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Cahier Spécial - En direct de Batimat - Vendredi 11 novembre

Actualité | Des couleurs, France et Michel Cler en ont fait un métier urbain (11-11-2011)

Pas de salon de la construction sans matières ni couleurs. A ce titre, si les architectes font de plus en plus appel à des consultants couleur, ces derniers s’attachent essentiellement à l’échelle architecturale ou à l’architecture d’intérieur. Atelier Cler fait partie des rares spécialistes à travailler l’échelle urbaine. 

Couleurs | Batimat | France

«Travailler les ambiances chromatiques dans les espaces urbains». Tel est le métier de France et Michel Cler depuis «plus de vingt ans», fondateurs de l’atelier Cler, situé dans le XIIIe arrondissement de Paris. En résumé, ces consultants couleur interviennent, notamment, à l’appel de collectivités locales pour l’élaboration de schémas chromatiques. Objectif ? Harmoniser et, surtout, valoriser le caractère d’une commune.

Atypique, ce métier n’est pourtant pas récent. L’architecte-urbaniste et la plasticienne ont commencé à prodiguer leurs conseils en la matière à l’époque des villes nouvelles, à la fin des années 1970.

«Nous sommes davantage des praticiens de terrain que des scientifiques», soulignent-ils.  Point de départ de leurs recommandations chromatiques : l’analyse du terrain, c’est-à-dire «du site, de la lumière, des ambiances architecturales, de la culture locale»... pendant un an.

La durée semble saugrenue à l’heure de concours aux délais de plus en plus serrés. «Nous étudions les variations lumineuses et le matériau végétal selon les saisons», expliquent les spécialistes, qui concèdent cependant qu’il est de plus en plus rare de faire patienter leurs clients douze mois durant. Ainsi, en général, «nous essayons d’observer au moins deux saisons contrastées».

02(@AtelierCler)_B.jpgSuite à l’analyse, «nous fournissons deux documents : un nuancier et un plan d’orientation sur la base des documents d’urbanisme, tenant compte de ce que le maire ou l’adjoint à l’urbanisme ont en tête». Dans le plan d’orientation, les couleurs sont affectées par zones géographiques, selon leurs variations chromatiques.

Ainsi des communes de Trévoux et de Treffort-Cuisiat, dans le département de l’Ain : à la première, avec vue sur la Saône et une partie végétalisée, des ocres rosés ; à la seconde, une dominante dorée.

Des villes nouvelles aux communes, en passant par l’international et les industriels. Atelier Cler a en effet établi une 'Harmonic chromatic chart' en 1993 pour des ensembles urbains à Hong-Kong et, par ailleurs, travaillé avec Weber et Broutin pour définir les palettes de couleur de ses mortiers. Aujourd’hui, France et Michel Cler exercent essentiellement pour le compte de villes péri-urbaines.

S’ils répartissent les gammes de couleur selon une nomenclature distinguant les menuiseries du bardage, de la couverture et des enduits et peintures, pour autant, «rien n’est normalisé». Intégrées aux PLU, ces recommandations chromatiques «ne sont que des suggestions».

«Nous savons qu’un chantier dépend de l’entreprise, que le même sac de poudre peut changer de couleur, qu’il y a un pourcentage de chutes entre la référence et le terrain», souligne Michel Cler.

De façon générale, «les teintes de pierre, tons gris, sablé ou ivoire» sont les plus courantes. Des teintes dé-saturées «car nous travaillons essentiellement hors des grandes villes». Pour trouver les tons saturés, regarder du côté des frontières, de l’Alsace comme de la frontière italienne.

03(@AtelierCler)_S.jpg«De plus en plus de communes établissent des schémas chromatiques car elles bénéficient d’aides pour les opérations de ravalement de façades», soulignent les consultants couleur.

Qu’en est-il des résultats de leurs efforts ? «Il faut revenir quinze ans plus tard pour voir l’évolution de nos recommandations».

Le métier demande donc une infinie patience. Pour autant, France et Michel Cler ne changeraient d’échelle pour rien au monde. «L’intérêt de l’espace urbain est que nous y retrouvons toutes les activités de la cité».

Des cités qui font rêver ? «Paris !», lance France Cler sans hésiter. Mais la ville haussmannienne est, pour l’essentiel, chasse-gardée des ABF, qui privilégient, de fait, le ton pierre.

«Pourtant, elle est composée de villages aux caractères si différents».

Emmanuelle Borne

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