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Etats-Unis | 'Bling a ding ding', Manhattan et ses gratte-ciel maigrichons (20-11-2013)

A New York, le dernier projet de gratte-ciel approuvé en date est le '111 West 57th Street', signé SHoP. Nouveau bâtiment iconique ou tour anorexique ? Dans un article publié le 31 octobre 2013 par le site spécialisé australo-canadien Sourceable, Angela Fedele raconte comment s'y prennent les architectes, en leurs IGH, pour créer des appartements toujours plus exclusifs et rentables.  

Tours et gratte-ciel | New York | SHoP

Contexte
Dès son premier gratte-ciel, le Tower Building (1888-1914), Manhattan a vu son architecture verticale vivre un développement continu, lequel s'exprime aujourd'hui dans des ouvrages qui défient la technique et l'équilibre.
Si les premiers gratte-ciel résultaient d'une compétition entre magnats rivalisant pour aller toujours plus haut, aujourd'hui les architectes sont mis au régime. Certes, ces bâtiments sont techniquement époustouflants mais, vraiment, quelle est leur fonction ?
Dit autrement : évolution architecturale ou machines à sous ?
Voyons trois projets récents : 'One57', '432 Park Avenue' et '111 West 57th Street'.
Dans le premier, signé Christian de Portzamparc, le prix des appartements aux deux derniers niveaux atteint 90 millions de dollars ; 95 millions pour le penthouse signée Rafael Viñoly et SLCE. 
Les promoteurs de l'oeuvre de SHoP espèrent bien que quelques-uns de ces appartements atteindront les 100 millions de dollars !
Valeur de vente, valeur de l'architecture ?
C.G.

02(@SHoP)_S.jpgL'ASCENSION DES «GRATTE-CIEL MAIGRES»
Angela Fedele | Sourceable

NEW YORK - De maigres (skinny) gratte-ciel apparaissent dans l'horizon de Manhattan, ceci afin de répondre à la demande d'appartements de luxe dans une ville où manque l'espace.

C'est une tendance de l'environnement bâti d'aujourd'hui, évidente à New York mais aussi dans d'autres villes denses telles que Hong Kong, Tel Aviv et Vancouver. L'année dernière, Jon Stovell, un promoteur de British Columbia au Canada a complété une tour haute de 106m sur une base de 450m². «En construisant des bâtiments plus fins et hauts, nous obtenons plus d'unités dotées d'une belle vue - et la hauteur a de la valeur -», a déclaré Jon Stovell au Wall Street Journal.

Le dernier projet approuvé à New York, '111 West 57th Street', est un gratte-ciel résidentiel propriété de JDS Development. Le bâtiment monte à 411m alors que sa base est large de 13m ce qui fait un rapport largeur-hauteur d'environ 1:30.

La tour de 74 étages contenant 100 appartements de luxe a été confiée par JDS au cabinet d'architecture SHoP et aux ingénieurs WSP Cantor Seinuk. Selon Gregg Pasquarelli, l'un des fondateurs de SHoP, le projet, surnommé 'Stairway to Heaven', est peut-être l'une des tours résidentielles les plus minces à être jamais bâties.

Les appartements dans la partie sommitale de la tour, grâce à sa position centrale parfaitement alignée entre l'emblématique Empire State Building et Central Park, occupent chacun un étage entier. Ces vues à 360° à coupler le souffle pourraient, pour la première fois dans une tour de logements new-yorkaise, donner une valeur supérieure à 100 millions de dollars pour quelques-uns de ces appartements.

Puisqu'il sera voisin de l'iconique Steinway Hall, construit en 1866, la 'Landmarks Preservation Commission' a dû approuver le projet. En effet, des inquiétudes initiales étaient liées à la nécessité d'enlever une partie du Hall afin de faire de la place pour le gratte-ciel signé SHoP. Les architectes ont obtenu l'approbation de la commission grâce au mur-rideau vitré sur la façade nord de la tour qui offre une vue imprenable sur l'intérieur du Steinway Hall.

Alors que le projet de ShoP se caractérise par une technologie structurelle moderne et des matériaux qui permettront ses dimensions peu conventionnelles, l'aspect extérieur de la tour fait écho à l'esthétique des gratte-ciel du quartier.

«L'intention de notre design est de retrouver la qualité, la matérialité et les proportions des tours historiques de New York tout en tirant avantage des dernières technologies afin de pousser les limites de l'ingénierie et de la construction», explique SHoP. «La façade est conçue pour être lue à partir de multiples échelles et points de vue. La forme de la terre cuite qui habille les façades est et ouest crée un jeu d'ombre et de lumière perceptible à l'échelle de la ville tandis que la texture se révèle riche vue de près».

03(@AgenceChristiandePortzamparc)_B.jpgLe projet de SHoP ne sera bientôt qu'un des gratte-ciel élancés de Manhattan, parmi notamment '432 Park Avenue' de Rafael Viñoly (en chantier), 'One57', signé Christian de Portzamparc (qui vient d'être livré) et '217 West 57th Street', dont le porte-à-faux qui doit surplomber l'immeuble de l'American Fine Arts Society vient de recevoir approbation.

Similaires à celui de SHoP, ces gratte-ciel atteignent des hauteurs vertigineuses sur une empreinte au sol minimale : 766m² pour 432 Park Avenue et 579m² pour One57 - la taille de la parcelle de 217 West 57th Street n'a pas encore été révélée -.

L'effet de balancier, à de telles hauteurs de structures si minces, était source d'inquiétude. Les ingénieurs ont résolu ce problème avec l'installation, haut dans la tour, d'un 'mass damper' (amortisseur de masse). Un amortisseur est un énorme contrepoids pendulaire destiné à réduire l'effet du vent et prévenir les dégâts en cas de catastrophe naturelle, tel un tremblement de terre.

04(@RafaelVinoly)_S.jpgIl y a juste un mois, la ville de Tokyo a annoncé son intention d'installer six amortisseurs de masse au sommet du Shinjuku Mitsui, un bâtiment de 39 ans, afin de le protéger des tremblements de terre qui affligent la ville. Les promoteurs envisagent d'ailleurs d'en équiper tous les gratte-ciel de la ville.

Cette question de sécurité traitée, ces gratte-ciel élancés participent d'une vision commune : un emplacement central, 'boutique living'* et des vues spectaculaires qui ne peuvent être obtenues qu'aux points les plus hauts d'une ville si dense.

Angela Fedele | Sourceable | USA
31-10-2013
Adapté par : Caterina Grosso

* Le 'boutique living', comme son nom l'indique avec subtilité, est un appartement unique, de luxe, 'cozy'. Ndt.

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