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Visite | Nappes en ville rose, un nouvel hôpital (28-05-2014)

Un chantier à grande échelle : 7.000 portes, plus de 5.000 locaux, 75.000 réserves, un an de levées... Bref, un projet hospitalier. «Le choix de la simplicité est une valeur, le pragmatisme, un avantage», répète à l’envi Bernard Cabannes, architecte associé de l’agence SCAU qui, avec Cardete & Huet, a livré en 2013 à Toulouse le nouvel hôpital Pierre-Paul Riquet.

Santé | Toulouse

Un programme hospitalier relève toujours du casse-tête architectural. A la complexité, il s’agit de répondre par la simplicité. Toutefois, entre les exigences de la maîtrise d’ouvrage et les quelques possibilités en matière d’organisation spatiale, la marge pour l’architecte est des plus minces.

Sur papier, à première vue, l’édifice rectangulaire présente une organisation proche du monospace, autrement dit monobloc ou encore hôpital en nappes, tant vanté par l’agence Brunet-Saunier.

«Le principe est le même sauf que nous avions un terrain contraint présentant un dénivelé de quinze mètres», précise Bernard Cabannes, associé de l’agence SCAU, familière des questions hospitalières. Purpan bas, Purpan haut, le quartier dans sa toponymie laisse imaginer un horizon accidenté.

L’hôpital s’inscrit alors dans la rupture de pente du site. Les questions d’arrivées et d’accueil du public ont, dès lors, contraint le dessein.

02(@LucBoegly)_B.jpg«En termes d’organisation, il n’y a que trois types de famille : l’organisation verticale, le monospace et la division en départements indépendants. Ce dernier concept est de nouveau développé en Hollande et connait un important essor en Europe Centrale et en Italie», prévient l’architecte.

«Il est difficile d’adapter le monospace à une situation urbaine. Nous avions un problème de surface, d’où notre forte densité et nous étions, par ailleurs plafonnés par les règles d’urbanisme. La compacité nous était, par voie de conséquence, imposée», souligne-t-il.

Quand bien même les contraintes paraissent dicter le parti architectural, les quatre projets du concours étaient résolument différents. «Le choix d’une agence passe par une commission technique qui communique son avis au jury», précise Jacques Léglise, directeur général de l’hôpital. En outre, un système de pondération note le bien-fondé de chaque proposition.

«Au-delà du projet architectural, il s’agit d’une refondation de notre organisation médicale. Nous travaillons notamment à la disparition des hôpitaux miroirs et pensons désormais à des ensembles thématisés», indique Bernard Pradère, président du CHU.

«Nous devons également réfléchir au séjour intra-muros et nous préoccuper du parcours de nos patients», poursuit-il. Aussi, une révolution culturelle est en marche ; l’hôpital se doit d’être plus ouvert encore.

03(@LucBoegly)_B.jpgEn guise de réponse architecturale, un parti élégant en façade ne laisse pas deviner la fonction hospitalière de l’édifice et s’harmonise avec la «nouvelle identité de Purpan initiée par Fainsilber et confirmée par Riboulet».

La distribution de l’espace reprend certes une organisation en nappe, toutefois adaptée à la topographie du site pour envisager «continuité» et «flexibilité».

Pour ce faire, l’hôpital a été divisé horizontalement en deux parties. Un important socle, haut de quinze mètres, abrite le plateau technique général ainsi que l’imagerie nucléaire et les fonctions d’enseignement-congrès. Cet ensemble s’encastre dans la pente du site.

Au dessus, différents niveaux déclinent les hauteurs et assurent un jeu de terrasses. Cette dualité, peu perceptible depuis les abords du site, témoigne d’une volonté de ne jamais imposer une construction qui, de par ses proportions, aurait pu être massive et imposante. Le jeu d’échelles est ainsi finement traité.

04(@LucBoegly).jpgPour SCAU, la solution en nappe, aussi évidente était-elle, demeurait une première pour l’agence. L’enjeu était de taille. Aussi, le projet a mobilisé jusqu’à vingt collaborateurs à Paris en phase pro et cinq architectes à Toulouse lors du chantier et ce, en permanence.

La conception des équipements de santé est, selon Cardete & Huet, «un univers» à part entière qui, «pour en satisfaire toutes les exigences, ne peut en aucun cas cohabiter avec l’idée ou la volonté de valoriser une expression égocentrique».

Bref, un duo d’agences pour une question de simplicité et, de fait, d’humilité.

Jean-Philippe Hugron

Fiche technique

Programme : Hôpital de 600 lits
Maîtrise d'ouvrage : Centre Hospitalier Universitaire de Toulouse
Architecte mandataire : SCAU architectes
Architecte associé : Cardete Huet architectes 
SHON : 91.000m² 
Coût : 207M€ HT 
Mission : Base type Loi MOP
Calendrier : Décembre 2005 : Choix du lauréat / Décembre 2006 : Obtention du permis de construire / 2007 : Désignation des entreprises / Mars 2008 : Démarrage des travaux / Février 2013 : Date de réception / Avril 2014 : Ouverture au public

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