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Cahier Spécial - Biennale de Venise 2014

Rencontre | Les Emirats, jeunes et sans histoire ? (11-06-2014)

Rem Koolhaas oblige, à travers la thématique 'Absorbing Modernity 1914-2014', à un devoir de mémoire. L’exercice est d’autant plus laborieux qu’une société peut s’avérer amnésique et n’avoir du passé presque aucune trace. C’est le cas des Emirats Arabes Unis qui, faute d’archives architecturales, ont décidé que l’exposition proposée à Venise serait la première pierre d’un édifice intellectuel.

Biennale d'Architecture de Venise | Emirats Arabes Unis

Les Emirats Arabes Unis se retranchent, à première vue, derrière de sombres murs et quelques claustras ajourées. A l’intérieur, un espace aux allures de cour révèle le contenu de l’exposition.

«Nous avons imaginé avant tout la scénographie pour symboliser l’importance de l’intimité. Il est, aux Emirats, toujours difficile de savoir ce qui se déroule au-delà du mur ou de l’écran», explique Michèle Bambling, commissaire de l’exposition, au Courrier de l’Architecte.

05(@MohamedSomji)_B.jpgL’obstacle n’est pas seulement métaphorique et l’équipe de recherches dut aller outre les complications. «Aux Emirats, nous n’avons pas de lieu central pour les archives liées à l’architecture. Nous sommes alors partis à la recherche de plans, de photographies, de toutes traces illustrant l’histoire de cette région», dit-elle.

En plus de révéler le passé, cette démarche a pour but d’essayer de «montrer la mémoire des lieux». «Nous voulions, pour cette exposition, présenter le processus de construction et la manière dont chacun réagit par rapport aux édifices construits, en nous confrontant à cette culture où il n’est pas habituel d’ouvrir son intimité», explique Michèle Bambling.

La modernité arrive aux Emirats en même temps que la vaccination, le téléphone, l’air conditionné... En ce sens, les Etats de cette partie du Golfe ne sont, comme l’explique la commissaire, «pas comparables» à l’Occident. «Il n’y a pas eu de rejet et la modernité a été perçue dès le début comme un moyen d’améliorer la vie quotidienne», affirme-t-elle.

«Le modernisme n’est pas fini», lance Michèle Bambling. Les gratte-ciel de Dubaï sont volontairement exclus de l’exposition, en ce sens qu’ils seraient une vision trop réductrice de l’architecture des Emirats.

04(@MarcoSosa)_S.jpgLe pavillon présente donc, dans différents tiroirs, divers documents allant de la carte postale au cliché personnel, du plan à l’échantillon de matériau pour mieux présenter la rupture brutale entre forme vernaculaire et architecture moderne.

Les architectes venus de l’étranger ont importé un modèle en tentant, toutefois, de l’adapter. De Japon, de Grèce, d’Allemagne, des Etats-Unis, de Bulgarie... Et même de France. Ainsi, sont présents et exposés Henri Colboc, Pierre Daudet, Georges Philippe, Paul Andreu et Roger Taillibert.

«S’il n’y avait, dans les premières années du modernisme dans les Emirats, aucun intérêt à regarder en arrière, l’identité du passé et les matériaux vernaculaires font aujourd’hui leur retour», souligne Michèle Bambling.

03(@MircoUrban)_S.jpgIn fine, une société jeune, multiculturelle, confrontée, du nord au sud, aux mêmes défis, semble avoir favorisé l’acceptation de la modernité. L’émergence d’une jeune école d’architecture amènera peut-être une nouvelle appréciation du passé. Pour l’heure, quand bien même occultés lors de cette Biennale, les gratte-ciel de verre restent la mesure... «pour exprimer un pouvoir financier et global».

Bigness is business comme l’affirme Rem Koolhaas...

Jean-Philippe Hugron

02(@MircoUrban)_B.jpg

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