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Cahier Spécial - En direct de Batimat - Jeudi 10 novembre

Actualité | Green Blade : FibandCO file la banane (10-11-2011)

Parmi les lauréats du Concours de l’innovation, le médaillé d’or Green Blade est un revêtement composé à 100% de fibres de bananier. Derrière ce produit atypique : FibandCO, une entreprise martiniquaise ayant remporté la mention spéciale PME du même Concours de l’innovation. Laquelle s’adresse aux architectes... pour toucher les distributeurs.

Batimat | France

Il fallait y penser. «Quand nous avons décidé, avec ma femme, architecte, de rentrer vivre à la Martinique pour qu’elle y monte son agence, je cherchais une matière première abondante pour y développer ma propre activité», raconte Vladimir Hayot, ingénieur industriel et fondateur de FibandCO. Sans cela, «impossible d’aller à l’exportation, le marché local étant trop restreint».

Or, «il y a 7.000 hectares de plantations de bananiers à la Martinique». Une matière première abondante donc. Dont les troncs sont inexploités.

Avec son idée en tête, Vladimir Hayot est alors «allé voir ce qui se faisait au Brésil, en Chine, en Inde». C’est en Egypte qu’il précise sa pensée, en découvrant des feuilles de papyrus issues de l’exploitation de troncs de bananier.

Ainsi est née Green Blade, une série de feuilles en fibres de bananier «100% naturelles» destinées aux revêtements de surfaces intérieures, de mobilier et autres objets de décoration.

Dénué d’additifs chimiques, le produit est en tout point «éco-responsable», selon Vladimir Hayot. «Le bananier n’étant pas un arbre mais une herbe qui, une fois coupée, repousse en six mois, son exploitation ne pose pas de problème de déforestation», précise-t-il.

Fort d’une matière première et d’un concept, restait pour Vladimir Hayot à industrialiser le procédé de transformation des troncs en feuilles décoratives. Pour ce faire, il fit appel à l’ingénieur Nicolas Cheminon, rencontré pendant ses études, désormais associé de FibandCO.

Les deux comparses travailleront cinq ans à mettre en place un système aujourd’hui breveté. Vladimir Hayot ne dit donc «pas tout» de l’innovation mais assure n’avoir pas «réinventé la roue ; nous avons simplement adapté des machines existantes pour transformer mécaniquement le tronc de bananier».

02(@GreenBlade-FibandCO)_S.jpg«Nous tranchons le tronc, récupérons le coeur, pour ensuite l’assembler et enfin le sécher». Résultat : des feuilles brutes, fines au point d’être translucides ou des feuilles entoilées par FibandCO, qui vend le produit au mètre carré (compter 35 euros/m² pour le produit brut et 47 euros le m² pour sa version entoilée) et propose différents coloris et différents motifs.

Si le procédé d’exploitation est industrialisé, l’assemblage, en revanche, «est fait main».

Essentiellement destiné à l’architecture d’intérieur, Green Blade a trouvé une autre application avec l’américain Tesla Motors «qui a sorti un nouveau modèle de voiture électrique dont le revêtement intérieur est composé de Green Blade».

Après avoir testé et amélioré son produit sur place, FibandCO s’est en effet lancée à l’assaut de l’international et de la métropole.

«Nous étions présents aux côtés de FCBA (Institut Technologique Forêt Cellulose Bois-construction Ameublement) lors du salon Maison et Objet en 2010 ; les contacts que nous avons noués alors vont commencer à porter leurs fruits».

03(@ZuribyCarineHayotArchitecture).jpgSimilaire au bois par son aspect, Green Blade est difficilement classifiable. De fait, concurrentiel. «Le tronc de bananier n’est pas un arbre mais une plante», répète Vladimir Hayot. «Dans le code douanier, nous sommes donc classés dans 'matériaux à base de fibres naturelles' puis 'autres'», s’amuse-t-il.

Un nouveau développement devrait bientôt le positionner sur le marché... du papier peint. En effet, le produit fini, c’est-à-dire vernis, demande une autre étape de transformation, que FibandCO ne prend pas en charge pour l’instant.

«Nous sommes en train de travailler des feuilles prêt à plaquer, soit déjà vernies».

Par ailleurs, «nous sommes en phase R&D pour voir comment nous pourrions exploiter non seulement le coeur mais aussi l’extérieur du tronc de bananier. Lequel permet de créer des polymères qui intéressent notamment l’industrie automobile».

04(@GreenBlade-FibandCO)_S.jpgBref, le champ d’application de Green Blade est vaste et le carnet de commandes de FibandCO, «plein jusqu’à février».

Quant aux clients... ils se montrent hésitants en France. Alors qu’aux USA, «les distributeurs s’arrachent l’exclusivité de notre produit», ainsi que le souligne Kirsty Morgan, chargée marketing et développement de FibandCO, leurs homologues français, en revanche, «attendent les demandes des architectes pour se lancer».

D’où la présence de FibandCO à Batimat. «Nous investissons dans les salons ; les architectes ont besoin de voir notre produit et de toucher la matière».

Emmanuelle Borne

05(@GreenBlade-FibandCO)_B.jpg

Réactions

samy | architecte | cameroun | 19-04-2014 à 20:57:00

je suis intèressé par vos produits.la documentation et les échanges pour un developpement d'un partenariat.merci

jm | paca | 13-11-2011 à 18:22:00

très intéresser par votre produit, j'aimerais avoir de la documentation pour deco chambre et magasin en métropole
félicitation pour votre innovation

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