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Présentation | Le pavillon de THE ou comment ensevelir l'architecture (07-05-2015)

«Voilà un projet qui sort du classicisme !», s’enthousiasme David Juhel, associé fondateur de l’agence THE architectes. Et pour cause ! L’objectif de la mairie de Saint-Hilaire-de-Riez était de débarrasser la plage de baraquements disgracieux et de créer un équipement discret à même d’accueillir vestiaires, espaces de stockage et petite annexe de la médiathèque. Une histoire de camouflage.

Bâtiments Publics | Divers | | THE architectes

A quelques kilomètres, Les Sables-d’Olonne ou encore Saint-Jean-de-Monts font figure de contre-exemple. Du béton, encore du béton. Saint-Hilaire-de-Riez connaît plus ou moins un sort identique tant la vue sur l’océan et la proximité de la plage attirent.

Toutefois, voilà qui n’est pas une raison pour massacrer davantage le paysage. Estivants et vacanciers font montre d’exigence et la ville se doit d’offrir quelques bons et loyaux services.

Pour les accueillir, des abris avaient été un temps réalisés sur la plage. La préfecture ne pouvant plus souffrir cette vue a exigé la réalisation d’un équipement sur le domaine de la ville. Mission difficile, loin du front urbain, au coeur des dunes. Aux architectes donc d’imaginer un bon parti.

02(@SChalmeau)_B.jpgTHE, lauréat de la consultation en mai 2012, a donc proposé de dissimuler le projet sous une dune. «Il y avait sur la parcelle entre 1,5 et 2 mètres de sable que nous avons déplacés temporairement», débute David Juhel.

La table était alors rase. La «bagarre» entre nécessité paysagère et ingénierie pouvait alors débuter. «Ce projet ne sous-tend aucune différence entre paysagisme et architecture», assure l’homme de l’art.

La difficulté restait à concevoir une construction 'prête à ensevelir' et à imaginer les pentes d’une nouvelle dune. «Il n’y a rien d’évident à couvrir un bâtiment avec du sable et surtout des végétaux dont les racines sont généralement profondes», reprend David Juhel.

Murs et voiles de béton ont été érigés. Les plafonds ont été percés pour y placer des puits de lumière à même d’apporter un éclairage naturel au coeur de l’équipement. Une façade, face à la mer, a été créée pour marquer la présence de l’édifice mais aussi pour répondre aux besoins du programme.

03(@SChalmeau)_B.jpg «Nous devions placer un bureau face à la plage et lui offrir une vue horizontale. Nous avions obligation également de créer différents accès pour les locaux techniques et les espaces de stockage. Nous étions donc contraints de créer cette façade», explique l’architecte.

En pente - «comme pour donner l’impression d’un rocher» - et habillée d’azobé - un bois imputrescible utilisé également en référence à l’univers maritime des pontons et des cheminements -, la façade se fait discrète.

Restait à parachever l’ensemble non pas avec une double ou une triple peau mais avec du sable. A la «joie des ouvriers» et à grand renfort de pelleteuses, la dune a repris sa place par-dessus le bâtiment.

04(@THE)_S.jpgEncore fallait-il pérenniser cette présence sablonneuse et stabiliser les pentes. Pour ce faire, un «géo-textile» - une natte de coco - a été installé. A mesure du temps, il se décomposera. Pour l’heure, elle permet de «sculpter la forme de la dune» et laisse le temps à la végétation de se développer.

Le projet de THE est donc discret, à peine visible. Pour autant, rien de frustrant ! Après tout... Etre l’architecte de la nature... Rien de plus grisant !

Jean-Philippe Hugron

Fiche technique

Equipe : THE architectes : architectes mandataires / SERBA : BET structure et économie / Picard-Joré : BET fluides / Atelier Passerelle : paysagistes
Surface : 205,50m²
Coût : 339.936€ HT
Démarrage études : mai 2012 / Travaux : 8 mois / Livraison : mai 2014

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