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Présentation | Théâtre de la Piscine, signé Nicolas Michelin & Associés (28-10-2010)

La nouvelle salle de spectacle de Châtenay-Malabry (92), dans une ancienne usine d'incinération, est placée au centre d'un dispositif de volumes en cascade tandis qu'une galerie éclairée d'une verrière intensément colorée crée une liaison avec les différentes entités du conservatoire (théâtre, conservatoire de musique et de danse et Café musique). Découverte.

Reconversion | Réhabilitation | Bâtiments Publics | Culture | Hauts-de-Seine | Nicolas Michelin

"J’avais envie de faire une salle très intime avec un plafond intéressant. Je souhaitais qu’avant le spectacle, on se trouve dans un bel espace, donc j’ai introduit cette forme de fer à cheval, cette coque couronnée d’un lanterneau. J’ai voulu mettre en scène la lumière avec cet oculus qui, lorsque les panneaux se ferment, disparaît. Le regard du spectateur s’échappe vers le ciel et la lumière naturelle descend vers lui, dans une mise en scène croisée du regard et du dialogue dans le temps que l’on retrouve dans d’autres espaces du projet.".

C’est ainsi que Nicolas Michelin explique l’origine de ce projet dont l’intérieur recèle des événements cachés : l’oculus qui s’éclipse comme une lune, la verrière du déambulatoire colore de lumière la coque blanche de la salle de théâtre, la galerie qui se déroule, dont on ne perçoit pas l’extrémité.

Le programme du pôle culturel comporte trois entités distinctes : le théâtre, le conservatoire de musique et de danse et le café musique. Le projet se développe selon un dispositif centré qui crée un bâtiment unitaire en dialogue avec l’architecture existante de l’ancienne usine d’incinération construite en 1930 par Paul Sirvin.

La salle de spectacle est placée au centre d’un ensemble constitué par l’ancienne usine conservée et les nouveaux volumes disposés 'en cascade' qui abritent les espaces d’accueil du théâtre, les salles du conservatoire et celles des musiques actuelles. Le bâtiment, qu’il soit neuf ou existant, tourne autour de la salle. Cette composition exprime la diversité des activités tout en marquant l’unité du pôle culturel. Le conservatoire et son auditorium occupent l’aile de l’extension qui vient refermer la cour.

Les circulations sont fédérées par une rue intérieure couverte d’une verrière colorée entre la salle et les bâtiments de chaque entité. La salle de spectacle, d’une capacité de 550 places assises, constitue un repère pour les utilisateurs du pôle culturel. Conçue avec une structure acier complexe, la salle avait été imaginée au départ avec une coque en bois mais, pour des raisons économiques, celle-ci a été réalisée en plâtre.

Là est alors intervenue l’idée de colorer la verrière. Ainsi, le volume blanc très présent de la salle devient presque immatériel ; il offre une perception changeante au gré des déplacements et en fonction de la course du soleil et de la météorologie. L’intérieur de la salle, lui, est habillé de bois, des lattes de hêtre teinté acajou. C’est l’intérieur de l’intérieur.

02(@StephaneChalmeau)_B.jpgLes locaux techniques - dépôt des décors, stockage du matériel - sont répartis autour de la cage de scène, en liaison directe avec le quai de livraison. La salle de répétition est placée à l’arrière de la cage de scène et au-dessus sont répartis le foyer des artistes et les loges.

Dans la séquence d’accès s’enchaînent des espaces successifs : le parvis, les escaliers, les colonnes en arc de cercle, puis le volume bas de transition qui s’ouvre soudainement sur la coque colorée. Ces éléments aux intensités lumineuses contrastées produisent une mise en condition du regard.

Le foyer public, témoin du passé du lieu, métamorphosé par les fresques colorées d’Emmanuelle Villard et son intervention sur la machine, devient lieu de rencontre et de convivialité, instaurant un dialogue décalé avec l’histoire.

Il existe par ailleurs des espaces plus secrets - le pédiluve vestige de la piscine, les escaliers en mosaïque, l’auditorium - que l’on ne découvre qu’au dernier moment dans un rapport plus intime avec le bâtiment.

La couleur joue un rôle important dans chacun des espaces. Nathalie Crinière a choisi celles du conservatoire. La verrière reprend le cercle chromatique, la lumière ainsi diffusée varie d’une ambiance froide vers des tons chauds de rouge-orangé. A l’extérieur, les façades sont revêtues d’une lasure argent et le volume de la cage de scène est traité en doré, comme un signal dans la ville. Le bâtiment existant est repassé en enduit rouge.

04(@StephaneChalmeau)_B.jpgDans les façades en voile béton de l’extension sont intégrés des panneaux de bois. Le bois est comme tissé devant et derrière le béton, il est sur les ébrasements et les allèges des baies, selon un rythme presque musical.

Ainsi, du neuf à l’historique soigneusement conservé, de l’ouvert à l’intime, de la lumière aux profondeurs, le théâtre est en quelque sorte un projet baroque contemporain.

Enfin, le parvis du théâtre unifie les différences de niveau par un même matériau afin de créer une séquence particulière dans l’aménagement linéaire du nouveau boulevard urbain.

Nicolas Michelin

Texte publié dans Cinq sur Cinq (Archibooks)

03(@StephaneChalmeau)_B.jpgFiche technique

Architectes : Agence Nicolas Michelin & Associés - ANMA / Nicolas Michelin, Michel Delplace, Cyril Trétout
Chefs de projet : Aurélia Hornecker (concours et études) ; Florian Vadjoux et Jean-Philippe Godin (chantier)
Maître d’ouvrage / client : Ville de Châtenay-Malabry
Maîtrise d’ouvrage déléguée : Société d’économie mixte (SEM 92), Nanterre
Site : Théâtre de la Piscine, Châtenay-Malabry (92)
Programme : Salle de spectacle, conservatoire de musique
Calendrier
Concours : 03/2003
Etudes : 05/2003 - 05/2004
Chantier : 2005 - 2008
Livraison : 03/2008

Mission de base
Montant travaux : 17.000.000€ HT
Surface : 8.077m² SHON
Associés / BET :
BET structures : Batiserf
BET chauffage ventilation climatisation : Hydro Alpha
Economiste : Michel Forgue
Scénographe : Architecture et Technique
Acousticien : Peutz et Associés
Coloriste : Nathalie Crinière - Agence NC
Graphiste : Agathe Desombre
1% artistique : Emmanuelle Villard

Cet article est paru en première publication sur CyberArchi le 29 janvier 2009.

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