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Présentation | A Massy, la rue e(s)t mon jardin (25-06-2014)

«Je préfère les émotions liées aux ambiances», assure Dominique Petermüller. «Je suis heureuse de voir la beauté du trajet pour me rendre à l’atelier. Le moment est magnifique et inoubliable», explique-t-elle. Aussi, chaque projet urbain est l’occasion de développer une expérience sensible à partir de «formes reposantes». En guise d’exemple, Massy.  

Urbanisme et aménagement du territoire | Massy | Dominique Petermüller

La rue e(s)t mon jardin

Ampère, comme les trois autres quartiers, est une reconstruction de la ville sur elle-même. En 2005, à la sortie du RER ou de l’autoroute, l’ambiance d’Ampère est rude : quelques grands tracés - Ampère, Baudot, Galvani - adaptés aux camions sonores, surdimensionnés pour les rares piétons et habitants du foyer Sonacotra ; un paysage d’enrobé, de clôtures et de vastes portails, infranchissables sans badge et dépose de la carte d’identité, pour protéger des édifices de recherche, monumentaux dans leur horizontalité ; des parcelles closes de cinq à huit hectares, çà et là quelques arbres, un jardin et des horizons barrés par les voies ferrées et les autoroutes.

Y habiter, c’était refaire les prises de vues sur le trajet depuis l’autoroute ou le RER ; garder l’horizon lointain sur le bois de Verrières au nord, les talus plantés au sud, les arbres de Palaiseau à l’ouest ; conserver les vues proches ouvertes et transformer l’enrobé des cours industrielles en jardins ; scander la lumière du soleil dans les rues, empêcher les immeubles de créer une barrière continue ; changer les couleurs suivant les saisons, passer des floraisons blanches, au jaune et rouge de l’automne, garder du vert et du marron en hiver.

Et puis encore, donner des jardins privés, des maisons et terrasses sur le toit, des balcons qui offrent une vie dehors en restant chez soi ; des bureaux et leur cafétéria sur le jardin et, face à l’école, un siège social. Et puis, faire déborder les plantes dans les rues, un échantillon de champ de graminées, un extrait de prairie, de vivaces, de maisons surannées... Quelques pincées d’un ailleurs pour rêver en allant travailler ou rentrer.

Des trottoirs comme les allées du parc botanique de Brooklyn, des pieds d’arbres plantés comme à Manhattan, des jardins privés, intimes et de petites échelles comme dans les quartiers des mégalopoles de l’est de l’Europe. Et encore, sur des copeaux de bois, les jeux aux clôtures tressées en osier pour les enfants, le skate piazza en béton 'peau de bébé' ou le basket, le parvis de l’école ou celui de la crèche... Enfin, presque tout aujourd’hui pour que la rue soit mon jardin, demain peut-être mon potager aussi.

Dominique Petermüller

Communiqué

Dans les années 60, à Massy, la zone industrielle des Champs ronds, en plein essor, a vu s’installer de grandes entreprises de pointe telles que Bull, Alcatel, Alstom, les PTT - plus tard France Telecom et La Poste - créatrices d’emplois, qui se sont développées jusque dans les années 90.

02(@ATP)_S.jpgDans les années 2000, l’évolution des modes de travail, l’obsolescence des locaux, une nécessaire modernisation incitent la ville à rechercher des moyens de fixer les entreprises présentes et d’en attirer d'autres. 

De nouveaux quartiers, dénommés Atlantis, devaient progressivement naître en lieu et place d’installations vieillissantes pour des activités de pointe.

Un axe de développement orienté vers la mixité d’usages logement / travail, dans une ville déjà très bien desservie par les transports en commun - deux gares RER, une gare TGV -, a été défini par la ville. 

Bécard et Palay, architectes urbanistes, ont traduit ces orientations dans un plan de référence repris par le PLU en 2003 afin de donner l’assise règlementaire aux changements à venir.

En 2005, Dominique Petermüller (au sein de panerai-petermüller), Pierre Gangnet et Jean Chéron ont été chargés par la Semmassy de définir les orientations de trois quartiers à créer. Ils ont élaboré une charte de qualité urbaine, architecturale et paysagère (développée en charte de développement durable), chaque quartier ayant sa propre identité.

Le fil rouge est mixité de logements et d’usages, tissu tertiaire et habitat, commerces et vie culturelle étant sur la place du Grand Ouest, confiée à Elizabeth et Christian de Portzamparc. Des conditions très particulières ont présidé à l’aménagement d’Atlantis. Les quartiers qui le composent, Paris Briis, Carnot et Ampère, ont été développés dans le cadre de trois procédures de ZAC, dites ZAC d’incitation.

03(@ATP)_B.jpgLa collectivité ne fait pas l’acquisition du foncier. La loi SRU permet de signer avec les opérateurs des conventions de participation qui précisent les conditions dans lesquelles ils contribuent aux investissements nécessaires à l’équipement de la zone. Les orientations urbaines, architecturales et paysagères, les densités et les programmes ont été proposés et contractualisés avec les sociétés foncières propriétaires des terrains.

Celles-ci ont ensuite cédé tout ou partie des terrains, dotés de leur convention de participation, à des promoteurs constructeurs. Atelier Petermüller, chargé de la conception du quartier Ampère, au sein d’Atlantis, a travaillé étroitement avec les différents acteurs pour définir le projet. Aujourd’hui, Ampère a franchi une première étape avec 136.153m² de bureaux et 1.600 logements habités.

De nouvelles entreprises se sont installées - Ericsson, Carrefour -, entraînant une vie tant le jour que le soir ou la nuit, dans un quartier mixte qui n’a rien d’une cité dortoir, tandis qu’Alstom a emménagé dans de nouveaux bureaux en rive du parc Ampère réalisé sur l’ancien jardin de l’entreprise. Ampère illustre la volonté de Dominique Petermüller de créer un quartier de ville-jardin à proximité de Paris qui soit attractive pour les classes moyennes.

04(@ATP).jpgLe fil rouge est l’apaisement à la descente du RER ou de la voiture, une rupture d’ambiance grâce à un environnement qui évolue au rythme des saisons, la multiplication des lieux de vie et de sociabilité à l’extérieur du logement, en balcon, terrasse ou dans la rue. 

Des rues jardins avec des compositions paysagères et un calepinage très travaillé, un grand jardin, le parc Ampère et un mail planté sur lequel se trouvent les jeux d’enfants, axe structurant du quartier, des jardins pour chaque immeuble d’habitation, des balcons, loggias, terrasses pour une appropriation par les habitants, un jardin privatif pour chaque rez-de-chaussée, des vues dégagées, des perspectives depuis la rue à travers les immeubles et leurs jardins... créent une ambiance particulière et diverse où la nature, très présente dans la ville habitée de Massy, s’étend et trouve dans ce nouveau quartier toute sa place.

Les espaces plantés ouverts, privés et publics, assimilent et relient la variété des architectures de logements, sociaux et en accession. L’implantation discontinue des immeubles, de quatre à sept étages, ne cherche pas à contredire ou à ordonnancer l’éclectisme architectural de notre période.

Chaque opération est confiée par lot de 80 logements environ à des architectes de talent. A ce jour, les logements du quartier Ampère sont habités. L’objectif de 1.600 logements construits, pour 4.000 habitants et de 136.000m² de bureaux, pour 3.000 salariés, en sept ans est atteint.

05(@ATP).jpgAvec Paris Briis et Carnot, les ingrédients d’un morceau de ville seront confortés par la place du Grand Ouest (atelier Elizabeth et Christian de Portzamparc) et les développements sur Ampère sud autour de l’arrivée du tram train en 2018 et plus tard du Grand Paris Express.

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