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Mexique | La brutalité orthodoxe d'Alvaro Moragrega (04-02-2015)

Nom de code EGL1916. Une façade de briques côté rue, de béton et de verre côté cour. Le tout participe à la variété de ce quartier résidentiel de Guadalajara qui donne aussi bien dans l’arcade et la colonnade que la tour de béton. Son auteur, Alvaro Moragrega, architecte local, signe de remarquables appartements.  

Logement collectif | Brique | Mexique | Alvaro Moragrega

L’architecture latino-américaine connait un essor remarquable. Jusqu’à récemment, elle passait encore inaperçue. Des situations politiques et économiques difficiles mais aussi un manque de curiosité latent peuvent expliquer ce désintérêt.

La diffusion désormais facilitée de jeunes concepteurs, via notamment Internet, n’exclut plus cette partie du monde. Les projets présentés n’ont rien à envier à la production européenne.

Et pour cause, si l’enseignement est, sur place, particulièrement bon, les échanges avec l’Amérique du Nord et l’Europe enrichissent la pratique.

Alvaro Moragrega en est l’illustration. Né à Guadalajara, diplômé de l’Institut Technologique et d’Etudes Supérieures de l'Ouest (Instituto Tecnológico y de Estudios Superiores de Occidente), autrement dit de l’Université jésuite de la ville, il a profité d’une bourse d’étude de l’Université Polytechnique de Catalogne via un programme d’échanges ibéro-américain.

La parenté n’est plus à démontrer ; les similitudes entre péninsule ibérique et Amérique latine s’alimentent à force d’échanges.

Ceci étant dit, l’architecture d’Alvaro Moragrega n’en est pas moins sensible au lieu. Dans sa ville natale, il livre en plein coeur de la Colonia Americana un immeuble de cinq niveaux «inspiré des constructions industrielles de l’entre-deux-guerres».

02(@JaimeNavarro)_B.jpgLarges baies vitrées et briques participent de l’imaginaire d’une architecture laborieuse révolue.

«La façade principale s’organise à partir d’un ordre abstrait - orthodoxe - de pleins et de vides qui ne suit aucun ordre constructif», explique-t-il.

Côté rue, les ouvertures sont dans de sobres proportions. Elles sont protégées par des jalousies de métal perforé de croix qui paraissent tomber. «Elles évoquent ces figures que l’on retrouve dans les maisons proches de l’Escuela Tapatía», affirme Alvaro Moragrega. Face à la force et à la puissance du projet, cette coquetterie tranche pour ne pas dire jure un peu.

«A l’intérieur, une cour privée organise les circulations. Cet espace protégé par de hauts murs se retrouve à l’ombre d’un arbre dûment conservé. Une tour de béton enserre l’ascenseur et les escaliers parachèvent la composition de la façade nord en desservant de larges coursives qui sont autant de balcons que de points de vue vers l’extérieur», poursuit-il.

03(@JaimeNavarro).jpgLes appartements sont modulables. Le plus petit est un studio de 60m². Les unités peuvent se réunir à l’horizontale comme à la verticale. «La structure a été pensée en vue d’éliminer tous les murs intermédiaires ainsi qu’une partie des dalles entre les étages afin de former de grands appartements en simplex ou en duplex avec des doubles hauteurs sous plafond», précise-t-il. Bref, de quoi pouvoir faire évoluer le projet à mesure des besoins de ses occupants.

«Toute la structure de l’édifice est en béton armé. Elle est habillée de murs en briques qui ont servi de coffrage», souligne-t-il. Voilà qui rappelle Fernand Pouillon et son usage de la pierre dans les immeubles du Vieux-Port de Marseille.

04(@JaimeNavarro)_B.jpgEnfin, pour parfaire le côté industriel - jamais les mots ‘loft’ ni ‘tendance’ ne sont prononcés -, «les appartements s’organisent avec un minimum d’éléments en verre qui contrastent avec les murs et les sols en bois de pin», explique Alvaro Moragrega.

Jean-Philippe Hugron

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Erratum : crédit image : cantin-planchez-DR


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