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Visite | Maast : la bête et la belle (20-02-2013)

Livrés fin novembre 2012 par les associés de l’agence parisienne maast - Isabelle Manescau et François Marzelle -, les 46 nouveaux logements sociaux sis 14-16 rue du Maroc, Paris XIXe, tiennent du monolithe pour le gabarit et de la carapace pour la teinte anodisée. Ne pas se fier aux apparences. Ponctuant l’imposante enveloppe, des ouvertures variées confèrent aux espaces intérieurs de belles échappées.

Logement collectif | 75019 | maast architectes

Un mot ? Costaud, le nouveau bâtiment rue du Maroc issu d’un concours lancé en 2008 par Habitat-OPH. Sans aucun doute, les architectes Isabelle Manescau et François Marzelle, habitués des programmes de logements, ont choisi le parti de la compacité avec ce monolithe de neuf étages bardé d’aluminium.

«Ce bâtiment est la dernière opération de décloisonnement d’un îlot très dense», explique Isabelle Manescau lors d’une visite de presse le 8 janvier 2013.

En fait, plusieurs enjeux se télescopaient sur l’étroite parcelle, dont la nécessité de «caser quarante six logements sur un site contraint afin de désenclaver le square du même nom (auparavant caché derrière la tour du Maroc, démolie par Habitat-OPH, ndlr) tout en faisant varier les appartements et, à l’extérieur, répondre à la tour signée Tectône».

En effet, à l’est se dresse le profil bigarré de la tour de Flandre, érigée en 1996 par l’agence fondée par Pascal Chombart de Lauwe et Jean Lamude.

«La prise en compte du site se place à l’origine de toutes les décisions du projet». Pour les 'contextualistes' François Marzelle et Isabelle Manescau, répondre au dessin déconstructiviste de la tour de Flandre n’était pas une option. D’où les contours, quoique moins aiguisés que les angles de son voisin, d’une enveloppe, et un code couleur, gris et ocre, faisant écho à l’estimé confrère.

Le respect du contexte vaut également pour le tissu du 19e siècle : «au sud, nous avons traité la mitoyenneté avec le bâtiment haussmannien en imaginant une sorte de gros joint creux».

02(@HerveAbbadie)_B.jpgAyant permis à maast architectes de créer des appartements traversants, la partie «resserrée» confère, par contraste, un aspect plus musclé encore au reste de l’enveloppe.

Pourtant, en cette fin de chantier, ici et là, le bardage en aluminium en cours de pose laisse entrevoir une structure en bois... «qui ne porte rien». Un manteau plutôt qu’une carapace donc.

La structure en béton et son noyau dur répartissent les charges, «à l’exception des derniers niveaux, R+7 et R+8, où la façade adopte une pente de 25°, qui sont en ossature bois».

Là-haut, maast architectes offre un clin d’oeil aux combles parisiens. A l’extérieur, l’effet mansardé est accentué par des casquettes en aluminium. A l’intérieur, «nous avons détourné ce principe de chien assis». Dans les chambres allant de neuf à treize mètres carrés, le principe de la charpente sculpte l’espace. Là-haut, autant de cocons.

Sous ces étages culminants, compter six appartements par étage. «Grâce au noyau compact de circulations, nous avons libéré des plateaux pour offrir une double, voire une triple orientation à chaque logement». A l’intérieur, effectivement, à chaque appartement ses charmes. Mention spéciale aux séjours disposés en angle.

«Installer les séjours en angle est un peu un tic chez nous», sourit Isabelle Manescau. D’un avantage un inconvénient ? Pour satisfaire le réflexe, impossible d’échapper au couloir. De fait, maast architectes crée ainsi une séquence d’entrée mais la circulation est gourmande en espace.

Quant aux cuisines, là aussi les architectes ont su varier les typologies : plus ou moins ouvertes sur les séjours, équipées de bars ou de passe-plats, elles sont - un bémol - pour la plupart en second jour.

03(@HerveAbbadie).jpgRue du Maroc, le tour de force de maast architectes réside ailleurs. En faisant varier, dans chaque appartement, les ouvertures selon les orientations, les architectes font la belle part à la lumière autant qu’au paysage.

Au nord, côté square, Isabelle Manescau et François Marzelle ont privilégié des balcons. A l’est, face à la tour Tectône, des loggias sculptent le manteau. «Plutôt des jardins d’hiver qui prolongent les séjours», précise l’architecte. Modulées par des panneaux de verre coulissant plus ou moins opaques ou transparents, ces pièces en plus offrent une vue dégagée sur l’avenue de Flandre.

Au sud, la vue sur la triste façade de la Caisse des dépôts est judicieusement cadrée. Heureux sont, outre les boîtes cernant les fenêtres, les décrochés des 'lucarnes' qui, selon les termes de l’architecte, «évitent une projection trop brutale sur ce paysage-là».

A l’entrée du square du Maroc, les nouveaux logements signés maast architectes n’ont pas la peau si dure.

Emmanuelle Borne

04(@HenriPinhas)_S.jpgFiche technique

Superficie : 3.610m² SHON
Coût des travaux : 5.750.000€ HT (28 PLUS 18 PLS)
Délais des travaux : 22 mois
Livraison : 30 novembre 2012
Maître d’ouvrage : Paris Habitat-OPH

Maître d’oeuvre :
Architecture : maast / Isabelle Manescau et François Marzelle
Chef de projet : Julien Roman
BET environnemental : Franck Boutté (en phase d’études)
BET TCE : Sechaud et Bossuyt
Sécurité : Bureau de contrôle Socotec
Entreprise générale : Brézillon
Bâtiment BBC / Plan Climat

Réactions

Monik | 30-12-2015 à 17:48:00

Putain ce que c'est laid !
"Monolithe sculpté" ?!! heu non ... just un gros monolithe ...
Rien à l’échelle humaine : GGrrr austère, froid et déconecté du sol et de tout ce qui l'entour : le peuple compris.
L'architecture contemporaine est aussi moche que les idées ultra-liberales de notre société.
Vous devez avoir la "fois" pour être journaliste en archi quand l'archi ne fait plus rêver personne et ne parle plus qu'aux égo de leur créateur.
Bien du plaisir.

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