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Présentation | d'Houndt + Bajart font trois bandes à part (17-09-2014)

La médiathèque Andrée Chédid de Tourcoing étonne. Une maison de briques et son extension contemporaine couverte d’alvéoles animent le paysage d’un quartier ANRU en cours de transformation. Livré en octobre 2013, l’équipement mêle les enjeux techniques : une pile de pont, la disparition des fenêtres, un porte-à-faux, une portée invisible...

Culture | Bois | Tourcoing | d'Houndt + Bajart

Trois bandes horizontales qui se déhanchent. Au loin, elles intriguent. Il n’y avait, ce jour-là, pas une minute pour aller voir cette étrange structure alvéolaire, cette ruche anguleuse et blanche, audacieuse, derrière les arbres.

L’étrange édifice est entre-temps oublié. Enfin, lors d’une matinée du mois de septembre, il réapparait sur une photographie signée Julien Lanoo. 'Médiathèque Andrée Chédid', précise la légende. Ses architectes : Vincent d'Houndt, Bertrand Bajart.

Les deux associés ont leur bureau à Tourcoing. C’est en voisins qu’ils ont conçu la médiathèque. En conséquence, la proposition sur dossier était précise quant à l’observation du contexte. «Nous avons passé des heures à regarder le site», soutient Bertrand Bajart.

«Il y avait également un projet paysagé de Jacqueline Osty. Nous avions, entre les mains, plans et élévations d’un environnement qui n’était pas encore construit. L’espace, tel qu’il était imaginé, était très minéral et marqué par un gradin. Notre projet s’inscrit dans sa continuité», explique l’homme de l’art au Courrier de l’Architecte.

Les marches à l’extérieur forment un auditorium à l’intérieur. La médiathèque se pose sur le site pour épouser la topographie artificielle imaginée par la paysagiste. «La place rentre dans le projet», renchérit l’architecte. L’idée fait mouche. Le dessin est accepté.

L’édifice mêle également extension contemporaine et reliquat industriel. Les architectes devaient conserver l’ancienne conciergerie des usines textiles autrefois implantées sur le site ainsi qu’un mur de briques.

«Il fallait que notre proposition pénètre dans le bâtiment ancien», assure Bertrand Bajart. Aussi, la nouvelle construction s’affirme par une écriture qui contraste avec l’existant sans pour autant entrer en dissonance.

02(@JulienLanoo)_B.jpg«Les alvéoles relèvent d’une ambition architecturale. Nous ne voulions pas d’un système classique. Notre but était de proposer un seul ensemble et d’afficher une vérité constructive», résume l’architecte.

Un travail graphique, certes, mais aussi une étude technique : la façade, en bois, est porteuse. Bertrand Bajart ne tarit pas de détails pour expliquer le dispositif. «A l’origine, nous avons travaillé trois options : BFUP, acier et bois. Ce dernier nous permettait d’avoir une tenue au feu et d’être performant sur la thermique», précise-t-il.

Le choix n’a pas été sans débat. «C’était la première fois que nous travaillions avec Robert-Jan Van Santen. Les discussions avec lui nous ont ramené à l’essence du projet», dit-il. L’ingénieur, qui travaille notamment sur les desseins de Zaha Hadid, a proposé son expertise sur le projet.

«Nous cherchions également à uniformiser le bâtiment, lui donner un aspect monolithique. Suite à nos échanges avec le bureau d’ingénierie, nous avons opté pour un habillage en résine», indique Bertrand Bajart.

03(@JulienLanoo).jpgL’architecte s’évertue alors à citer quelques exemples : un restaurant universitaire à Karlsruhe ou encore l’ensemble Metropol Parasol à Séville. Leur point commun : Jürgen Mayer. «Il a compris l’intérêt de ce matériau qui offre de nombreuses possibilités. En France, sa mise en oeuvre est compliquée ; les bureaux de contrôle freinent», soupire-t-il.

«Nous nous heurtons à l’impossibilité d’appliquer une résine à cause de classement au feu ou de réglementations diverses liées à la taille de l’équipement», poursuit-il avec regret.

04(@JulienLanoo).jpgRééditer l’exploit ? «L’architecture est faite d’accidents, de pistes et de recherches. Ce projet en est le produit», sourit-il.

Pour l’heure, l’agence travaille sur d’autres défis, un «enduit structuré», notamment, qu’une entreprise spécialisée dans la confection de rochers artificiels pour les zoos réalise. «Nous cherchons des potentialités à des matériaux traditionnels», souligne Bertrand Bajart.

Aller plus loin que le colombage ou la brique... «Il y a matière à explorer», conclut-il.

Jean-Philippe Hugron

05(@JulienLanoo)_B.jpgFiche technique

Programme : Médiathèque
Lieu : Tourcoing, Nord
Maitrise d’ouvrage : Ville de Tourcoing
Maitrise d’oeuvre : d’Houndt +Bajart architectes&associés
BE Façades : VS-A, Ingénierie de l’enveloppe
Surface : 920m²
Coût des travaux : 2.376.500€ HT
Etudes : 2010-2012
Livraison : octobre 2013

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