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Brève | Mandarin Oriental, un palace du XXIe siècle résolument parisien (07-11-2012)

Le Mandarin Oriental, situé rue Saint-Honoré, Paris 1er, a ouvert ses portes en juin 2011. Ce palace de huit étages, se compose, entre autres, de 138 chambres et suites, de deux restaurants et d'un bar ainsi que d'un spa sur 2 étages. La réhabilitation de l'hôtel, logé dans un bâtiment historique classé des années 30 et doté d’un grand jardin intérieur paysagé, a été confiée à l'agence Wilmotte & Associés. Notice architecturale.

Notice Architecturale | 75001 | Willmotte & Associés

L'objectif fixé de cette rénovation est de transformer cet ensemble immobilier de bureaux en un grand hôtel de prestige. Ceci en conservant les atouts du bâtiment existant, à savoir, non seulement l'architecture du corps de bâtiment de la rue Saint-Honoré, mais aussi sa volumétrie existante qui donne aux étages supérieurs une vue sur tout Paris.

Création d'une grande cour centrale

La destruction du bâtiment existant situé entre deux cours existantes s'est imposée. Outre le fait que ces cours étaient très exiguës, cette destruction permet la création d'un grand espace intérieur. Cette nouvelle cour, aux dimensions généreuses (rez-de-chaussée : 21x22m ; étages courants : 22x29m), laisse pleinement pénétrer la lumière au coeur de l'opération, pour le jardin au rez-de-chaussée aussi bien que pour l'ensemble des chambres, principalement regroupées autour de cette cour.

02(@Wilmotte & Associes)_B.jpgDoublement en épaisseur du corps de bâtiment de la rue Saint-Honoré

Pour compenser la perte de surface engendrée par la destruction du bâtiment existant (anciennement entre les deux cours), une nouvelle construction est accolée à celle de la rue Saint-Honoré (R+6). De plus faible hauteur (R+5) pour être conforme aux règles de prospect de la rue et des mitoyens, ce bâtiment comporte une succession de terrasses accessibles, à l'image du bâtiment existant.

Hormis la construction de ce nouveau bâtiment, l'ensemble des volumes existants est conservé. Le bâtiment existant démoli, la volumétrie existante se prolonge à l'identique (jeu de retraits successifs à partir du 6e étage).

03(@Wilmotte & Associes)_S.jpgLa façade rue Saint-Honoré

Les changements sur cette façade concernent essentiellement la partie centrale qui n'est pas en correspondance avec le changement de destination. Alors que les deux ensembles latéraux (portiques), par leur échelle et la richesse de leur modénature, correspondent exactement à l'image d'un projet de palace, la partie centrale, de par l'échelle de son soubassement (effet de tassement) et la pauvre nomenclature de sa façade, correspond beaucoup plus à une architecture de bureaux.

De ce fait, des transformations importantes ont été envisagées dans cette partie : tout d'abord, un grand soubassement en double hauteur est créé et vient établir une liaison avec les deux portiques grâce à son échelle monumentale (réponse horizontale à la verticalité des portiques latéraux). En respectant la trame porteuse (5m10) du bâtiment existant, des piles en pierre sur une double hauteur (rez-de-chaussée, 1er étage) supportent un entablement identique à celui déjà présent en partie haute du 4e étage.

Ce soubassement, avec son rythme de cinq trames sur une double hauteur, comporte naturellement l'entrée de l'hôtel en partie centrale, légèrement en retrait. Ce grand porche est ceinturé par deux boîtes de lumière et une grille avec un motif identique aux parties latérales, en écaille, en partie haute.

De chaque coté du passage, le long du mur en pierre, sont positionnées deux grandes portes reprenant également le motif en écaille afin de bien marquer cette entrée, laquelle devient alors le signal fort de l'hôtel sur la rue Saint-Honoré.

De part et d'autre, les espaces commerciaux possèdent des façades vitrées double hauteur scindées par un bandeau intermédiaire (support d'enseignes) en pierre.

Pour le reste de la façade, entre le niveau 2 et le niveau 6, les changements concernent essentiellement les ouvertures (menuiseries et appuis de fenêtres). Le rythme vertical existant (division en trois parties de l'ouverture) est conservé, avec la division horizontale, uniquement sur les deux volumes vitrés latéraux.

Les deux parties latérales sont empiétées de la largeur d'une partie pleine en retrait : les boîtes de lumière. Chaque ouverture, correspondant à une chambre, est dotée d'une partie fixe centrale vitrée avec deux parties ouvrantes latérales et, de chaque côté, des parties pleines métalliques comportant un éclairage nocturne.

Il y a un léger décalage entre le nu vitré de la partie centrale et le nu vitré des deux parties latérales, de façon à créer un jeu de volume et de lumière propre à animer les longs bandeaux vitrés horizontaux. Ces nouvelles fenêtres sont équipées de menuiseries ton bronze. A chaque niveau, l'appui filant en pierre des fenêtres est refait à l'identique de celui des parties latérales existantes (épaisseur identique et frise sculptée 1930-1940). Cette façade de la rue Saint-Honoré gagne ainsi en cohérence et devient une véritable façade hôtelière.

Au rez-de-chaussée, les modifications nécessaires (accès livraison, sorties de secours) sont l'occasion de reprendre des éléments existants (grille avec motif d'écaille, etc.).

04(@Mandarin Oriental-DR)_B.jpgLes façades de la cour centrale

Alors qu'en volumétrie les bâtiments de la cour restent inchangés, à l’exception de la démolition du bâtiment central, les façades devaient être impérativement repensées.

Tout d'abord, elles n'avaient aucune cohérence entre elles (elles proviennent de 2 cours initiales différentes). La démolition du bâtiment existant oblige à refaire des nouvelles façades (car inexistantes). De plus, par leur répétitivité, leur rythme et leur modénature, elles s'apparentaient à une architecture de bureaux.

La référence architecturale de cet ensemble de bâtiments étant constituée par les deux portiques conçus par l'architecte Letrosne sur la rue Saint-Honoré, les façades de la cour s'inscrivent dans un prolongement de cette architecture. Des bandeaux horizontaux en pierre sculptée marquent les différents niveaux et un double jeu de grands portiques en pierre recompose l'ensemble des façades.

Dans cette cour, les trois façades (Est, Nord, Ouest) qui sont les façades des chambres, sont de la même famille. La composition s'organise autour d'un axe de symétrie (Nord-Sud) correspondant à l'axe du miroir d’eau et du jardin.

En effet, dans cette cour en partie Nord, un grand volume en partie centrale se développe sur une double hauteur (rez-de-chaussée et 1er étage). Il correspond au grand salon d'accueil de l'hôtel et possède une grande façade vitrée (hauteur : 7m) avec un retour vitré en toiture. Par sa position et son architecture, il constitue un des points forts de la cour. Il permet une grande transparence entre l'intérieur et l'extérieur en intégrant l'ensemble du jardin aux espaces publics de l'hôtel.

A l'extérieur, l'ensemble de ce volume est habillé de bardage en tôle laquée (ton bronze comme l'ensemble des menuiseries) de façon à bien se démarquer des façades pierre en correspondance avec les chambres.

La façade Sud de la cour centrale est constituée en grande partie par un mur végétal encadré de chaque côté par un jeu de doubles portiques de pierre. Ce mur végétal est composé d'une succession de bacs en inox poli miroir, plantés sur une hauteur de six niveaux. L'écriture de ce mur végétal, succession d'horizontales marquées (en partie masquées par le végétal), se rapproche de celui des bandeaux en pierre rainurée des chambres sur les deux façades latérales de la cour (Est et Ouest).

05(@Didier Boy de la Tour).jpgLe jardin de la cour centrale

Ce jardin, résolument contemporain, se développe sur l'ensemble de la surface de la cour, mais aussi au centre du mur Sud, offrant ainsi une grande surface végétale. Au centre du jardin, le miroir d’eau en marbre noir est recouvert d'une pellicule d'eau créant ainsi un effet de miroir.

Le jardin est conçu comme un prolongement des espaces intérieurs. La composition du jardin est basée sur un jeu de grands bacs plantés, de tailles différentes, avec diverses espèces végétales. Ils définissent une succession d'espaces de convivialité en prolongement du bar ou du restaurant. Des cépées d'arbres forment une sorte de couverture végétale à la cour, à la fois transparente et mouvante.

06(@Mandarin Oriental-DR)_B.jpgEn infrastructure

Les deux principaux niveaux de sous-sol (-1 et -2) dans l'existant sont conservés dans le projet de réhabilitation, sauf à l'aplomb de la cour centrale. En effet, un grand volume se développe sous la cour centrale en double hauteur avec une mezzanine. Cet espace abrite le spa de l'hôtel. En partie centrale, une piscine (4mx14m) sous le miroir d’eau bénéficie de la double hauteur. Les cabines (simples ou doubles) se développent tout autour de la piscine. Le niveau d'accès de ce spa est à moins de 6m du rez-de-chaussée. Une mezzanine permet de loger l'espace fitness.

Au premier sous-sol, toute la partie située le long de la rue Saint-Honoré est occupée par les sous-sols des locaux commerciaux et par les locaux techniques en réception des réseaux de la ville. La cuisine principale occupe la majeure partie de l'aile Ouest. L'aile Est abrite un ensemble de locaux de service.

Au deuxième sous-sol (à l'exception de la partie dédiée au spa), se trouve la plus grande partie des locaux de services. Des locaux techniques sont placés dans la partie Nord-Ouest en relation directe avec la rue Saint-Honoré et les locaux techniques du premier sous-sol.

Un troisième sous-sol a été créé en partie Sud le long du mur mitoyen pour pallier le manque de surfaces dédiées aux locaux techniques. Le nouveau local, qui bénéficiera d'une bonne hauteur sous plafond, sera en communication avec le plenum technique situé entre le nouveau plancher du spa et le raclier existant. Ainsi les locaux techniques en superstructure (niveau 9) ont pu être cantonnés en taille aux édicules existants.

Willmotte & Associés

07(@Mandarin Oriental-DR)_B.jpg

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