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Présentation | Pavillon 8 : les docks et l'oeuvre de Felice Varini (28-10-2010)

La reconversion du quai Rambaud et de ses docks avec le développement de nouveaux bâtiments c’est l’installation de nouveaux programmes dédiés à la culture, à la détente et à la promenade c’est aussi garder le lien avec l’histoire industrielle du lieu, à l’imaginaire qui lui est lié sans jamais le renier.

Bâtiments Publics | Bureaux | Lyon | Odile Decq

La typologie des bâtiments des docks conservés est singulière. Elle appartient à l’histoire des constructions industrielles en béton du début du XXème siècle. Elle est accompagnée par les constructions aériennes en structure métallique des ponts roulants encore présents, vocabulaire architectural participant de la mise en scène du port comme de celle de la reconversion de sa berge.

Le maintien de ces structures participe de la signalétique qui permet la lecture et le repérage des activités singulières du quai Rambaud. Par la mémoire des mouvements et transferts des marchandises, ils marquent l’échelle et symbolisent le rythme du parcours. Leur mise en lumière participera de la scénographie de la mémoire comme de l’histoire présente.

Alors l’extension du bâtiment des Salins du Midi comme la construction des nouveaux bâtiments doit s’inscrire dans une architecture singulière. Nos propositions s’attachent à reprendre à leur compte mais en la réinterprétant l’architecture industrielle. L’extension des Salins s’élève au-dessus du bâtiment à voûtes préservé et la surplombe en un large porte-à-faux à la manière d’une structure de grue portuaire. Le pavillon, plus massif, s’apparente également au vocabulaire constructif des ponts roulants et des grues mais d’une manière plus radicale encore dans son acceptation.

L’oeuvre de Felice Varini

Le quai des arts a déjà instauré le dialogue architecte / artiste ou mieux encore, le dialogue architecture et art. L’oeuvre d’art participe de l’architecture tout en s’en distinguant mais n’est surtout pas un élément ajouté.

02(@ODBC)_S.jpg Les Salins et le pavillon, aux deux extrémités du quai des docks des arts empruntent à la mémoire du lieu leur système constructif dans ce qu’elle a de plus représentatif dans l’imaginaire. Bien que différents dans leur masse et dans leur écriture c’est la nouvelle histoire des docks qui va les relier. La perception au long du parcours du quai et la découverte de l’un comme de l’autre interprète en la renvoyant en ricochet l’oeuvre de Felice Varini qui s’inscrit sur le développement de leurs surfaces. Les façades contiennent l’oeuvre dans un jeu ambiguë entre opacité, représentation et transparence.

Des points de vue photographiques pris parfois depuis le toit du bâtiment ou pris depuis des points de vue singuliers tels, par exemple, le pont de l’autoroute ou d’un bâtiment vers l’autre, sont reproduits en Noir et Blanc sur la totalité des façades du volume supérieur du pavillon et sur les trois grandes façades de l’extension des Salins. Imprimée sur le film intercalaire des verres feuilleté des façades, l’oeuvre est la façade, les façades sont l’oeuvre. Le choix des points de vue tiendra compte du renvoi d’un bâtiment à l’autre, l’un au niveau du piéton, de la promenade le long du quai - les Salins -, l’autre, à des niveaux plus lointains à l’échelle panoramique du paysage, reconstituant sur le bâtiment le paysage masqué par son volume - le pavillon-.

L’aiguille - Le belvédère - Le signal - Le ballon

03(@ODBC).jpg A l’approche des ports ce sont toujours les éléments hauts, bien souvent grues et silos, qui servent de repères. La pointe de la péninsule entre Rhône et Saône se transforme et devient quartier de la ville. Géographiquement délimitée au sud du centre ville par le coteau sur la rive ouest de la Saône, limitée au nord par la barrière physique de la gare de Perrache et bordée par l’autoroute sur sa rive Est et son pont au Sud, la pointe de la péninsule est enchâssée. Nous proposons d’installer à l’extrémité Sud du quai une aiguille, une tour d’observation, un belvédère.

Construite comme un mat, contenant les services, enserré par une double spirale d’escaliers contenue dans un réseau structurel triangulé et stabilisé par les deux supports des ascenseurs, la montée vers le ballon est une promenade verticale scénographique et spectaculaire. Le restaurant, le bar ou tout autre programme installé en haut, à 60 mètres de hauteur, dans la sphère/ballon est, de jour comme de nuit, un point d’attraction et un lieu privilégié d’observation du territoire en développement, de la ville, des fleuves et des paysages alentour.

Le pavillon

04(@ODBC).jpg C’est notre travail et la réflexion menée conjointement avec Felice Varini qui nous a fait délibérément choisir le pavillon d’extrémité afin d’inscrire le quai des arts entre les points de vue qu’il propose.

Constitué de deux parallélépipèdes désaxés mais non totalement perpendiculaires, l’espace du pavillon se déroule autour d’un atrium intérieur et au-dessus d’un plan d’eau intérieur qui reprend à son compte dans le bâtiment la présence du fleuve à proximité. Les planchers successifs, depuis le niveau inférieur - niveau du fleuve - ouvrent par leur décalage des perspectives sur l’eau. Plus encore, le volume supérieur en bord à faux jusqu’en limite du quai, offre la vue panoramique sur le fleuve. Portés sur trois poteaux / pylônes contenant un escalier pour l’un, les ascenseurs pour l’autre et des petites salles de réunion pour le troisième, les plateaux du volume supérieur sont suspendus à une nappe et deux méga poutres tridimensionnelles croisées. En passant sous le volume en porte-à-faux, le promeneur lève les yeux et découvre en contre-plongée l’atrium au-dessus de lui. En baissant les yeux, son regard plonge jusqu’au bassin intérieur, prolongation de l’atrium dans le quai, sous un plancher de verre.

Odile Decq Benoît Cornette Architectes Urbanistes

Fiche technique
Pavillon 8 + restaurant archipel

Maitre de l'ouvrage : Rhône Saône Développement
Superficie : 6000m² + 700 m²
Coût des travaux : 35M€
Mission : concours lauréat, réalisation en cours
Site : docks quai Rambaud, Lyon
Programme : siège social d’entreprise avec lieu d’exposition + restaurant flottant sur les bords de la Saône
Dates : 2005 et 2007

Cet article est paru en première publication sur CyberArchi le 26 mars 2009

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