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Résultat | Architecture des lieux de vie pour personnes âgées : Prix CNSA (14-06-2013)

Le 4 juin 2013, à l’école nationale supérieure d’architecture de Versailles, Luc Allaire, directeur de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), a récompensé Camille Bertrand et Steven Cappe de Baillon, lauréats 2013 du concours d’idées du Prix CNSA Lieux de vie collectifs & autonomie grâce à leur projet 'Insula'. Communiqué.

ENSA Versailles | France

Le jury, présidé par l’architecte Aymeric Zublena, qui avait délibéré le 4 avril 2013, a choisi de mettre en avant un concept innovant : la combinaison d’un établissement collectif de cinquante places en coeur de ville et de vingt-sept maisons individuelles satellites. Une idée forte qui a séduit le jury à une époque où l’on réinterroge la forme des maisons de retraite quand la majorité des Français disent préférer vieillir à domicile.

02(@DR).jpgDepuis six ans et pour la première fois avec le soutien du Ministère de la culture et de la communication, la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, ses partenaires du secteur médico-social et du monde de l’architecture proposent aux étudiants en architecture d’imaginer les maisons de retraite de demain.

Cette année encore, les étudiants ont répondu aux attentes : «Les concepteurs ont ici perçu ce que pourrait être l’avenir des formes d’habitat tel qu’il est promu par nombre de professionnels et de personnes âgées elles-mêmes», ont estimé certains membres du jury.

Camille Bertrand et Steven Cappe de Baillon ont été récompensés par un chèque de 12.000€, à l’occasion d’une cérémonie qui se tenait dans les locaux de l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Versailles.

'Insula', un EHPAD en banlieue pavillonnaire

En travaillant sur la transition du domicile individuel vers l’habitat collectif ainsi que sur l’intégration des maisons de retraite dans leur environnement, Camille Bertrand et Steven Cappe de Baillon ont imaginé un lieu de vie collectif pour personnes âgées tout à fait innovant : un établissement de cinquante places en coeur de ville et ses vingt-sept maisons individuelles satellites.

«Une maison de retraite comme un monde ouvert à la ville», c’est ainsi que les deux étudiants résument leur projet implanté dans le quartier pavillonnaire du Mesnil-Saint-Denis (78), à proximité immédiate des commerces, du marché et de la coulée verte. Pour eux, l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) se positionne comme un nouveau coeur pour la ville, attirant les habitants du quartier. Ses grands espaces intérieurs arborés et sa salle de spectacle permettent d’envisager des manifestations et d’organiser une vie culturelle dans l’établissement, ce dernier étant ouvert à tous les Mesnilois.

Ils associent tout particulièrement l’attractivité de l’EHPAD aux personnes âgées autonomes qui habitent les vingt-sept maisons voisines. C’est l’idée forte du projet, celle qui a séduit le jury à une époque où l’on réinterroge la forme des maisons de retraite quand la majorité des Français disent préférer vieillir à domicile.

Ces maisons satellites sont construites dans les jardins des propriétés environnantes, en fonction de la forme des parcelles et des situations des habitants. Ils imaginent plusieurs cas de figure : une famille qui fait construire une maison pour la grand-mère veuve depuis peu, un père qui souhaite aider financièrement ses enfants en vendant une partie de sa parcelle sur laquelle s’installent des retraités... Les dimensions types de ces maisons sont basées sur l’espace moyen disponible dans les jardins alentours.

L’EHPAD, lui aussi, s’intègre parfaitement au quartier. Conçu de plain-pied, le bâtiment prend la hauteur de son environnement immédiat. Ce parti pris permet de supprimer les espaces servants (couloirs, ascenseurs, cages d’escaliers...) au bénéfice des espaces collectifs et des chambres.

Les chambres des trois unités de vie sont dessinées de part et d’autre de l’espace collectif végétalisé et s’ouvrent sur un jardin d’hiver privé. La partie centrale est imaginée comme un paysage porteur de sensations extérieures qui doit également favoriser l’orientation des résidents grâce aux sens. Ce paysage est constitué de diverses espèces indigènes aux feuillages et senteurs variés, créant ainsi le sentiment chez les résidents d’habiter un espace particulier (habiter le jardin de mémoire, la forêt thérapeutique, la prairie thermale...).

En été, un dispositif simple et économique permet au toit vitré de s’ouvrir totalement pour apporter aux habitants l’atmosphère extérieure à l’intérieur du bâtiment.

03(@Camille Bertrand-Steven Cappe de Baillon).jpgFiche technique

Localisation : un îlot pavillonnaire au Mesnil-Saint-Denis (78)
Bâtiment : un EHPAD de plain-pied autour duquel gravitent, dans un rayon de 250 mètres, une trentaine de petites maisons spécifiquement destinées à des personnes âgées autonomes qui peuvent ainsi participer activement à la vie de la maison de retraite et se familiariser avec l’établissement
Sur face totale : 4.100m² pour l’espace collectif / 1.944m² pour les maisons satellites
Services spécifiques : salle de spectacle, balnéothérapie.

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