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Présentation | Grindbakken : l'intervention esthético-scientifique de Rotor (22-11-2012)

Les études d’architecture ne mènent pas à un seul et unique métier. En témoigne l’activité du collectif belge Rotor, qui s’étend de l’architecture à la recherche en passant par des scénographies atypiques, ainsi que l’illustre Grindbakken, un projet aussi artistique que scientifique. Bref, un parcours hors des sentiers battus. Découverte.

Vie étudiante | Aménagement extérieur/Paysage | Belgique | Rotor

«Grindbakken est le nom de l’infrastructure dans laquelle nous sommes intervenus», explique Tristan Boniver, l’un des membres du collectif Rotor*, à propos du projet du même nom, ouvert au public un mois durant à partir du 22 septembre 2012, à Gand, en Belgique.

Sollicité par Sarah Melsens et Roberta Gigante, Une architecte et une artiste** chargées du projet de rénovation des docks de Gand, le collectif a proposé, le temps du chantier, une intervention sur les anciens bacs à gravier du quartier, c’est-à-dire le Grindbakken, structure de béton de cent-soixante mètres de long utilisée par le passé pour transférer gravier et sable des bateaux aux camions.

«Le projet consistait à percer des parois, installer l’eau et l’électricité et peindre l’endroit en blanc pour rendre ce site utilisable par le public à l’occasion d’événements», précise Tristan Boniver.

De cette manière éphémère, Rotor a choisi d’interférer dans le cadre du processus de peinture en protégeant des 'zones' d’intérêt et les cadrant de façon à les rendre éloquentes. Rotor a ainsi composé trente-six tableaux «utilisant des détails des murs d'origine comme illustration de récits sur la complexité du monde construit»**.

«Une expérience purement esthétique», souligne Tristan Boniver à propos d’un des cadres où Rotor a rendu apparent le dégradé d’un mur. «Ces différentes strates répondent à un phénomène d’oxydation qui témoignent que le béton a été coulé à des moments différents».

02(@EricMairiaux).jpgDe fait, la démarche est scientifique autant que culturelle et les membres de Rotor ne se sont pas contentés de mettre en valeur des bouts de mur.

«Nous avons mené l’enquête ; les matériaux sont autant d’indices demandant à être élucidés». S’étant entretenus avec des ouvriers, des ingénieurs et autres experts du béton, les membres de Rotor ont accompagné les tableaux in situ de légendes précisant, par exemple, les réactions chimiques ayant donné lieu au motif naturel composé avec le temps.

Par ailleurs, d’avoir 'encadré' non seulement la trame d’un béton mais aussi des tags et autre graffitis. «Certains dessins témoignent d’une grande maturité graphique ; d’autres, plus maladroits dans leur tracé et leur propos, révèlent ce lieu obsolète comme réceptacle à l'exploration des interdits»**. En tout cas, tous forment autant de témoins de l’histoire du graffiti.

Les différentes légendes témoignent donc des liens entre différents registres, dont la peinture et la chimie du béton et autres «interconnexions entre matériaux et acteurs sociaux».

Lors de l’ouverture du projet au public, en septembre 2012, de nombreux enfants étaient présents. «C'était l'occasion d'atteindre différents publics avec des sujets dédiés jusque-là à la sphère architecturale»**, assure Tristan Boniver.

La diversité des publics est à l’image de l’intervention, un «périlleux exercice de synchronisation avec tous les intervenants du projet de rénovation».

03(@Rotor)_B.jpgOutre des projets de terrains tel Grindbakken, Rotor se consacre depuis un an à la recherche et l’écriture, le collectif étant chargé du commissariat de la Triennale d’architecture d’Oslo 2013.

Ne pas oublier Opalis, cet inventaire en ligne de pratiques professionnelles autour de matériaux prélevés sur des sites de construction.

Bref, si les membres de Rotor sont, pour la plupart, architectes de formation, aucun ne s’est contraint à la définition classique du métier.

Emmanuelle Borne

* Rotor réunit Maarten Gielen, Tristan Boniver, Lionel Devlieger, Michael Ghyoot, Benjamin Lasserre, Melanie Tamm, Renaud Haerlingen, Lionel Billiet et Koen Berghmans.

**Cet article a été mis à jour le 27 novembre 2012.

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