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Actualité | 'Paesaggi straordinari' : un master hors du commun ? (13-09-2012)

'Paesaggi straordinari'. Paysages extraordinaires. L’intitulé a de quoi faire rêver, d’autant plus qu’il s’agit de celui d’un nouveau master créé à l’initiative de la NABA - Nuova Accademia di Belle Arti di Milano -, en partenariat avec le Politecnico di Milano, l’école d’architecture de Milan. Objectif : former des spécialistes du paysage contemporain.

Vie étudiante | Milan

Présenté dans le cadre de la Biennale d’architecture de Venise 2012, le master 'Paysages extraordinaires' «a cette particularité de faire le lien entre pratique et théorie tout en menant une analyse critique», souligne Philippe Zourgane, chargé avec Séverine Roussel, son associée de l’agence ROZO, d’enseigner le projet dans le cadre de cette nouvelle formation.

Plus précisément, l’enjeu du master italien est de «questionner la conception du territoire contemporain tout en offrant aux étudiants des possibilités de réflexion et d’action».

Créée en 2011 à l’initiative, côté NABA, de Marco Scotini, commissaire d’exposition de renom et directeur des études de la NABA* et, côté Politecnico, par Elisabetta Bianchessi, architecte et paysagiste, la formation appelle, de fait, différents savoirs et savoir-faire.

Côté enseignements, elle est composée d’ateliers (workshops) expérimentaux 'appliqués au terrain' et de séminaires dirigés et dispensés, parmi d’autres, par Gilles Clément, Sami Rintala ou encore Marc Augé. Excusez du peu.

Côté étudiants, le master est ouvert non seulement aux candidats titulaires d’une licence en architecture ou en paysage mais également à ceux qui sont passés par les Beaux-arts ou des formations multimédias ou encore aux titulaires d’une licence en sciences humaines. L’admission se fait sur entretien, après remise d’un dossier comprenant CV, book et lettre de motivation.

Bref, ici, la pluridisciplinarité n’est, a priori, pas vaine volonté.

Parmi les workshops, l’atelier de 'Conception paysagère' mais aussi d’'Architecture environnementale', de 'Conception d’espaces publics', d’'Ethnographie urbaine', l’horticulture et l’agronomie n’étant pas en reste, selon le dossier de présentation du master.

Philippe Zourgane loue l’initiative. «La volonté de mettre en place un tel master est rare», dit-il. Y voir selon lui la touche toute particulière de la NABA, «un endroit particulier réunissant des gens qui mènent une vraie réflexion critique», notamment de Marco Scotini.

A l’heure où le paysage est préempté par le discours écologique, le master 'Paysages extraordinaires' offrira «un regard sur la grande échelle, une compréhension des pratiques et théories en la matière échappant au paradigme de l’écologie». Ou encore «il s’agit de comprendre les enjeux d’une société post-fordiste où le lien nature-artifice-paysage se fabrique autrement qu’à travers l’écologie».

02().jpgPhilippe Zourgane compte bien développer, à l’occasion du master, ses réflexions sur la dimension politique du végétal. L’architecte dénonce en effet «l’absence de pensée» en la matière. Preuve en est avec la terminologie, selon lui. «On dit 'espace vert' en français et 'il verde', le vert, en italien. C’est complètement réducteur».

«Pourtant, la première mondialisation économique au XVIIIe siècle fut une révolution par les plantes et le premier krach économique mondial fut produit par les plantes. Et n’oublions pas que les premières mesures de conservation des écosystèmes datent de 1767. Par ailleurs, la plante est à l’origine de la planification dans le monde colonial puis européen. La cité jardin, le parc urbain, etc., le végétal a joué un rôle actif dans l’éducation des classes populaire. C’est un des enjeux de l’hygiénisme», poursuit-il.

«Avec le passage à l’ère post-carbone, il y a une reconfiguration des liens entre art, cadre de vie, paysage, végétation avec de nouveaux enjeux contemporains que nous voulons explorer avec les étudiants. Nous avons prévu de travailler sur un espace abandonné au coeur du Grand Milan que la mairie veut transformer en parc pour comprendre les enjeux à l’oeuvre et développer des propositions», précise Philippe Zourgane à propos du master.

Pour y participer, ce sera l’an prochain. Les inscriptions pour l’année 2012-2013 sont en effet closes depuis fin juillet. Autre détail, pas des moindre : compter 8.000 euros pour embarquer dans l’aventure.

Emmanuelle Borne

Infos pratiques :

Master universitario di primo livello Landscape Design | Paesaggi Straordinari
NABA | Nuova Accademia di Belle Arti | Milano
Via C. Darwin, 20 | 20143 | P.IVA 06106910158
T. +39.02.97372.1
www.italian-design-academy.com/site/en/home.html

* Marco Scotini est un critique d’art et commissaire d’expositions (curator) indépendant. Il est également le directeur du département d’arts visuels (Visual Arts and Curatorial Studies) de la Nuova Accademia di Belle Arti (NABA).

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