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Présentation | Le coup double de Zündel & Cristea (07-10-2015)

Empiler deux équipements, une salle d’escrime et un gymnase omnisport? L’une sur l’autre ! Un jeu de cubes alors ? Rien à voir ! Si d’un point de vue programmatique, la logique s’en trouvait défiée, le terrain appelait quant à lui à cette seule possibilité. La réponse de Zündel & Cristea, à savoir le nouveau centre sportif Aristide Briand de Strasbourg, a été inauguré en septembre 2015. 

Sport | Bâtiments Publics | Strasbourg | Atelier Zündel Cristea

La ville par-dessus la zone d’activités. Il n’y avait donc là, rien du champ de patates ni même du terrain vierge. Strasbourg rattrape ses franges et les urbanise. De fait, outre des logements, la municipalité construit des équipements. Sur un terrain relativement étroit, elle a voulu ériger un gymnase et une salle d’escrime. A l’issu d’un concours, elle choisit l’agence Zündel & Cristea, fille du pays.

La réalité aujourd’hui n’est pas loin des perspectives présentée alors. «Nous sommes sur les mêmes promesses», assure Grégoire Zündel. La difficulté du projet tenait aux besoins «non compressibles» d’un tel programme. Aux codes du gymnase, ceux de l’escrime. La superposition n’avait rien, non plus, d’une évidence. Tenue au feu, charge plus importante et gestion de l’acoustique étaient des enjeux de prime importance. Pour parfaire le grand dessein, il s’agissait également d’ouvrir cette salle à rayonnement régional aux compétitions handisports.

S’en suit alors une réflexion sur les accès et la fluidité des circulations. Le duo imagine alors de creuser, dans un premier temps, le sol. Certes, le terrain est en pente et les architectes ont voulu profiter de cette légère topographie.  «Cette solution nous a permis d’imaginer un accès de plain-pied aux tribunes», précise l’architecte.

Voilà un parti qui permit également d’enterrer vestiaires et locaux techniques et d’assurer un éclairage naturel de la surface de jeux tout du long des façades. «Nous voulions bénéficier de la clarté du jour tout en protégeant les joueurs d’un fort ensoleillement», prévient-il. De fait, une trame régulière de brise-soleil anime le centre sportif.

02(@SergioGrazia)_S.jpgDe l’extérieur, l’équipement se montre double. Cet aspect répond à la dualité du programme sans toutefois en donner la lecture exacte. Le socle de béton contient, entre autres, les tribunes. Le reste n’est que structure légère.

«Nous avons imaginé un ensemble en métal. Le béton aurait été trop  lourd et bien plus coûteux. Le bois aurait engendré des poutres de dimensions trop importantes. Nous l’avons utilisé pour les façades et les planchers», note Grégoire Zündel.

Au mélange des matériaux, l’architecte évoque des choix résultants de «conséquences simples». «Nous travaillons un projet sans a priori. Nous recherchons une écriture qui correspond à la fonction», assure-t-il.

03(@SergioGrazia)_S.jpgBéton, métal et bois sont «nobles» et «réels». Bref, le catalogue se veut volontairement réduit et l’agence fait montre de références dans le même esprit. Les très récents amphithéâtres de l’IUT de l’Université Paris-Descartes sont, eux aussi, en acier bardé de mélèze.

Quant au vieillissement du bois, il est entièrement «assumé». La maîtrise d’ouvrage  est pleinement avertie. «Nous sommes attentifs à la manière dont la façade reçoit l’eau. L’enjeu est de ne faire aucune zone de rejaillissement», souligne-t-il. Qui plus est, la proximité au sol est souvent problématique ; le bois y noircit précocement. Aussi, le socle de béton du centre sportif de Strasbourg solutionne ce point.

 Entre autres dispositifs, Zündel & Cristea a mis en œuvre une ventilation naturelle. Certes, en «mode normal», la salle est ventilée mécaniquement. «En été, lors de surchauffe, des volets en partie vitrée s’ouvrent. Une grande trémie dans le hall assure l’entrée d’air», précise-t-il.

Le centre sportif Aristide Briand porte ainsi en lui toute l’ingéniosité de l’agence parisienne. A écouter Grégoire Zündel aligner les solutions techniques, tout semblait relever plus que de l’évidence, d’une facilité. Alors, l’architecture, un sport de combat ? En coulisses, assurément.

Jean-Philippe Hugron

Réactions

Dubitatif | 21-10-2015 à 15:42:00

Glorifier les architectes c'est bien, mais c'est oublier les ingénieurs qui ont permis les performances structurelles (en zone sismique 3) et thermiques.
La mixité des matériaux était bien l'idée de l'ingénieur structure à la base da la conception dès le concours...

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