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Etats-Unis | Aux architectes en mal d'emploi, la ténacité (29-08-2012)

Dans un article publié le 25 juin 2012 dans le Daily Journal of Commerce, quotidien spécialisé en construction publié à Portland, dans l’Oregon, le journaliste Reed Jackson compare la difficile recherche d’emploi des jeunes diplômés en architecture à celle de la 'génération sacrifiée' des années 1980. Un parallèle pertinent selon d’aucuns, excessif selon ceux qui s’en sont sortis à force de ténacité.  

Etats-Unis

LA 'GENERATION PERDUE' D’ARCHITECTES TOUJOURS PRESENTE
Reed Jackson | Daily Journal of Commerce

PORTLAND - La situation actuelle des diplômés en architecture luttant pour trouver un emploi est bien trop familière à Saundra Stevens. Elle observa le même phénomène au début des années 1980, quand une récession força les diplômés d’alors à chercher un emploi dans d’autres domaines.

«Il étaient surnommés 'la génération perdue'», dit Saundra Stevens, qui préside la section de Portland de l’American Institute of Architects. «L’expression est encore largement employée à propos de ceux qui ne revinrent jamais. Malheureusement, il semble que cela soit en train de se reproduire aujourd’hui».

Directeurs d’agences locales, représentants universitaires, étudiants, tous s’accordent en effet pour dire que l’actuelle récession force de nombreux diplômés à chercher du travail ailleurs qu’en architecture. Toutefois, d’aucuns estiment que l’idée d’une 'génération perdue' - fusse à l’époque ou aujourd’hui - est excessive.

La réalité est que, dans les années 1980, les emplois destinés aux architectes étaient difficiles à trouver dans une ville comme Portland, en récession ; de nombreux diplômés finirent par accepter des postes de gratteurs ou par travailler à l’étranger, selon l’architecte Bill Bailey.

«En fin de compte, on s’installait en Alaska, au Texas ou en Californie du sud. Pour ceux qui restaient dans le coin, la recherche d’emploi était longue et les plus chanceux devaient accepter des postes de vrais débutants», affirme Bill Bailey, diplômé en 1983 du département 'Architecture and Allied Arts', de l’Université d’Oregon. «Mais il n’était pas pour autant question de 'génération perdue'».

02(@WaterleafArchitecture)_B.jpgFaisant aujourd’hui partie des représentants de l’agence Waterleaf Architecture, Bill Bailey fut l’un de ces diplômés des années 1980 qui accepta un poste de gratteur au sein de ce qui est devenu le Groupe Mackenzie. La plupart de ses pairs ont trouvé, comme lui, le moyen de continuer à travailler au sein du secteur après le diplôme, assure-t-il.

Pourtant, de nombreux diplômés découvrent que les anciennes stratégies valent leur pesant d’or sur le marché actuel. L’Université d’Oregon travaille ainsi à mettre en place des programmes permettant aux jeunes architectes de réaliser leur stage à l’étranger, souligne Karen Johnson, vice-doyenne du département d’architecture.

Alors que les agences locales luttent pour survivre, d’aucunes parviennent à proposer des opportunités. Par exemple, ZGF Architects comme GBD Architects soulignent avoir récemment embauché des diplômés à des postes de débutants.

03(@ZGF architects).jpgMais même de tels postes ne garantissent pas un emploi stable dans le secteur. De nombreux experts décrivent la crise actuelle comme plus sévère pour le marché de l’architecture que celle des années 1980. Les plans de licenciement des agences sont plus conséquents et le marché du bâtiment se ressaisit beaucoup plus lentement, selon Bill Bailey et d’autres architectes. De fait, de nombreux diplômés actuellement en stage ou ayant obtenu leur tout premier poste seront sans doute licenciés dans l’avenir.

C’est sans compter sur ceux qui ne parviendront pas à trouver d’emploi. Ainsi, parmi les récents diplômés, certains envisagent de quitter définitivement l’architecture pour des postes dans d’autres secteurs, selon Alex Porter, récemment diplômé de l’Université d’Oregon. «Quand vous êtes face à une crise qui dure aussi longtemps que celle-ci, il y a de quoi s’inquiéter», dit-il. «J’adore cette profession mais elle ne permet pas de payer mon loyer», regrette-t-il.

Rien que pour en passer le seuil d’entrée, Alex Porter a dû travailler gratuitement pour une agence. Ce n’est que récemment qu’il a pu signer un contrat auprès de Lever Architecture.

04(@LEVERArchitecture)_B.jpgNombreux parmi ses pairs font eux aussi leur possible pour rester dans le milieu, que ce soit en travaillant dans des domaines plus ou moins liés à l’architecture ou en dénichant des petits boulots en attendant la reprise économique.

«Ceux qui sont vraiment motivés reviendront à l’architecture et ce seront ceux qui se distingueront», assure Nels Hall, l’un des associés de l’agence Yost Grube Hall Architecture.

Nels Hall parle en connaissance de cause. Travaillant chez SOM architecture dans les années 1980, il fut licencié lors de la crise. Il choisit de persister en architecture et finit par trouver du travail auprès d’une autre agence de Portland.

«Je conseillerais aux jeunes diplômés d’être tenaces et de ne pas lâcher prise», dit-il. «Il faudra sans doute être au bon endroit au bon moment, mais les opportunités ne manqueront pas».

Daily Journal of Commerce | Reed Jackson | Etats-Unis
25-06-2012
Adapté par : Emmanuelle Borne

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