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Visite | Rue de Lille, Paris VIIe : Philippe Chiambaretta redore l'identité de la Caisse des Dépôts (11-04-2012)

Mars 2012. Philippe Chiambaretta livre la première phase du projet de restructuration des espaces d’accueil du siège de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC). D’un rez-de-chaussée labyrinthique, l’architecte a créé des espaces rationnels. Surtout, habillant les façades, des motifs éveillent une identité conjuguant enjeux publics et privés tout en conférant à l’institution une poésie inattendue.  

Bureaux | 75007 | Philippe Chiambaretta Architectes / PCA

«Le projet s’articule autour de trois grandes idées : rationaliser un espace labyrinthique via un plan en croix clair et lisible, allier une écriture contemporaine au vocabulaire des passages parisiens et incarner l’identité de la Caisse des Dépôts et Consignations». Coiffé d’un casque de chantier, Philippe Chiambaretta présente à la presse, en ce 5 mars 2012, in situ, les grands axes du projet de restructuration du rez-de-chaussée du siège de l’institution installée depuis 1857 au sein d’un hôtel particulier sis 56 rue de Lille, dans le VIIe arrondissement de Paris.

En nombre, les ouvriers s’activent pour livrer la première phase d’un projet qui en compte deux. La première étape portait sur la rénovation des espaces compris entre la rue de Lille jusqu’à la cour de l’Horloge au coeur du bâtiment. La deuxième phase, dont la livraison est prévue en septembre 2013, concerne la surface allant de cet espace central jusqu’au quai Anatole France, sur les bords de Seine.

A l’origine du projet, la conjugaison de trois problématiques. «Un siège peu identifiable dans son environnement, des espaces de circulation devenus obsolètes au regard du nombre accru de collaborateurs et de visiteurs (compter 1.500 visiteurs par jour, ndlr) et aussi une obsolescence en matière de normes de sécurité», souligne le directeur stratégie de la Caisse des Dépôts, Edouard Arkwright.

Les espaces les plus représentatifs d’une institution vieille de près de deux-cent ans n’avaient pas fait l’objet d’une véritable rénovation depuis les années 1980. D’où un concours, remporté en 2009 par Philippe Chiambaretta.

02(@Jean-PhilippeMesguen)_B.jpg«Un véritable travail d’archéologie», dit-il. En effet, de commencer la transformation des 5.000m² par une opération de curetage. Ensuite, la recomposition se fit en fonction d’un plan composé d’un axe principal nord-sud traversant l’ilot depuis la rue de Lille jusqu’au quai Anatole France, lequel croise un axe transversal distribuant les noyaux des ascenseurs menant aux étages.

Les fonctions publiques - bureaux de poste, guichets de dépôts, espaces d’attente - sont redistribuées autour du passage principal. Ainsi, «la banque d’accueil, à proximité du croisement des deux axes, est immédiatement visible pour le visiteur».

Enfin lisible, le nouveau hall de la Caisse des Dépôts ne manque pas de panache. Avec ses baies latérales et sa succession de voûtes en partie mordorées, le passage principal n’a pas volé son appellation. Philippe Chiambaretta confirme la référence aux passages parisiens du XIXe siècle et, pour l’incarner, d’extraire «un des rares éléments d’architecture datant de 1728 ayant traversé le temps : la voûte plein cintre».

03(@Jean-PhilippeMesguen)_B.jpgSi la voûte est de staff, la feuille est d’or, conférant au nouveau hall un aspect institutionnel en plus d’un esprit parisien. Ne pas oublier les oculi géants diffusant la lumière, lesquels participent au caractère monumental des nouveaux espaces.

Pourtant, ce sont les grilles habillant les deux baies vitrées et le portail d’entrée de la façade rue de Lille qui retiennent l’attention des journalistes comme des passants. «Ce filtre visuel, formant un écran devant les bureaux, donne aussi l’échelle de l’institution». En fait, un motif.

Précisément, deux motifs, l’un colonisant l’autre. Composée d’une «structure stable» formée par la répétition d’un trèfle stylisé, cette trame est «envahie» par des fleurs de lys aux contours bien plus déliés. Avec ces dessins découpés dans une tôle plate de deux centimètres et demi, les monumentales baies - compter, pour chacune, huit mètres de haut pour six de large en quatre morceaux - et le portail d’entrée forment un beau pignon sur rue.

Ce n’est pas tout. Le double motif procède d’une entreprise sémiologique. «Il fallait exprimer l’identité de la Caisse des Dépôts et l’affirmer dans son environnement», rappelle Philippe Chiambaretta. Autrement dit, rue de Lille, l’ornement participe de la réhabilitation d’une image autant que d’un lieu.

Pas une mince affaire quand on sait que la Caisse des Dépôts est à la fois, historiquement, un groupe servant l’intérêt général et, depuis le dernier tiers du vingtième siècle, une centrale de services financiers dont l’enjeu est de faire fructifier des fonds privés.

04(@Jean-PhilippeMesguen).jpgAu double enjeu, public et concurrentiel, répond donc une identité conjuguant stabilité d’une part, croissance de l’autre. «La fleur de lys et le trèfle à quatre feuilles sont le fruit d’un long travail de réflexion, de recherche sur l’histoire de l’institution et de conception, mené non seulement avec la Caisse des Dépôts mais aussi avec une designer, Annonciade Perron, des artisans spécialisés, les ABF et un linguiste», précise l’architecte.

Le premier motif est issu du blason historique de la Caisse des Dépôts et Consignations. «Au-delà du symbole royaliste, le lys est celui de la croissance et de la vitalité», dit-il. Au trèfle, «l’image de la stabilité, le devoir de faire fructifier» et, aussi, les quatre initiales du maître d’ouvrage.

Le ton mordoré ? Un emprunt à la ferronnerie parisienne.

Bref, avant même la fin des travaux, la CDC peut s’enorgueillir, rue de Lille, d’une identité retrouvée.

«Nous attaquons la deuxième tranche dans la foulée», précise Philippe Chiambaretta.

05(@EmmanuelleHenin-ArthurCouprie)_B.jpgUne deuxième étape non moins essentielle. «L’un des enjeux du projet est de rééquilibrer les deux accès au bâtiment, côté rue de Lille et l’entrée du quai Anatole France». C’est-à-dire valoriser l’entrée côté Seine, face au Louvre, aujourd’hui traitée comme un accès secondaire. Ce que l’architecte compte notamment mener à bien en agrandissant les surfaces vitrées de la galerie longeant le quai et en les habillant des mêmes motifs ornant la façade rue de Lille.

Stabilité, croissance, certes. Poésie aussi, en secteur sauvegardé.

Rendez-vous en septembre 2013 pour en vérifier l’annonce.

Emmanuelle Borne

Fiche technique

Projet : création des nouveaux espaces publics de la rue de Lille au quai Anatole France (livraison phase 1) par Philippe Chiambaretta / PCA.
Surface : 4.800m²
Livraison phase 1 (de la rue de Lille à la cour de l’horloge) : de mars 2011 à mars 2012
Livraison phase 2 (de l’espace accueil au quai Anatole France) : de mars 2012 à septembre 2013

Maîtrise d’ouvrage : Caisse des Dépôts et Consignations
Maîtrise d’oeuvre :
Architecte: Philippe Chiambaretta / PCA
Equipe phase concours : Arthur Couprie (architecte chef de projet), Guillaume Mangeot (architecte chef de projet), Emilie Duley (architecte)
Equipe phase études et chantier : Sébastien Truchot (architecte chef de projet), Chloé de Quillacq (architecte), Philippe Mirailler (architecte intérieur), Arthur Couprie (architecte), Emmanuelle Henin (architecte), Emilie Duley (architecte), Annonciade Perron (designer - conception grilles), Pauline Merlet (sémanticienne), Pierre Chanh Van Truong (architecte), Karine Jevelot (architecte)
Structure et Fluides : Terrel
HQE : Benefficience
Sécurité : CSD Faces
Acoustique : Commins
Economie : DAL

Réactions

zo | guide interprte | paris | 23-04-2014 à 14:20:00

j'aurais aim avoir des infos plus compltes , d'un point de vue
artistique , technique , sur les superbes ouvertures sises sur les quais ainsi que rue de Lille . merci pour votre rponse

Ann | designer | 75 | 13-04-2012 à 17:45:00

je tiens à souligner que les 3 initiales, en accord avec Philippe Chiambarreta son aussi et surtout les initiales de la designer Annonciade Perron Création... elles peuvent se lire dans plusieurs sens ....

Bien à vous .

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