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Présentation | Studio 02, régionaliste ? Et puis quoi encore ! (13-01-2016)

Baud, un village d’irréductibles ? Une vision parisianiste ! Pourquoi donc imposer un régionalisme, aussi critique soit-il, à un bourg breton ? Lors du concours pour la réalisation de la médiathèque et du cartopôle, bien des propositions envisageaient de simples volumes, discrets, de granit, le tout agrémenté d’ardoise… logique, non ? La municipalité leur a néanmoins préféré un parti proliférant, de béton brut, signé Studio 02 (Romain Grégoire et Thomas Collet). Les années 10 du siècle 21.

Bâtiments Publics | Culture | Béton | Morbihan | Studio 02

L’église était on ne peut plus typique. Les étroites ruelles, aussi. Pour autant, le contexte n’appelait, aux yeux de la maîtrise d’ouvrage, aucune discrétion. Le terrain était autrefois occupé par les hangars d’une coopérative agricole et, aujourd’hui, il est bel et bien question d’une autre culture.

Le programme devait mêler plusieurs équipements : une médiathèque, un auditorium et un musée de la carte postale. «Nous pouvions faire ce que nous voulions», soutient Romain Grégoire. «Nous souhaitions être énigmatique et sobre. Ceci étant dit, la municipalité voulait un geste architectural fort», poursuit-il. Bref, rien de «bretonnisant».

«Nous travaillons depuis huit ans en Bretagne. Pour deux ou trois projets nous avons joué des codes régionalistes. Ici, la commande ne se prêtait à aucune forme de mimétisme. Nous avions certes pensé, au début du concours, à faire usage de codes formels et de matériaux régionaux. Nous y avons rapidement renoncé et c’est, sans doute, ce qui nous a fait gagner», résume l’architecte.

02(@LucBoegly)_S.jpgStudio 02 a donc imaginé, en suivant la pente, une déclinaison de cinq volumes imbriqués les uns aux autres. «Nous avons jeté des rectangles de 10 x 15 mètres sur le terrain ; notre plan masse est, en somme, un étalement de cartes postales», dit-il.

Une cascade de cubes dévale ainsi la pente. En épousant le relief, Studio 02 cherchait à ne pas imposer son architecture. Restait toutefois à assumer le poids de la matière et la masse des blocs. «Que ce soit massif !», revendique l’architecte.

Pour cela, le béton aurait pu être laissé brut. Encore fallait-il convaincre un commanditaire qui avait déjà osé prendre le courageux parti d’ériger un équipement aux lignes contemporaines. In fine, une couleur blanche est privilégiée pour habiller la matière. Teinté dans la masse ? «Peint», répond Romain Grégoire. Il fallait répondre au budget, au calendrier mais aussi faire en fonction d’une offre régionale. «Trop peu d’entreprises savent faire ce type de béton en Bretagne», précise l’architecte.

«Nous voulions, par ailleurs, éviter les mauvaises surprises au décoffrage. Travailler en préfabriqué aurait pu être une solution mais nous aurions eu à gérer des joints horizontaux qui ne se sauraient guère accommodés avec la matrice de bandes verticales que nous avons imaginée», explique-t-il.

Pour parfaire l’image de volumes imbriqués, le duo de Studio 02 a souhaité éviter tout percement. «Nous ne voulions d’ouvertures que de larges baies allant du sol à l’acrotère», indique l’homme de l’art. Rien donc pour casser le bloc.

03(@LucBoegly)_S.jpg«C’était notre plus grand projet lors du concours», se souvient Romain Grégoire. L’agence n’avait à peine que quatre ans d’âge, aussi, elle se montrait «heureuse» de co-traiter avec Anthracite 2.0, «des copains d’école». «Nous avions qui plus est créé notre bureau sans aucune référence. Nous ne voulions pas  utiliser celles des agences où nous sommes passés ; nous voulions seulement présenter nos travaux. Ensuite, nous sommes allés de particulier en particulier, nous avons fait des maisons, monté des dossiers et obtenu progressivement des références», raconte-t-il.

04(@LucBoegly).jpgDe la Bretagne au Pays-de-Loire, Studio 02 étend aujourd’hui sa géographie avec l’espoir d’afficher,  bientôt, une série de réalisation à travers l’Hexagone… et d’envoyer, d'ici et là, autant de belles cartes postales.

Jean-Philippe Hugron

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