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Brève | Nouvelles haltes sanitaires au Parc de la Tête d'Or à Lyon : la pierre et la brindille (07-12-2012)

L’agence Jacky Suchail Architectes (JSA architecture) a équipé récemment le célèbre Parc de la Tête d’Or de Lyon de huit nouvelles toilettes qui forment des haltes reposantes et repérables, jalonnant le parcours des promeneurs. Ces petits édifices de bois et de béton re-qualifient l'ambiance générale du parc et réconcilient les usagers avec un sujet tabou de nos villes : les toilettes publiques. Communiqué.

Lyon | JSA architecture

Les huit bâtiments, constitués de bois et de béton, prennent place sur le parcours extérieur et aux points stratégiques du parc. Ils sont constitués des mêmes éléments : le socle, la boite, le paravent et l’ombrière mais sont tous différents.

Cet exercice, original pour un architecte, nécessite une certaine bienveillance et une grande justesse pour s’inscrire dans cette nature majestueuse. En plus de modifier de manière significative l’ambiance générale du parc, ce projet, modeste par sa taille, réussit le pari audacieux et risqué de réconcilier les usagers avec un des sujets tabous de nos villes : les toilettes publiques.

02(@Franck Fleury)_B.jpgEtablir de bons rapports avec la nature

L’objectif était de créer un vocabulaire architectural qui ne rentre pas en concurrence avec la nature. Pas de nécessité d’avoir recours à des formes molles, inspirées de l’organique ou à des courbes qui pourraient rivaliser avec celles des arbres. Au contraire, il fallait imposer des lignes construites capables de structurer le vide, de cacher ou de laisser voir, d’accompagner un chemin, de limiter un passage : tenir l’espace.

La recherche de l’orthogonalité, c’est à dire le recours à l’horizontale et par extension à la verticale procède autant d’une quête formelle que d’une économie de matière optimale. Elle permet, en effet, de construire le plus efficacement possible, première règle, pour l’architecte, d’assurer une posture environnementale.

L’utilisation des planches de mélèze, en palissades et en ombrières, rappelle avec attention l’architecture de la nouvelle giraferie. Sans mimétisme mais plutôt sous forme de clin d’oeil, les édicules sont 'assortis' avec un langage unitaire et créent une nouvelle ambiance dans le parc.

Les bâtiments sont mis en scène dans ce décor naturel avec des effets cinétiques. On les découvre et les perçoit dans le mouvement : celui de la marche, de la course, du vélo et de toutes les formes de mobilités autorisées. Les lames de bois verticales accentuent cette sensation ainsi que les pleins et les vides, les ombres et les lumières qui diffèrent dans un sens de la promenade ou dans l’autre.

Elles suivent un rythme légèrement changeant et perceptible. Ces paravents jouent parfaitement leur rôle. D’une part, ils occultent les volumes des toilettes, tout en laissant voir 'à travers' les arbres et la végétation du parc.

03(@Franck Fleury)_B.jpgLa pierre et la brindille, le socle et l’horizontale

La conception des sanitaires s’inspire de plusieurs images symboliques de référence de l’architecte : la pierre et la brindille d’abord, qui exprime l’harmonieuse opposition et complémentarité entre les formes et les matières. L’importance fondamentale du socle, ensuite, matérialisant l’enracinement puis l’horizontale, éternel repère et référence du paysage.

Les petits bâtiments reflètent ce contraste lourd / léger, béton / bois. Le béton forme le socle et le squelette, le bois l’ossature légère des claustras. Deux horizontales composent l’édifice : le socle bien visible et la toiture en ombrière de mélèze. Entre les deux, les paravents aux lames verticales et rythmées créent des lignes qui viennent absorber l’épaisseur des boîtes.

D’un point de vue constructif, le travail des matériaux est complémentaire. La partie minérale est moulée, le bois est assemblé, sur place ou en ateliers. Le bois, lorsqu’il vient en parement des blocs béton, est calepiné de façon à créer de très légères variations. Des cornières d’angle métalliques marquent des arrêtes proprement.

04(@Franck Fleury)_B.jpgQuatre éléments, huit possibilités de petites haltes et des déclinaisons possibles dans d’autres sites

A partir de quatre éléments de composition, les huit haltes appartiennent à la même famille en gardant leurs différences. C’est une déclinaison de variations suivant les lieux d’implantations et des accès.

Le programme est simple. Ce sont des haltes d’aisance. On trouve, suivant les cas, deux ou quatre toilettes (et deux urinoirs) une fontaine pour se rafraîchir et un banc pour se reposer. La toilette Roseraie est une toilette sèche, expérimentale. Les pergolas génèrent des espaces ombragés, propres à une halte provisoire.

L’ensemble est entièrement accessible aux personnes à mobilité réduite. Tout est conçu dans le respect de l’intimité et du confort des personnes. Aucun vide résiduel, propice à la dégradation ou au danger n’est toléré.

Ce projet est lauréat du concours Fibra 2011 et a été sélectionné pour le Prix national de la Construction Bois 2012.

05(@Franck Fleury)_B.jpgFiche technique

Programme : 8 unités sanitaires
Maîtrise d’ouvrage : Ville de Lyon / Direction des Espaces Verts
Architectes : JSA architecture
Bureau d’études : E2CA
Coût : 700.000€HT

06(@Franck Fleury).jpg

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