

Les apôtres du Pritzker n’ont donc pas eu à chercher bien loin… peut-être ont-ils même, entre-eux, tiré à la courte paille le lauréat 2016 ?

Ceci étant dit, le jury récompense une pratique. Il note dans son communiqué que «la jeune génération d’architectes qui recherche des opportunités pour apporter leur contribution au changement, peut apprendre d’Alejandro Aravena sur la manière de multiplier les rôles en lieu de rester sur la seule et unique position de concepteur. Elle pourra ainsi découvrir que des opportunités peuvent être créées par l’architecte lui-même. A travers son approche, Alejandro Aravena a donné à la profession d’architecte une nouvelle dimension qui se révèle nécessaire pour répondre à la demande mais aussi aux futurs défis posés par ce domaine».

Marée noire sur le Pritzker

Alejandro Aravena intervient à travers une structure, un «do tank», Elemental, une association sans but lucratif soutenu par l’Université Catholique du Chili et la COPEC, groupe pétrolier du pays. Une information loin d’être mentionnée dans le communiqué de la fondation Hyatt qui soutient le Pritzker Prize.

Alors oui…Il y a le talent indéniable d’un architecte qui réalise des structures surprenantes et des projets remarquables dans un contexte latino-américain ouvert aux expérimentations architecturales. Mais une question demeure… que n’aurait-on dit d’un Jean Nouvel sponsorisé par Elf Aquitaine ?

Bref, un brillant Pritzker 2016 teinté d’ombres...

Jean-Philippe Hugron

Réagir à l'article


tos2016

elzinc

Portrait |Sandra Planchez face à l'appel de la nouveauté

Tout nouveau, tout beau ? Sandra Planchez témoigne d’un goût immodéré pour la nouveauté. Il n’y a là pourtant rien d’une fuite en avant - qu’elle condamne par ailleurs - ni...[Lire la suite]

Erratum : crédit image : cantin-planchez-DR
elzinc

Portrait |Carl Fredrik Svenstedt, Swedish connection

Parisien, Suédois, formé aux Etats-Unis, ayant grandi au Canada, Carl Fredrik Svenstedt est un étrange hybride culturel. Architecte, il joue, derrière une apparence sage, des contradictions. Un goût pour la...[Lire la suite]


elzinc

Portrait |Marina Tabassum, une architecte à Dacca

Lauréate du Prix Aga Khan 2016 pour la mosquée Bait-ur-Rouf située à Dacca, Marina Tabassum dessine les contours d'une pratique originale de l'architecture au Bangladesh, loin des majors de la construction et autres grands...[Lire la suite]