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Livre | Extrapolis, cinq autres fictions métropolitaines (2/2) (02-12-2015)

«Extrapolations métropolitaines». Le dernier livre publié aux éditions Le Cabanon* reprend les travaux de 70 étudiants de l’ESA sous la direction de Reza Azard assisté de Jean-Benoït Vétillard. Chaque page est un régal. Les dessins présentés sont hallucinatoires et répondent à un exercice mobilisant un «espace mental intime et un imaginaire collectif». Cette semaine, Le Courrier de l’Architecte vous propose une nouvelle sélection de cinq villes : Atlanta, Bruxelles, Le Caire, Le Havre et Venise

France

ATLANTA // THE HOVERING CITY //  LOUR MAHSHI ET HÉLÈNE VESIN

02()_S.jpgLes aéroports ont pris le dessus sur la ville, qui devient une enceinte regroupant différents types de circulations, qui s’entremêlent et se superposent les unes sur les autres, créant ainsi une stratification apparente de la ville et de ses infrastructures. C’est une métamorphose de la ville qui la rend aussi dynamique que complexe. Une mobilité continuelle est observée sur cet ensemble d’infrastructures routières, ferroviaires et aériennes qui semble prédéfinir les trajets de ses utilisateurs, qui peuvent être aussi bien des résidents de la ville que des voyageurs de passage. Des trains et des automobiles se déplacent à une vitesse calme et homogène, passant entre de vastes parkings étendus de part et d’autre, tandis que des avions décollent et atterrissent partout et à chaque seconde, au sein d’une ville qui semble être constellée de petits terminaux, accueillant avions et passagers.

Chaque terminal se prolonge par un immeuble, avec ses fonctions diverses, commerces, restaurants et autres équipements publics pour les premiers niveaux, puis bureaux et logements privés. On retrouve les passerelles et les espaces publics et partagés, qui accueillent les habitants de la ville et encouragent les interactions et la convivialité.

BRUXELLES // ALEASPONTEIS // CAMILLE BOURGOIN ET JADE FARDON

03().jpgvia (Un)City dirigé par Cédric Libert et Dikkenek de Olivier Van Hoofstadt

ALEASPONTEIS : qui évolue de manière aléatoire mais selon son propre mouvement.

Le dessin accueille des scènes diverses d’un univers hétéroclite. C’est de l’assemblage de tous ces moments que la ville nait.

En effet, seule, l’architecture de la scène est un décor ; et, ensemble, les bâtiments se mettent à dialoguer entre eux, l’un renvoyant à l’autre par sa différence.

Ce discours révèle ainsi l’entité urbaine de la ville : une architecture aléatoire et flexible, où la logique est bouleversée par la spontanéité.

- Méthodologie -

Il s’agit d’une confrontation entre deux regards opposés et très radicaux sur Bruxelles : d’une part l’exposition (Un)City et la focalisation sur une « collection » d’archétypes architecturaux bruxellois, mise en relief par abstraction du contexte originel et des utilisateurs ; et d’autre part, le film Dikkenek, dans lequel l’architecture est réduite au décor afin de mettre en valeur les personnages, caricatures extrêmes du genre humain à Bruxelles.

LE CAIRE // LA VILLE DES OUBLIÉS // ZOÉ JACOB ET PAULINE LAPLAIGE

04()_B.jpgPierre après pierre, étage après étage, immeuble après immeuble, une citadelle verticale a vu le jour. Superposées, amarrées les unes aux autres par des structures en bois, les hampes sont chaotiques. Engloutis dans des dunes de sable, les rues et les immeubles proches du sol servent de fondation à la ville. Cette dernière a perdu ses limites ; un nuage de sable la coiffe, circule entre les édifices sauvages, se faufile dans le moindre interstice. Il en est ainsi, hommes, habitats, espaces de circulation se confondent. La population la plus aisée s’est emparée des étages supérieurs. Sa seule ambition, aujourd’hui, est de fuir ce fléau que représente le sable. Elle cherche donc à habiter plus haut, toujours plus haut. Sur les toits, en revanche, vivent les oubliés. Maîtres du guingois, ce sont eux qui ont pour charge de construire ces tours brinquebalantes. Nomades urbains, ils construisent et déconstruisent constamment leurs abris de fortune. Briques non crépies, pierres, branches, tôles, métal, tous les matériaux se côtoient et se complètent. Dans un dédale de passerelles, un joli mélo d’infortune donne son identité au lieu. Une joyeuse pagaille non dénuée de joie vibre du tintement des marmites, résonne de cris et exprime des odeurs entêtantes.

LE HAVRE // MERCANT[ÎLES] // AURÉLIE ARRIGHI ET LOU LE NET

05()_B.jpgDans une terre coupée du reste du pays qui connut bien des agitations, les générations se succèdent mais ne se ressemblent pas. Oseille Perret, arrière-arrière-arrière-petit-fils du grand architecte Auguste Perret qui reconstruisit la ville du Havre à une époque reculée, veut aller de l’avant et commence par rebaptiser le petit port de son aïeul Mercant[îles]. D’avantage préoccupé par l’argent que par les gens, le frais Oseille, bien dans son temps, crée une industrie portuaire géante lui permettant d’amasser un magot, tout en faisant la richesse de sa ville. Il se fait connaître sur le marché international en vendant d’abord les biens produits par la cité, ce qui lui garantit d’avoir un peu de monnaie ; puis, poussé par l’appât du gain, il finit par échanger le patrimoine architectural de Mercant[îles] contre les trésors de l’architecture de New York, Tokyo ou même Barcelone. Une folie cupide qui rapporte en ville les chefs-d’œuvre des plus grandes capitales et permet, en dilapidant l’héritage de son grand-père, de se constituer un capital personnel.

VENISE // ENTRE DEUX EAUX // MARIEL DOUGOUD ET ALEJANDRO RATIER

06()_S.jpgVenise nage, joue et trempe dans sa lagune. Elle traverse les siècles sur une corde de funambule, avec les marées pour balancier. Au fil du temps, un voile recouvre ses façades et la plonge dans un sommeil que seuls les curieux venus d’ailleurs perturbent. La mer chante la berceuse.

Venise rêve, vogue entre les canaux et sillonne son imaginaire à la recherche de son passé.

Ses habitants manigancent et préparent l’avenir de la ville. Son empreinte sera reproduite et ses façades serviront de murs pour de nouvelles cités. Seuls les traits de son visage seront conservés et gravés sur une surface solide et homogène, reproductible, remplaçable et commercialisable à l’infini.

Les moules sont prêts, pas la peine de réveiller Venise.

De nouvelles villes seront bâties sur son empreinte. Les habitants déambuleront sur cette surface limpide, la coloniseront et l’adapteront. Comme des vers dans une pomme, ils digèrent la ville et la transforment pour exécuter leur propre métamorphose.

Comme le saint suaire, entre passé et avenir, entre deux eaux.

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