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Brève | Aménagement du Sanctuaire Notre-Dame du Laus, une simplicité des lieux et des architectures (31-08-2012)

Après audition des trois cabinets d’architectes concurrents - Rudy Ricciotti, Dominique Perrault et Philippe Madec - et examen des projets, le jury, présidé par Jean-Jacques Aillagon, a désigné, le 21 juin 2012, le groupement Madec + Jourda & Barani, formé autour de Philippe Madec pour travailler en étroite collaboration avec Mgr Jean-Michel di Falco Léandri à l’aménagement du sanctuaire Notre-Dame du Laus, dans les Hautes-Alpes. Communiqué.

Hautes-Alpes

'Juste un pas de côté'. C’est le nom choisi pour un projet qui reflète humilité, sensibilité et respect d’une géographie sacrée. Une église modulable de plus de 2.500 places abritée d’un toit de petits bois assemblés un à un - dans le respect des savoir-faire locaux - et un projet d’aménagement de l’ensemble du site dans le respect de l’environnement. Ceci dans le souci d’accueillir un nombre de visiteurs de plus en plus important.

Philippe Madec, architecte et urbaniste, expert pour le Grenelle de l’environnement, est connu pour son approche éco-responsable des sites. Il s’est entouré de deux concepteurs de renom, Marc Barani et Françoise-Hélène Jourda, pour former le groupement Madec + Jourda & Barani.

02(@Kanope Film-Philippe Deschamps)_B.jpg Mgr Jean-Michel di Falco Léandri avec Marc Barani, Françoise-Hélène Jourda et Philippe Madec

Trois architectes qui se connaissent, s’estiment, partagent le même enthousiasme pour des visions architecturales complémentaires. Ils souhaitaient de longue date se retrouver sur un projet d’envergure. Parmi les réalisations marquantes du groupement, citons le musée archéologique du château de Mayenne, le pôle oeno-touristique de Lunel, la maison de la terre à Casablanca, les serres du Jardin Botanique de Bordeaux, le Centre de Formation Herne Sodingen en Westphalie, référence internationale en matière de développement durable.

Le projet de Philippe Madec & son équipe

Contexte
La reconnaissance officielle du caractère surnaturel des apparitions de la Vierge Marie à Benoîte Rencurel par l’évêque du lieu, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri, le 4 mai 2008, en présence d’une quarantaine de cardinaux et évêques et de plus de 6.000 personnes, a créé un attrait pour le Sanctuaire du Laus qui dépasse largement les limites du diocèse de Gap et d’Embrun et donc du département des Hautes-Alpes.

Aujourd’hui, la basilique, construite très tôt après les premières apparitions, ne permet plus de recevoir le nombre important de pèlerins présents pour des événements particuliers ou en haute saison. Le besoin d’un lieu modulable (lieu de culte et salle de conférences) pouvant accueillir de 1.000 à 2.500 pèlerins, se fait toujours plus ressentir, de même que la nécessité de rendre l’ensemble du Sanctuaire plus accueillant et plus fonctionnel.

Ces dernières décennies, le Sanctuaire Notre-Dame du Laus a accueilli en moyenne 170.000 visiteurs annuels. Avec un potentiel de 480 lits, il est le premier complexe hôtelier des Hautes-Alpes, dans une région qui vit essentiellement du tourisme, aussi bien estival qu’hivernal. Dans les années qui viennent, le site souhaite pouvoir accueillir, dans les meilleures conditions possibles, les pèlerins dont le nombre ne cesse de croître.

03(@Christian Couderc).jpg Le sanctuaire Notre-Dame du Laus

Objectifs et enjeux du projet
* Offrir à tout pèlerin la possibilité d’assister aux offices religieux dans de bonnes conditions, en construisant une église modulaire allant de 1.000 (pour les périodes d’affluence habituelle) à 2.500 places (pour la période estivale et lors des grands événements) ;
* Aider à la lecture du sanctuaire autour d’une démarche forte et centrale, mettant en valeur l’actuelle basilique, coeur du sanctuaire ;
* Améliorer la diffusion du message du sanctuaire Notre-Dame du Laus aux pèlerins présents à l’hôtellerie comme aux visiteurs d’un jour, en construisant un espace d’accueil du pèlerin et du visiteur, comprenant un vaste parvis, une salle d’accueil, un espace de projection, le magasin et la librairie ;
* Satisfaire les besoins du pèlerin en séjour en augmentant le nombre de lits disponibles (600 dans un premier temps, puis 800 à moyen terme), amélioration du confort et diversification des capacités d’hébergement ;
* Créer l’événement par une architecture qui s’insère dans ce site de verdure et de montagne en proposant pour l’église un bâtiment lumineux, au style épuré, capitalisant sur le panorama, sur les montagnes et s’inscrivant dans une démarche environnementale affirmée.

Le sanctuaire réaménagé devra attirer et accueillir des visiteurs plus nombreux, mais aussi plus diversifiés : toucher des visiteurs qui ne seraient pas venus spontanément est l’un des objectifs évoqués par le diocèse.

Aménager : ménager un site fragile, d’une beauté rurale sans bouleverser ni le lieu ni les pratiques
Aménager le site, l’ouvrir à son avenir sans le détourner de sa vocation première : la réconciliation, voilà l’enjeu de ménagement. Il ne passe que par l’analyse des rapports entre l’histoire de Benoîte Rencurel, l’espace souvent sauvage des apparitions et le tissage des relations entre villages, bourgs et hameaux. Parcours intime, force de la nature et projet pour une communauté ouverte qui se reconnaît dans un territoire particulier deviennent les trois éléments de base du projet d’aménagement du Sanctuaire.

Intense centre de vie spirituelle et première destination hôtelière du département des Hautes-Alpes, la vie du Sanctuaire rayonne sur son environnement proche, croît et ne peut porter atteinte à ce qui est le berceau de son origine : la beauté. Hameau perché dans un site de dimensions réduites, conque naturelle voisine de l’Avance, le site est cultivé, productif, habité, agricole et préserve ses qualités originelles nées du monde rural : simple, en paix, proche, intime donc.

Le projet de Philippe Madec et son équipe cherche à maintenir cet équilibre fragile et merveilleux et à le rendre fort en restaurant son caractère originel.

04(@Madec-Jourda-Barani)_B.jpg Projet de l’église et du site du groupement Madec + Jourda & Barani - Vue aérienne

Un lieu de paix et d’unité
L’église sort du sol sur lequel elle s’appuie, évoque les grottes où l’histoire commence et s’élève en nef sous une vaste charpente de bois. Sa coque protège par son manteau de bois qui se déploie au-dessus de l’assemblée. C’est une charpente, manteau et couronne à la fois propre à la Vierge Marie. La charpente courbe et de forme ogivale est constituée d’une multitude de petits bois assemblés de mains d’homme et non de lourdes machines. Symbole d’unité, de rassemblement des êtres. Dans la réunion de la multitude des petites pièces, en charpente et en couverture, de planches et de tavaillons, le mystère apparaîtra.

L’église de 2.500 places
La nouvelle église est pensée comme un seul bâtiment, un seul espace, modulable cependant. La nécessité programmatique de diviser l’espace entre une église permanente et des salles de réunion à vocation diverses (enseignement, groupes de parole, etc.) a conduit le cabinet de Philippe Madec à rechercher des solutions de subdivision spatiale en mettant à profit la partie 'tellurique' de l’édifice. 

Tandis que la charpente en bois couvre l’église et tient rôle de nef permanente, ce sont donc les espaces semi-enterrés, formant un grand collatéral minéral qui reçoit ce pan du programme. Le dispositif spatial permettra donc de bénéficier de salles de 80m², 140m², 180m², 220m² et jusqu’à 450m², chacune bénéficiant d’une volumétrie spécifique, d’éclairage et ventilation naturels.

05(@Madec-Jourda-Barani)_S.jpg Eglise - Coupe au 200e

Restaurer et déployer par étapes, sans bouleverser le lieu et les pratiques
La mise en oeuvre du schéma directeur d’aménagement n’occasionne aucune fermeture du site. La basilique - comme l’ensemble des bâtiments et des fonctions qu’ils abritent - ne seront donc jamais 'fermés pour travaux' durant la mutation du site. L’espace sacré sera libéré par la déconstruction du mur d’enceinte de l’espace des cérémonies comme par la disparition des alignements végétaux sombres et opaques afin de laisser l’espace sacré s’ouvrir à sa beauté et à sa profondeur. 

Dans cette disposition, il n’y a pas de concurrence, pas de dramatisation, plutôt la recherche d’une simplicité des lieux et des architectures.

06(@DR)_S.jpg Le Laus dans son écrin

Réactions

Frybandstill | paramédicale | paris | 11-11-2013 à 20:28:00

11/11/2013, en la Fête de St Martin.

Je découvre fortuitement ce projet,après avoir découvert, d'abord, les 2 précédents ! ouf! merci Mon Dieu ! Nous l'avons échappée belle !( nous = pèlerins, en solidarité avec les habitants du Hameau).Le projet de Mr RUDY RICCIOTTI a le mérite de montrer exactement, tout ce qu'il fallait éviter: oui, il montre exactement tout ce que n'est pas ,le Haut-Alpin de souche...;et, tout ce que n'est pas , le pèlerin Marial de base, à Notre-Dame du Laus... Ce projet de Rudy R. est génial, grandiose, spectaculairement étouffant, et aussi parfait que Lucibel, le plus Beau des Anges...pour accueillir le Futur Congrès INTERNATIONAL du Futur CLUB MED,dernier cri,de l'An 3.000 ; avec , comme principaux invités, les plus hauts Emirs, des EMIRATS A.U, sans oublier Doubaï, etc...dans toute leur splendeur...! Donc,c-a-d, exactement, en harmonie, avec la modestie de Benoîte, et du Hameau du Laus, ça va de soi...(excusez-moi de vous demander pardon,pour ces associations d'idées peu élaborées, en vrac, qui n'engagent que moi, très ordinaire personne du menu peuple de France.) Dans le 2e projet, il y avait qq trouvailles, et certains points intéressants, mais, aussi, bon nombre de facteurs limitants...là, en plein milieu du site... Et puis, bien sûr, il fallait surtout, tourner le regard, vers l'intérieur du coeur profond, ..; et, là, à l'Ecoute de MARIE,..."simplement", suivre la Direction du Bras et de la Main grâcieuse de MARIE,donnant, de Pindreau, la direction vers ...là-bas......et voilà...! ouf ! on respire ! Tout devient léger ...structures légères ( et solides à la fois ...) C'est simple...c'est " La Tente de La Rencontre", ( façon, "en- dur", et non en toile, car le climat est rude,l'hiver, et contrasté, à cette altitude ensoleillée...)C'est une construction,"à - l'Ecoute..".."Sh'maIsraël"....Résultat : "Shalom ! ... " Ma Paix soit avec vous..."
... Chaque chose est à sa bonne place ,juste, et, dans la bonne mesure juste... bien ajustée au paysage...,et, chaque élément, bien ajusté, à la spiritualité du Laus ! Y compris, embrassé dans le paysage,ce "lieu-saint",(ce lieu "d' Assemblée"),et de Mémoire vivante, qu'est le Cimetière,avec La Présence de tous ceux qui continuent à aimer leurs familles, dans La Communion du Ciel et de La Terre. Oui, il y a de la place... il y a de l'espace..., et de l'intimité , à la fois...de la Lumière, de la chaleur, et de la fraîcheur,tour à tour, ; et aussi ce semi- enfouissement,dans l'humus... de l'humilité... avec ce côté...Eglise des Catacombes, en communion avec toutes les églises souffrantes...dans le monde; qui se reconnaissent au signe de la Croix, et à ce symbole ICTUS, que dessine la toiture,au moment où l'on découvre l'ensemble de ses lignes,d'un bout à l'autre...! On dirait , effectivement, une église inspirée par MARIE,et "complétée", par les inpirations "PRO" de Joseph son époux attentif,avec ses compétences de charpentier- maître-ouvrier ,au service de ses voisins de
Nazareth ;D'ailleurs, n'est-ce pas, lui-même,en personne, qui va ouvrir Le Jubilé des Apparitions? oui Madame ! et c'est même le jour précis,de Sa Fête d'Artisan Renommé, le 1er Jour du mois de MARIE ,le 1er MAI 2014 ! Et oui, Ils sont bien là, MARIE et Joseph,et fidèlement, ils
continuent à guider le professionnalisme des artisans, qui vont avoir ce bonheur quotidien, de réaliser cette oeuvre d'art,dans la confiance et la Paix de MARIE et Joseph ( avec la petite Benoite qui, du coin de l'oeil, contemple l'oeuvre de Dieu,..ravie...aux Anges, quoi!...)...Comme il est difficile d'être simple...! ( et comme il est facile d'être compliqué...)Je ne sais pas qui c'est, ce Cabinet MADEC

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