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Compte-rendu | Catherine Simonet, 'perswoman', de la main à Photoshop (10-10-2013)

«J’ai commencé à travailler il y a 23 ans. Il n’y avait alors pas beaucoup d’ordinateurs. Ils ne servaient qu’au traitement de texte, à peine aux tableurs. Au début, je ne faisais donc que des perspectives à la main et je vous encourage à le faire», lançait le 15 janvier 2013 Catherine Simonet, 'perswoman'  fondatrice de l'agence Lou Kat, aux étudiants de l’ENSA Strasbourg dans le cadre de la conférence 'L’image et le projet'.

Vie étudiante | ENSA Strasbourg | France

Leçon d’image donc. «Mon premier travail est de chercher l’essence du projet, son épine dorsale. Quand vous faites un dessin, essayez d’être le plus simple possible. Votre image s’enrichit d’elle-même», assure-t-elle.

Principes d’organisation et points de repère sont de prime importance quant à la lisibilité du projet à travers l’image.

«J’utilise Photoshop comme un crayon. Je ne fais jamais de modélisation», confie-t-elle. L’ambition est alors de présenter au public les étapes de la «construction» d’une image, soit les «allers-retours» avec l’architecte.

En guise d’illustration, un projet urbain de Bruno Fortier à Brest. «Premier temps, je suis allée à son agence. Il y avait une modélisation 3D et nous nous y sommes promenés»... et ce jusqu’à trouver l’angle de l’image.

03(@LouKat)_S.jpg«Bruno Fortier m’a ensuite donné des références en architecture. La première image que j’envoie n’est jamais belle. Nous parlons alors de gabarits et d’échelles», dit-elle.

«Ma technique est le collage à partir de photos». Pour donner un brin de réalisme donc, quelques découpages.

A l’écran, l’image se précise. La pile d’un pont entrave toutefois la vue. «Elle gène davantage dans la photo qu’en vrai», assure Catherine Simonet. In fine, «le dessin n’est pas là pour montrer une réalité», dit-elle.

04(@LouKat)_S.jpg«L’agence a des contacts sur place. Je leur signifie que je souhaite des clichés avec un soleil à gauche - du matin - ainsi que les éléments que je veux voir», explique-t-elle. Le paysage est alors reconstitué, les ombres sont progressivement ajoutées. Enfin, un escalier implanté dans la colline donne l’échelle du projet.

Pour David Mangin et l’agence SEURA, Catherine Simonet a réalisé quelques perspectives du projet d’aménagement des Ardoines, au Sud-Est de Paris. «David Mangin m’avait donné un croquis aérien», se souvient-elle. L’occasion alors de rappeler l’importance du cheminement intellectuel dans la réalisation d’une perspective.

«David Mangin privilégie la volumétrie. La texture des volumes n’est là que pour donner une idée de l’échelle. Les images qu’il me commande parlent de tension entre les choses, de pleins et de vides», dit-elle.

Pour l’Atelier Yves Lion, la 'perswoman' travaille sur les plans du Grand Moscou. «En plein centre-ville, il y a de nombreuses friches urbaines. Beaucoup de territoires tournent le dos à la Moscova», résume-t-elle.

Aussi, pour illustrer l’un des pans du projet, il fallait des vues urbaines plus ou moins aériennes. «Nous avons fouillé sur le net et avons trouvé une photo de mauvaise qualité mais qui illustrait parfaitement la situation», note-t-elle.

«Je suis partie d’un dessin de Jérôme Stablon, chef de projet à l’agence, qui présentait les grandes idées du projet. Je pars donc de ce croquis. Je marque les voies de communication ; en rouge, les axes routiers, en orange, les promenades. Une proposition qui les chagrinera car le dessin était un peu caricatural», convient-elle. Mais il ne s’agissait là que d’un premier temps.

Puis, à mesure que la perspective s’affine, que bâtiments et végétation se positionnent, le sol est retravaillé et le côté «stabilo» fortement atténué.

Le projet n’est pas lauréat de la concertation. Toutefois, il a été l’occasion pour Yves Lion d’être remarqué par un promoteur moscovite projetant la réalisation d’un quartier de 6.000 logements.

02(@LouKat)_B.jpg«L’agence m’a demandé de réaliser des perspectives d’hiver. Je travaille alors à partir d’une bibliothèque d’images et de photographies que je prends n’importe où, n’importe quand», assure Catherine Simonet. A l’écran, des images de montagnes, de plaines enneigées puis une perspective : «ici, mon fils et là, ma fille», sourit Catherine Simonet.

«Il s’agit, avec des perspectives, de ne jamais trop rentrer dans l’architecture. Il faut rester évocateur. Photoshop peut faire dans le réalisme mais trop nombreux sont ceux à prendre ces images pour argent comptant», prévient-elle. Un risque, assurément.

«Je ne suis jamais allée à Moscou. L’agence m’a montré quelques photographies d’ambiances de coeur d’îlot typique. Les troncs d’arbres sont traités à la chaux, les bordures de trottoir sont jaunes et vertes», débute-t-elle.

Puis, pour réaliser le visuel, la 'perswoman' travaille à partir d’un fichier SketchUp et d’un croquis réalisé par ses soins au contact de l’architecte. La volonté est alors de travailler un contre-jour, des teintes blanche, grise et bleue et quelques arbres pour atténuer les proportions monumentales du projet.

In fine, Catherine Simonet évoque quelques détails comme les personnages «toujours très compliqués» ou encore les cieux, plus ou moins bleus et enfin les couleurs et leur saturation «pour que le projet soit remarqué» dans le cadre de concours ouverts.

Sur la méthode, Catherine Simonet insiste : «le 'full 3D' est plus lent. S’il ne faut réaliser que deux perspectives, je suis plus rapide à travailler sur Photoshop. Avec ce système, je reste très réactive, je peux changer une partie de l’image même une heure avant sa livraison. C’est impossible d’avoir cette réactivité avec la 3D», soutient-elle. «Le dessin sert souvent de vérification».

Et de conclure : «quand un concours est gagnant, c’est que le projet était bon. S’il perd, c’est que les pers' étaient mauvaises...».

Jean-Philippe Hugron

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