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Livre | Trésors liégeois (10-12-2014)

De Liège, nombreux sont ceux à en retenir la bruxellisation, en d'autres termes sa modernisation effrénée assimilée à du vandalisme. D'autres n'en ont l'image que de la prodigieuse gare de Santiago Calatrava. La cellule architecture de la Fédération Wallonie-Bruxelles a fait paraître un guide d'architecture* dont nous vous livrons quelques extraits inédits.

Belgique

Toutes ces fiches et photographies sont extraites du Guide d'architecture moderne et contemporaine à Liège, présenté par la Cellule architecture de la Fédération Wallonie-Bruxelles, en coédition avec Mardaga*.

Extension du Trésor de la Cathédrale de Liège, 2009 - Centre d'interprétation
Adresse : Rue Bonne Fortune, 4 | 4000 Liège
Architectes : Association momentanée Atelier d'architecture Beguin-Massart (Aloys Beguin, Brigitte Massart) / Anne-Michèle Janssen

02(@ElodieLedureFWB)_B.jpgLes combles des ailes ouest et sud du cloître de la Cathédrale (XIIIe-XVe siècles) accueillent les nouveaux espaces du Trésor. Or, si les combles de l'aile sud avaient déjà connu une amorce d'aménagement dans les années 1990, tout était à faire dans l'aile ouest : la restauration complète de la toiture ainsi que la stabilisation des maçonneries et des voûtes.

Le projet des architectes Beguin-Massart-Janssen participe simultanément à répondre à la demande muséographique et à arrêter la déformation du bâtiment (hors plomb de 30cm). La nouvelle dalle qui forme le sol de la salle d'exposition dans les combles de l'aile ouest sert ainsi de diaphragme à la charpente. La dalle est soutenue par des poutrelles sous-tendues fixées au droit de chaque ferme.

Les poutrelles nombreuses, mais de petite section, ont facilité le chantier et donnent à présent aux visiteurs qui empruntent la salle la sensation de flotter dans ce vaisseau inversé. La dalle est liaisonnée à la nouvelle tour d'escalier de secours épaulant la façade place Saint-Paul seulement par des butons. La tour est sinon tout à fait désolidarisée et joue le rôle de contrefort unique.

L'escalier de secours en acier Corten qui s'y trouve révèle une prouesse de chantier : il a été réalisé en une pièce en atelier, puis glissé dans la tour. Muni d'un garde-corps central qui joue le rôle de poutre et d'un seul limon latéral ancré aux voiles de béton par scellement chimique, il évite tout contact avec le mur existant. La restauration des combles de l'aile est et de l'articulation sud-est est programmée en 2015.
[Audrey Contesse] Notice n° A16 (page 68).

Forum de Liège, 1921-1922 - Salle de spectacles
Adresse : Pont d'Avroy, 14 et rue du Mouton Blanc, 18-20 | 4000 Liège
Architecte : Jean Lejaer
Artiste-plasticien : Joseph Gérard
Rénovation et restauration : Harry Natowitz et Pierre Sauveur, 1987-1989 / Triangle Architectes (Bernard Adam, Thierry Moxhet, coll. Pascal Jacques), 1995-2001
Artiste-plasticien : Fernand Flausch

03(@ElodieLedureFWB)_S.jpgDoté d'une salle de trois mille places modernisée pour le cinéma en 1955 par la Metro-Goldwyn-Mayer, ainsi que d'une brasserie en sous-sol de neuf cents places, la Feria, transformée en cinéma Churchill en 1947, le Forum développe un programme décoratif exceptionnel.

Par leur diversité, les staffs polychromes peints (salle, péristyle et accès), restaurés par Daniel Menchior, sont comparables à ceux des grands théâtres américains de Los Angeles (Wiltern Theater, Pantages Theater) et du mythique cinéma Eldorado de Bruxelles (Marcel Chabot, 1931-1932).

L'ornemaniste verviétois Joseph Gérard multiplie les modénatures géométriques relevant typiquement de l'Art déco, associées à des motifs classiques : palmettes, perles, oves, feuilles d'acanthe, couronnes de roses (luminaires en applique), frises de fleurs et guirlande de feuillage de chêne et de laurier (garde-corps), masques (manteau d'arlequin de la scène), bas-reliefs mythologiques (mezzanines), etc. Quinze mille ampoules éclairent frises, moulures, plafonniers, etc.

Enfin, principal élément de décor des accès, l'ensemble des trois cent quatre-vingt six panneaux de vitraux (verrières en plafonnier) s'impose d'emblée, tant par la qualité de sa composition que par la diversité chatoyante des verres mis en oeuvre, restaurés par Jean-Marc et Claudine Pirotte. Alors que l'accès principal, reconstitué en 1989, est aménagé dans un immeuble existant rue Pont d'Avroy (1891), la grande façade est composée par l'architecte Jean Lejaer.

Cantonnée au rez-de-chaussée de pilastres en granito rouge foncé, la partie supérieure, entièrement cimentée, est sculptée de motifs floraux et, sous la corniche, d'une frise comportant dix personnages allégoriques en bas-relief symbolisant les spectacles (danse, lutte, musique, etc.).

Au premier étage, une large baie en anse de panier est ornée, en 1992, d'un vitrail de Fernand Flausch, serti dans la ferronnerie d'origine. Sur le plan structurel, la toiture en béton de la salle repose sur les murs gouttereaux sans supports intermédiaires. Le plafond est constitué d'un réseau orthogonal de poutres et de dalles en caisson, suspendu à des poutres transversales en béton armé, à hauteur variable, à la manière d'arcs bow-string.
[Jacques Barlet] Notice n° A12 (pages 64-65).

Siège de CMI - L'Orangerie, 2008-2014 - Bureaux
Adresse : Esplanade Kuborn | 4100 Seraing
Architectes : Reichen et Robert & Associés (Marc Warnery, N. Ghorbal, A. Defer, coll. C. Déodati, S. Gellez, C. Regnier)

04(@ElodieLedureFWB)_S.jpgDès l'entrée de la ville de Seraing, en cours de réaménagement (15.000m²), le projet de regroupement du personnel travaillant dans la région liégeoise pour la société CMI (Cockerill Maintenance Ingénierie) annonce la profonde mutation avec un immeuble de bureaux de près de 8.250m².

Côtoyant le château Cockerill déjà investi, en lieu et place des anciens ateliers de défense démolis partiellement, l'agence française Reichen et Robert & Associés réalise un corps bâti qui joue de glissements et décalages. En respect de l'ancien édifice du XVIIIe siècle, il s'abaisse au nord pour se soulever au sud et projeter vers la ville un volume en console. La figure dégage une esplanade couverte intégrée à la place Kuborn réaménagée.

L'espace public s'étire jusqu'au patio central, puits de lumière qui éclaire les bureaux organisés autour. Un mur existant est conservé pour prendre appui ainsi qu'une partie des verrières en sheds, sous lesquelles le nouvel équipement se glisse.

Devant une façade composée de panneaux en aluminium anodisé et de vitrages clairs fixes est étirée une seconde peau en aluminium anodisé or. Perforée à 50% suivant un motif de briques, elle forme un brise-soleil pour le confort des usagers. Chatoyant au gré de la lumière, ce bâtiment respecte les prescriptions de la démarche HQE (Haute qualité environnementale). L'ensemble est baptisé 'L'Orangerie', en référence à l'ancien jardin du château, alors considéré comme l'un des plus beaux d'Europe.
[Rafaël Magrou] Notice n° L11.

Maison Sequaris, 1971-1973 - Habitation unifamiliale
Adresse : Rue de l'Egalité, 289 | 4630 Soumagne
Architecte : Jacques Sequaris

05(@ElodieLedureFWB)_B.jpgJacques Sequaris, proche collaborateur de l'architecte Charles Vandenhove, construit ici sa propre maison d'habitation dans la campagne de Soumagne. Caractérisé par les lignes de la toiture et des pignons en gradins, le volume s'inscrit tout en harmonie dans la pente du site.

La maison est archétypale, la palette des matériaux réduite et en tonalités de gris (blocs de béton, béton coulé sur place, briques de verre, zinc) ; la vérité constructive est souveraine dans l'écriture architectonique. Le plan et la coupe sont basilicaux. Les espaces intérieurs sont monacaux, calmes, intériorisés par les écrans de briques de verre.

Ce projet est parent des maisons de Saint-André en 1969 et Wuidar à Esneux en 1974, conçues par Charles Vandenhove. En 1979, dans la même rue (n° 298), l'architecte décline la démarche conceptuelle dans la maison Charlier, sur plan carré.
[Aloys Beguin] Notice n° J32 (page 319).

Maison Mozin, 1957-1958 - Habitation unifamiliale
Adresse 
: Rue de Campine, 402 | 4000 Liège
Architecte : Jules Mozin (Groupe E.G.A.U.)

06(@ElodieLedureFWB).jpgLa maison de l'architecte Jules Mozin est l'une des plus célèbres réalisations liégeoises de l'après-guerre, pour son architecture d'avant-garde et par sa visibilité dans le contexte urbain.

Sa parcelle termine une enfilade de maisons traditionnelles entre mitoyens, s'ouvrant sur une vue plongeante vers le centre-ville et le vaste parc en pente, dessiné aussi par l'architecte, dans un projet inachevé de logements implantés en espaliers et dont la résidence de Gueldre, en vis-à-vis, est l'unique concrétisation (coll. ingénieur Bagon).

En plan, la construction forme un rectangle de 13m sur 10,80m, encastré dans le terrain en forte pente. Elle présente trois niveaux à rue et quatre vers le jardin. Le jeu de pleins et de vides, l'alternance des surfaces et des matériaux, la finesse de la structure, ainsi que le réglage élégant des proportions, contribuent à mettre en valeur le graphisme abstrait et spectaculaire de sa composition.

L'articulation intérieure se développe autour de la cage d'escalier, placée au coeur du volume. Le logement de l'architecte est au premier étage, le niveau à rue contient un grand hall vitré, le garage et un petit bureau. La scénographie de l'accès depuis la rue permet de cadrer la vue vers la ville. Au niveau le plus bas, face au jardin également dessiné, se trouvent un petit appartement pour le père de l'architecte ainsi que des espaces techniques. Une grande toiture-terrasse complète le dispositif spatial, opérant le raccord avec le bâtiment voisin et traitant la volumétrie globale, par un travail d'allégement de la masse qui marque la frontière entre le bâti et le parc.

La construction est en ossature métallique, technique peu habituelle dans l'habitat urbain, dont les façades sont réalisées avec des panneaux de remplissage légers. Cette technique est récurrente dans le travail de Jules Mozin, surtout dans le petit pavillon d'accueil de la cité d'habitations de Droixhe (1955, démoli en 2003), qui anticipe une série de solutions adoptées ici. Ce projet connaît un important succès médiatique. Publiée dans plusieurs revues internationales d'architecture, c'est l'une des rares oeuvres d'architecture d'après-guerre ayant bénéficié en Wallonie d'un classement comme monument (2011).
[Maurizio Cohen] Notice n° H5 (pages 234-235).

Eglise Saint-Vincent, 1928-1930 - Eglise catholique
Adresse 
: Avenue Mahiels | 4020 Liège
Architecte : Robert Toussaint

07(@ElodieLedureFWB)_S.jpgEn 1928, un concours est organisé par la Ville de Liège en vue de remplacer l'ancienne église paroissiale Saint-Vincent par un édifice spacieux et prestigieux pour l'Exposition internationale de 1930. Malgré le caractère contraignant du projet - des délais très courts et un budget restreint -, l'architecte liégeois Robert Toussaint remporte les suffrages et inaugure, le 15 juin 1930, sur un îlot verdoyant de Fétinne, son premier édifice religieux.

De plan central, le sanctuaire évoque le transept de la basilique du Sacré-Coeur (Koekelberg) à Bruxelles (Albert Van Huffel, 1925-1970) par un vaste volume octogonal couvert d'un dôme à galerie ajourée, d'un lanterneau et d'une croix, mais s'en éloigne avec un choeur et une nef peu profonds, jouxtés par deux chapelles et quatre semi-coupoles intermédiaires à pignons pointus. L'église est précédée d'un parvis et d'une monumentale arcade en plein cintre, exécutée dans un béton immaculé à l'emplacement exact de l'entrée de l'Exposition de 1905.

Le portail à linteau droit et les deux portes piétonnes sont exhaussés d'un auvent, d'un vitrail à lancettes Art déco, détruit durant la Seconde Guerre mondiale, et d'un campanile. Bien que de style néo-byzantin, cette construction témoigne de la nouvelle exploitation des ressources modernes en architecture : les nombreuses études techniques préalables imposent ainsi de la faire reposer sur des charges verticales (225 pieux Franki) et d'utiliser, pour la première fois à Liège dans un édifice religieux, les qualités du béton armé, associé au ciment et à la pierre liquide, tant par souci d'économie que de sécurité.

En 1966, les coupoles sont couvertes de 16 tonnes de feuilles de cuivre, remplaçant la couleur vert-de-gris appliquée initialement sur le béton.
[Stéphanie Reynders] Notice n° E13 (page 187).

E.V.S., 1997-1998 - Bureaux
Adresse : Rue Bois Saint-Jean, 16 | 4102 Ougrée (Seraing)
Architectes : Dethier Architecture (Daniel Dethier, coll. Mauro Baccarini)

08(@ElodieLedureFWB)_S.jpgLeader pour l'enregistrement d'images sur support informatique, la société locale EVS, créée en 1994, cherche à bénéficier d'un cadre de travail adapté à ses ambitions de croissance et susceptible de générer une image singulière et dynamique. Daniel Dethier conçoit ce que l'on peut considérer comme l'un des édifices les plus remarquables du Parc scientifique (Science Park) de l'Université de Liège.

L'ensemble des bureaux, laboratoires, salles de réunion, zones de stockage et espaces sociaux est logé dans un volume entièrement vitré, posé sur un socle massif en petit granit abritant, dans un plan rectangulaire, modulable et extensible, un seul plateau de bureaux. Pour assurer la stabilité de l'édifice, l'architecte a développé une structure en lamellé-collé, qui se distingue par l'emploi de très fines colonnes taillées en pointe en leurs bases et sommet. Les efforts latéraux sont repris par des contreventements en inox implantés à l'extérieur.

Le bâtiment est ouvert sur le paysage, intégrant l'usage du bois dans sa réalisation et, surtout, d'une grande toiture végétale débordante, destinée à réguler l'apport calorifique du soleil, le régime des précipitations et leurs nuisances sonores. Autre élément remarquable : l'antenne parabolique, réalisée en collaboration avec l'ingénieur Laurent Ney, fabriquée dans un tronc de pin Douglas d'une hauteur de 24m. Sur le même parcellaire, l'architecte est également l'auteur des installations de la firme VSE, spécialisée dans la fabrication de composants pour ordinateurs.
[Pierre Henrion] Notice n° I18 (page 285).

Maison-sculpture, 1967-1968 - Habitation unifamiliale
Adresse :
Aux environs de Liège
Jacques Gillet (architecte), René Greisch (ingénieur-architecte), Félix Roulin (sculpteur)

09(@ElodieLedureFWB)_B.jpgConstruite en partenariat avec René Greisch en tant qu'ingénieur-conseil et le sculpteur Félix Roulin qui travaille sur les développements formels, la maison du frère de l'architecte constitue un fait exceptionnel, un acte de résistance dans le contexte architectural belge.

La radicalité de son expression organique lui confère le statut de sculpture(s) habitable(s). En plan, elle se présente comme une structure multifocale. Quatre foyers se dégagent au sud (séjour), à l'est (bureau, vestiaire, chambre et salle de bains), à l'ouest (salle à manger et cuisine) et au nord (chambres des enfants et salle de bains). Si le sol et les deux cheminées ont été construits selon des techniques conventionnelles, les murs ont été réalisés avec du béton projeté sur une fine maille d'acier, par un procédé de gunitage utilisé à l'époque pour la réparation des hauts-fourneaux.

L'aspect extérieur est dominé par le jeu libre des voiles de la toiture et des façades qui s'incurvent à la manière de rubans. Les courbes sont fermes et nerveuses. Entre les murs se dégagent les embrasures comblées par des vitres fixées à même le béton au moyen de silicone transparent. Les fonctions d'éclairage et de ventilation ne se recoupent que très peu : seuls pivotent de petits ouvrants dont le châssis est monté sur d'épaisses lames de verre. Pour assurer l'isolation intérieure, l'architecte a fait revêtir l'ensemble des murs de polyuréthane projeté laissé apparent ; sans aucune contrainte imposée à son expansion, la mousse présente une texture, une couleur et des reliefs uniques.

Cette disposition contribue à conférer à l'espace une grande cohérence, encore renforcée par la quasi-absence de portes et d'escaliers : on est conduit d'un niveau à l'autre par des rampes en faible pente. Reconnue à l'international, révélant une attitude proche de Frederick Kiesler (Endless House), d'André Bloc et Jacques Couëlle en France, la maison-sculpture reste la construction majeure de Jacques Gillet qui a préférentiellement consacré sa carrière à l'enseignement à Liège et à la recherche appliquée.

L'influence de la pensée organique de l'architecte américain Bruce Goff - rencontré par Jacques Gillet après un voyage en 1963 sur les traces de Frank Lloyd Wright aux Etats-Unis -, invité en conférence à Liège, est manifeste ; elle trace un sillage dans lequel des architectes locaux s'inscriront (Henri Chaumont, Eric Furnémont, Bernard Herbecq).
[Pierre Henrion et Thomas Moor] Notice n° G15 (pages 226-227).

* Guide d'architecture moderne et contemporaine à Liège ; Editions Mardaga avec la Cellule architecture de la Fédération Wallonie-Bruxelles, 17x24cm ; 400 pages ; 35€

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