Ciné-club de l’ESA - Cycle du semestre printemps / été 2012.
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L’imaginaire au cinéma peut être analysé dans une mise en relation des formes urbaines et des individus en fonction d’une structure idéologique et sociale. Il y a donc une réflexion à mener sur les rapports qu’entretiennent cinéma, ville et société.
L’objet de ce cycle est de se pencher sur la déterritorialisation et la représentation d’un espace urbain à la dérive, la construction de la représentation du paysage social et sa mise en scène au cinéma.
Dans Mamma Roma de Pier Paolo Pasolini, tourné en 1962, une mère prostituée espère récupérer son fils et rentrer dans la norme en s’installant dans un grand ensemble du quartier neuf de Don Bosco.
Mercredi 7 mars à 19h00
Mamma Roma de Pier Paolo Pasolini (1962)
Mamma Roma, prostituée romaine, aspire à la respectabilité et décide de changer de vie.
Elle va chercher son fils Ettore, élevé dans une famille de province à l’abri des aléas de son existence passée et s’installe avec lui dans une HLM de la banlieue romaine.
L’adolescent, apprenant la vérité sur le passé de sa mère, est choqué ; il tombe dans la délinquance.
Seul et désemparé, il meurt en prison à la suite des mauvais traitements qui lui ont été infligés.
Mamma Roma, c’est la mère de la ville, de tout le monde, manière de se moquer à la fois de l’héroïne, de Rome et surtout de ses habitants, comme si tous étaient fils d’une prostituée.
C’est dans le quartier INA Casa del Tuscolano, manifeste du nouveau rationalisme urbaniste italien, que va s’installer Mamma Roma, après avoir quitté le vieux passage voûté du Casal Bertone.
Depuis les nouveaux immeubles spacieux, on peut voir les ruines de l’aqueduc romain antique. Dans ces ruines de la mémoire, Pier Paolo Pasolini montre les mutations de la forme physique de la ville, ainsi que les déchirures culturelles d’une humanité face aux pseudo valeurs d’une modernité importée.
Face à la tragédie de la mort d’Ettore, Pier Paolo Pasolini dépasse l’idée fataliste d’une prédestination au malheur, sa critique est politique : certains choix urbanistes et sociaux sont lourds de conséquence pour les plus modestes, le progrès matériel apporté par la modernité est un leurre.
Le malheur, explique Pier Paolo Pasolini dans Mamma Roma, ne vient pas forcément du fait que le Capital appauvrit, mais de ce que le bien-être matériel s’accompagne d’une perte d’humanité.
Mercredi 7 mars à 19h00
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En savoir plus :
Ciné-club de l’Ecole Spéciale d’Architecture
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