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Visite | Gymnase Richard Mique, une illusion d'optique signée Fassio-Viaud (18-01-2012)

Des boîtes impeccablement bardées de pierre en lévitation, tel pourrait être le pitch de l’ensemble sportif et associatif Richard Mique, livré en  novembre 2011 à Versailles (78) par Olivier Fassio et Jean-Brice Viaud. Des maîtres d’oeuvre pour lesquels l’architecture se loge dans les détails. En témoignent les points de jonctions d’un ensemble parlant sans être bavard.

French Touch | Bâtiments Publics | Sport | Versailles | Fassio-Viaud

«Le projet est à la croisée de deux tissus, l’un constitué d’habitations bourgeoises, l’autre composé de logements sociaux créées par Henri Colboc dans les années 1950».

Paris, gare Montparnasse. Olivier Fassio décrit le contexte de l’ensemble sportif et associatif Richard Mique, livré en novembre 2011 à Versailles, où se rendent justement l’architecte, sa chargée de communication et deux journalistes, dont celui du Courrier de l’Architecte. Sur place, son associé, Jean-Brice Viaud, accueille la troupe.

Composé de différents volumes abritant gymnase, salle polyvalente, vestiaires et hall d’entrée disposés en quinconce, l’ensemble doit cet effet à l’alternance de surfaces bardées de pierres et de surfaces vitrées ou évidées. Hommage aux logements sociaux alentours. Ainsi paré, le gymnase Richard Mique s’intègre sans fausse note dans son contexte, tant et si bien qu’à l’arrivée en voiture depuis la gare, il faut y regarder à deux fois pour distinguer le bâtiment.

02(@Fassio-Viaud).jpgQuant au vocabulaire des maisons bourgeoises, «nous lui avons emprunté la modénature des garde-corps et serrureries des balcons de la ville». 

En fait, le «précieux» dessin a été interprété sous forme de motifs sérigraphiés sur partie des surfaces vitrées du gymnase et de la salle polyvalente. De quoi animer l’ensemble sans manières.

En effet, ce qui caractérise le gymnase Richard Mique est sans conteste sa sobre quoique savante volumétrie sublimée par une mise en oeuvre soignée des revêtements. Côté ville, de souligner la minutie des joints entre les panneaux de pierre de 1,20 par 2,40 mètres et cinq millimètres d’épaisseur agrafés «sur un plaquage nid d’abeille en aluminium».

Pour les faces 'intérieures' des boîtes, les architectes ont choisi un acier laqué brun offrant «un écho au mobilier urbain» et contrastant avec les tons clairs de la pierre. De fait, l’oeil s’arrête sur les points de rencontre entre les volumes.

L’angle à la jonction du volume formant le porte-à-faux du parvis d’entrée et de la boîte abritant les vestiaires est, notamment, impeccable. In fine, ce détail est peut-être celui qui incarne le mieux le doigté de Fassio-Viaud. «Vu qu’on utilise des masses simples, tout était dans ce détail», confirment les architectes.

03(@Fassio-Viaud)_S.JPG«C’est le point où tout bascule, où l’on passe d’une géométrie à l’autre ; avec du béton, de tels angles sont plus faciles à traiter mais faire en sorte que différentes vêtures se rencontrent pile poil dans un angle droit est un défi», précisent-ils. C’est dans ces détails que, parfois, bascule un savoir-faire. En l’occurrence, grâce à un traitement particulièrement délicat, le porte-à-faux en pierre semble ne tenir qu’à un fil.

Olivier Fassio et Jean-Brice Viaud semblent ravis de voir l’illusion d’optique faire son effet. «Nous voulions effectivement faire oublier la pesanteur en traitant le plus finement possible les points d’appui». Lévitation accomplie et pied-de-nez aux sceptiques. «Lors du concours, au vu des images, nos confrères nous taquinaient sur la faisabilité d’un tel détail», s’amusent-ils.

Implanté à l’intersection de la rue Richard Mique et de l’avenue Solférino, le gymnase Richard Mique forme la figure de proue du quartier. «Créer un parvis couvert à l’angle de la parcelle est ce qui confère au bâtiment son statut d’équipement de quartier», soulignent les architectes. D’où le porte-à-faux de huit mètres. De préciser qu’aucune grille ne vient cerner la séquence d’entrée, ce qui, effectivement, confère tout son panache à l’avancée. A ce titre, Olivier Fassio et Jean-Brice Viaud mettent l’accent sur le dialogue «d’une qualité rare» mené avec le maire de Versailles, François de Mazières.

04(@Fassio-Viaud)_B.jpgA l’intérieur, un généreux hall d’entrée, accessible de plain-pied depuis le parvis, est tout de jaune tapissé, offrant un franc contraste avec les tons discrets de la pierre extérieure. Une façon de composer un accueil galvanisant et d’intégrer «du peps» au bâtiment.

Destiné aux scolaires de l’école attenante ainsi qu’aux associations de quartier, le gymnase et la salle polyvalente se déploient au sein de volumes toute hauteur en R+1. Délimitée par des baies vitrées côté cour et côté rue, la salle polyvalente comprend un mur serti de miroirs sur toute sa longueur, lequel reflète ainsi la surface aux vitres sérigraphiées. Simple, l’effet est efficace.

En revanche, il est permis d’émettre un bémol, compte tenu de la précision des architectes, à propos de la structure en béton du gymnase, dont les poteaux ne coïncident pas avec les menuiseries des baies vitrées. «Cette structure en béton est celle de l’ancien gymnase ayant brûlé en 2004. Nous aurions préféré travailler avec la dalle sans poteaux mais la Ville tenait à conserver l’ensemble de la structure, qui faisait partie du cahier des charges du concours, pour des raisons économiques*», expliquent-ils.

05(@Fassio-Viaud).jpg«Nous n’avons pas souhaité créer un électrochoc», assurent Olivier Fassio et Jean-Brice Viaud, faisant référence aux tons du bâtiment. Sans être bavard, le gymnase Richard Mique conte néanmoins l’histoire d’architectes prestidigitateurs.

Emmanuelle Borne

* En 2007, la Ville lançait un premier concours pour la démolition de la ruine et la reconstruction d’un nouveau gymnase. A la suite des élections de 2008, face au montant des travaux (8 millions d’euros dont 5,6 millions à la seule charge de la ville), la nouvelle et actuelle équipe municipale de Versailles décida l’annulation du projet. Elle relança un concours en 2009 avec comme demande particulière de conserver la structure ancienne du bâtiment afin de réduire les coûts.

06(@Fassio-Viaud)_B.JPGFiche technique 

Maîtrise d'ouvrage : Ville de Versailles
Maîtrise d'oeuvre : Fassio-Viaud (Olivier Fassio et Jean-Brice Viaud)
Equipe de maîtrise d'oeuvre: Acoustique et Conseil, BETIBA
Surface SHON : 1. 200m²
Coût : 2.200.000€ HT (dont 1.840.000€ financés par Ville et 1.020.000€ par le Conseil général des Yvelines)
Concours : octobre 2009
Livraison : novembre 2011

Programme :
Gymnase : 600m²
Salle polyvalente (pour les activités de quartier, spectacles, diners, réunions, expositions, etc.) : 220m²
Hall : 40m²

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