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Brève | 'Green Cascade' - 100 logements à Lyon : l'îlot revisité (25-06-2014)

Lyon 3e. En lieu et place d'une ancienne fabrique de petite métallurgie, l'Atelier de la Passerelle a conçu 'Green Cascade', projet comptant 100 logements, réceptionné en ce début 2014. L'ensemble bâti - cinq bâtiments R+2 - se développe en un système proposant une alternance de pleins et de vides, autour d'un jardin en cascade. Communiqué.

Lyon | Atelier de la Passerelle

Le projet rassemble 100 logements sur une grande parcelle de 4.000m² dans le troisième arrondissement de Lyon. Elle occupe la partie nord d’un îlot urbain de type faubourg, caractérisé par des architectures hétérogènes par leurs programmes, leurs formes, leurs épannelages ou la date de leurs constructions.

L’opération prend la place de l’ancienne usine Keller-Dorian (1895-1928-1960) démolie, fabrique de petite métallurgie pour la gravure sur métaux, destinés en particulier aux rouleaux nécessaires à l’impression des tissus. Le projet propose, à l’observation des règlements d’urbanisme, une nouvelle écriture de l’îlot qui, par une alternance de pleins et de vides réussit à maintenir un front urbain sur rues tout en préservant un coeur paysagé visible et traversant.

Cet important programme est réparti dans cinq bâtiments de petite taille, installés dans un jardin en cascade. L’architecture sobre et unitaire s’accorde avec l’ambiance douce et harmonieuse des espaces extérieurs.

02(@Jerome Ricolleau).jpgFront urbain, coeur paysagé

Le règlement de la zone URM, définie par le Plan Local d’Urbanisme du Grand Lyon, suggère un principe de forme urbaine d’îlot totalement renouvelé. L’îlot traditionnel est un îlot fermé dont les façades continues créent un front linéaire et libèrent un espace central, isolé de la rue. Le principe de la zone URM, au contraire, s’appuie sur une alternance de bâtis et de vides. Il maintient un front urbain de centre-ville avec des vues cadrées et mises en scène sur un coeur d’îlot paysagé.

Deux ambiances caractéristiques se répondent et se complètent : l’urbaine, côté rues, la paysagée au coeur. La lumière rentre dans toute l’épaisseur bâtie, proposant un large éclairage naturel dans chaque plot. L’autre particularité de ce règlement est de pouvoir construire l’espace central. Le projet est formé de cinq plots dont quatre sur les trois rues (Antoine Charial, Saint Eusèbe et de l’Espérance) et un de petite hauteur et sans attique dans le jardin.

Une différence significative de niveau (4m) entre est et ouest conduit à utiliser certains dispositifs : un soubassement et un jardin en restanques.

03(@Jerome Ricolleau).jpgLe logement collectif aujourd’hui, terrain de la mixité

Les logements se répartissent dans cinq plots. Ils sont conçus sur le schéma de séparation jour / nuit, privilégient systématiquement une double orientation dont une au sud et sont composés de grandes pièces facilement aménageables et équipés de grands balcons.

Si les quatre immeubles sur rue sont à peu près similaires en terme de granulométrie, l’immeuble en coeur d’îlot repose sur d’autres principes : son programme ne comporte que des T2, accessibles par des coursives et escaliers, couverts d’une toiture en acier. Construit en R+2, sa façade rappelle celles des attiques avec une peau constituée de tasseaux de mélèze. Malgré leur petite taille, les appartements profitent aussi de grands balcons, marque de fabrique du projet.

Le bâtiment A, lui, est destiné à la location. Issu du PLU, l’attique, le rêve de la maison sur le toit, est un principe de construction du ou des derniers niveaux en retrait de la façade. Il a l’avantage de minimiser la hauteur du bâtiment depuis la rue, de pouvoir occulter les éléments techniques logés en toiture et de dégager de grands balcons filants. Les derniers niveaux deviennent de véritables maisons sur le toit, bénéficiant de vues dominantes.

Les appartements sont prolongés par de vastes terrasses en lames de bois posées sur plots. Leur confortable largeur de 2m en fait de véritables salons extérieurs.

07(@Jerome Ricolleau)_B.jpgJouer avec peu d’effets

Dans ce contexte, les architectes ont opté pour un projet non ostentatoire, peu bavard. L’écriture architecturale et les formes sont simples. «Le luxe, c’est l’espace», garant du confort des habitants. Le projet utilise peu de matériaux mais des matériaux nobles mis en oeuvre avec soin et soucis du détail.

La composition des bâtiments s’articule autour de trois strates : d’abord, un socle en béton matricé et teinté, formé par une matrice en résine dessinant des éléments verticaux, ce qui lui donne de la dynamique, accentuée par un joint creux. L’horizontale absorbe les dénivelés. Ensuite, ce rez-de-chaussée porte le corps constitué de deux niveaux en béton simplement enduit. Enfin, il y a un couronnement en attique simple ou double, recouvert de tasseaux de bois posés et réglés verticalement suivant 50% de vides et de pleins pour respecter les règlements incendie.

Sur rues, les grandes ouvertures répétitives de 210x240 rappellent la typologie de l’ancienne usine. Sur cour, le choix des matériaux et leurs assemblages créent un effet graphique délicat. Un jeu de lignes s’entrecroise entre les garde-corps en métal déployé, les brise-soleil horizontaux, le bois des façades et celui des terrasses.

06(@Jerome Ricolleau)_B.jpgLe jardin en lanières redessine le parcellaire du quartier

Le jardin est un des éléments clés du projet. Conçu et réalisé par l’Atelier Anne Gardoni, il est ordonné sur l’ensemble de la parcelle suivant un principe de lanières qui suit l’urbanisme de faubourg du quartier.

Trois principes guident sa conception : d’abord, l’optimisation des failles, plantées d’arbres de haute tige et visibles de la rue, crée un contraste fort entre architecture et nature. Puis, l’aménagement en lanières propose différentes matières et différents usages et absorbe le dénivelé de 4m en créant des restanques et libérant des salons extérieurs en platelage bois. Enfin, les espaces interstitiels entre halls d’immeubles et rue sont traités comme des 'courettes' avec des plantes grimpantes et tapissantes et un sol pavé.

Dans la continuité d’un paysage en lanières, les toitures sont végétalisées et plantées de sédum. L’harmonie des matériaux choisis dégage une ambiance douce et apaisante pour un îlot très calme.

04(@Jerome Ricolleau)_B.jpgFiche technique

Programme : 100 logements répartis comme suit : 15 T1, 37 T2, 32 T3, 14 T4, 2 T5
Maître d’ouvrage : Cogedim Grand Lyon
Architecte : Atelier de la Passerelle
Maître d’oeuvre EXE : Gebat
Economiste : Philippe
Etudes de sol : Fondaconseil
Ingénieur Fluides : Betics
Ingénieur B.A : Matte
Bureau de contrôle : Socotec
SPS : Socotec
Paysagiste : Anne Gardoni
SHON Totale : 6.280m²
Coût : 4.465.000€ TTC

05(@Jerome Ricolleau)_B.jpg

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