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Visite | Des nuées de S.E.N.S., Marc-Antoine Mathieu (17-06-2015)

La base des sous-marins de Saint-Nazaire offre, jusqu’au 11 octobre 2015, une curieuse expérience aux lecteurs de Marc-Antoine Mathieu, scénographe et célèbre auteur de bandes dessinées, notamment des aventures de Julius Corentin Acquefacques. D’aucuns découvriront ainsi au coeur du monstre de béton l’essence de la case, ou encore le récit du récit.  

Scénographie | Saint-Nazaire

Concomitamment à la parution du dernier ouvrage de Marc-Antoine Mathieu, S.E.N.S., le LiFE - lieu de création né en 2007 dans l’alvéole 14 de la base des sous-marins de Saint-Nazaire - a donné carte blanche au dessinateur. L’occasion d’exposer son travail ? L’idée a été d’emblée refusée.

Cette page vierge était davantage l’opportunité pour Marc-Antoine Mathieu de revenir à ses premières amours, lesquelles il n’a jamais abandonnées : la scénographie. Aujourd’hui, il propose donc une expérience inédite aux allures de mise en abîme.

02(@PhMDomage)_S.jpgPour quelques journalistes venus visiter l’exposition, le suspens avait été ménagé. Du moins, pour celles et ceux qui n’avaient pas «vu» le dernier livre en date de l’auteur. Vu plus que lu car cette bande dessinée - un «objet» aux dires de son concepteur - se fait muette. A posteriori, la visite aurait été sans doute plus pertinente avec, en tête, l’univers absurde de S.E.N.S..

«Je souhaite, à travers cet événement, créer une expérience sur un récit dont le visiteur serait le héros ou le non-héros», indique l’auteur. Première explication énoncée, premier écueil avancé : «c’est un défi rare... et rarement probant», soutient-il.

La base des sous-marins s’est révélée aux yeux du scénographe «un espace en rupture» qui permet «de repousser l’horizon». Certes. Le lieu est massif et, paradoxalement, vide. Le «sens» même de cet objet singulier est alors à même de porter à lui seul l’absurdité de l’univers de Marc-Antoine Mathieu.

Ce dernier avait donc entre les mains un support idéal sinon idéel. Encore fallait-il porter quelque chose. Du sens sur les murs ? L’ambition n’était pas de monter une classique exposition de planches originales. Les feuilles se présentent monumentales et froissées. Des projecteurs y font défiler quelques images extraites de la bande dessinée.

Pour ce projet, Marc-Antoine Mathieu s’en est remis à deux de ses acolytes : Elisa Fache et Philippe Leduc. «Il m’était impossible de faire un récit du récit. Seul, on ne peut, dans ces conditions, s’en sortir», explique-t-il.

03(@PhMDomage)_S.jpgIl faut alors maintenant revenir sur l’expérience du scénographe. Tout avait commencé à Angers avec une exposition relativement confidentielle sur les affiches polonaises. «Un accrochage simple, sur un mur, ne suffisait pas. Il fallait essayer par tout moyen de faire comprendre la profondeur, la noirceur parfois de ces images si fortes», dit-il.

L’événement était alors auto-produit et présenté dans les sous-sols du théâtre de la ville. Il y eut, ensuite - en toute logique ? - Angoulême et l’occasion de mêler scénographie et bande dessinée. Les thèmes se suivent et ne se ressemblent pas : mangas, god save the comics, Moebius...

De fil en aiguille, l’atelier de scénographie Lucie Lom s’adonne à la conception d’installations en intérieur et en extérieur «pour mettre en scène la ville» et «relégitimiser les lieux abandonnés». «En ces occasions, nous nous laissons aller à des gestes et des rêveries plastiques», assure-t-il.

Parmi les réalisations les plus marquantes, compte la forêt suspendue à l’occasion de Lille, capitale européenne de la Culture en 2004, «un geste féérique et aberrant», sourit-il.

De la scénographie à la bande dessinée, il y a une frontière allant de l'aventure collective à la création solitaire. Toutefois, les deux univers présentent «un lien dans la mesure». «Lorsque j’ai rencontré Philippe Leduc, il faisait du théâtre. A mes yeux, la bande dessinée relève du théâtre masqué. Nous étions, quoi qu’il en soit, tous les deux dans le récit et dans la création d'espaces».

04(@PhMDomage)_S.jpgAussi, cet événement qui n’est «ni une exposition, ni une installation mais une hybridation» se refusait de transposer l’une des folles architectures noires et blanches, pas même une imbrication fantaisiste de flèches. «Nous n'aurions jamais retrouvé la même poésie que dans un dessin», dit-il.

Plutôt qu’une transposition directe, Lucie Lom s’est donc évertuée à «perdre la polysémie des choses». L’exercice offert par le LiFE était «d’aller en direction de l’épure». Alors, des projections muettes et quelques mouvements. «La case est là ; le cadre est là», conclut Marc-Antoine Mathieu. L’espace et le volume de la planche aussi.

Jean-Philippe Hugron

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