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Présentation | Sur les pavés, une crèche signée DDA (14-01-2015)

Des pavés de verre ! Pour «abriter et protéger sans enfermer», lance David Devaux. La mission a des allures de slogan improbable et pourtant... Rue du Guignier, dans le XXe arrondissement de la capitale, l’agence DDA présente une crèche livrée fin 2014 aussi ouverte que fermée. Depuis certains angles, l’édifice s’appréhende telle une masse de béton. A l’opposé, il dévoile une large façade vitrée. Le tout offert à de petiots parisiens !

Education | 75020 | David Devaux

Une crèche en France, à Paris... Rien d’évident ! Au casse-tête, David Devaux a répondu par un volume de béton simple que le PLU vient toutefois déhancher.

«Il fallait pour ce dessein ne pas donner dans l’expérimentation», prévient l’architecte. Le nombre de projets dédiés à la petite enfance, dans la capitale, amène les maîtrises d’ouvrage à se détourner de l’innovation. A quoi bon, après tout, renouveler le genre ? Les bonnes solutions sont éprouvées et ne nécessitent pas de sempiternelles mises à jour.

Ce n’est donc pas une architecture pour la bonne figure de la nouveauté qu’a livrée DDA. Bien au contraire. Le discours de David Devaux souligne même quelques permanences, notamment sur une matérialité qu’il désigne comme étant «brute finie».

«Cela fait partie des thématiques de l’agence. Nous souhaitons des bâtiments pérennes et nous travaillons en conséquence sur des matériaux bruts afin d’éviter tout capotage et bardage», explique-t-il.

02(@JoanBracco)_B.jpgLa cohérence d’une pratique trouve également sa traduction dans une quête d’harmonie. 

«Nous avons travaillé une mono-matière en vue de participer à la déclinaison minérale proposée par l’architecture faubourienne», affirme l’homme de l’art.

Au coeur du XXe arrondissement, le tissu est par ailleurs particulièrement dense et la parcelle spécialement exiguë. 

La crèche, qui plus est, n’utilise pas toute la surface du site pour proposer un espace de plein air aux enfants.

Sur trois niveaux, l’équipement, pour éviter un mélange des flux, s’ouvre, aux premier et second étages, sur balcons et terrasses afin que tout bambin puisse bénéficier d’un accès vers l’extérieur.

Un léger déhanché caractérise la façade. La faute au PLU. «Il y avait un arbre qui nous imposait cette forme pour le protéger. Malade, on a dû finalement l'abattre. Un autre sera replanté en lieu et place», explique l’architecte.

Côté sud, des vis-à-vis en coeur d’ilot ont obligé l’agence à concevoir un dispositif à même d’apporter de la lumière sans pour autant proposer des vues directes. Alors ? Des pavés de verre !

05(@JoanBracco)_B.jpgL’idée est reproduite côté rue pour parfaire l’identité de l’équipement. De ce côté, ont été placées les salles de sommeil. En tout et pour tout, 66 berceaux.

«La pavé de verre circulaire vient de l’idée de perforation. C’est une réinterprétation directe du 'trou'», s’amuse David Devaux.

Pour que le monolithe de béton puisse, de loin, comme de près, «vibrer», une trame régulière alterne ces pavés à des ronds «aveugles» - produits d’une matrice - qui animent la façade par quelques effets d’ombre.

04(@DR)_B.jpgUn porte-à-faux vient également suspendre l’effet de masse en plus «de dilater le trottoir». «Nous aurions pu descendre et nous positionner à l’aplomb des limites de la parcelle. Nous avons toutefois tenu à offrir une zone d’entrée à l’équipement», souligne David Devaux.

Ainsi, chaque intention à son explication tantôt technique, tantôt logique... Mais aussi, il ne s’en cache pas, tout simplement... «par goût».

Jean-Philippe Hugron

03(@JoanBracco)_S.jpgFiche technique

Programme : construction d’une crèche collective de 66 places avec un logement de fonction
Maîtrise d’oeuvre : David Devaux architecte mandataire, Marie Fernandez chef de projet
Mission : Mission de base + HQE 
Surface : 1.032m² SHON
Coût des travaux : 3,5M€ HT

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