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Cahier Spécial - En direct de Batimat - Mercredi 9 novembre

Edito | Le Grenelle, Benoist Apparu et les scaphandriers (09-11-2011)

«Qui a détricoté le Grenelle de l'Environnement ?», s’interrogeait gravement Nicolas Delesalle, dans Télérama le 9 avril 2011, notant à l’instar de la plupart des observateurs que «quatre ans après son lancement en grande pompe, la France a sabordé sa révolution verte». La crise économique a bon dos et les lobbies de l'énergie, qui s’ingénieraient depuis quatre ans à vider le Grenelle de sa substance, ont le dos large.

Batimat | France

En effet, le Grenelle de l’environnement est en pleine bourre. La preuve ce mercredi à Batimat avec la conférence de presse de Benoist Apparu, secrétaire d’Etat chargé du Logement. L’enjeu, rien moins qu’un nouveau label Reconnu Grenelle Environnement.

Après les labels Qualibat, ECO Artisans, Pros de la performance énergétique, Qualisol, QualiPV, Qualibois, Qualifelec, Qualibat - nous en oublions sans doute - il y avait en effet urgence à en créer un autre.

D’ailleurs, c’est entouré, notamment, des présidents de la FFB et de la CAPEB que le secrétaire d’Etat a signé ce nouveau label - charte et référentiel à la fois - 'Reconnu Grenelle Environnement', se félicitant à l’occasion que des objectifs «soient déjà atteints». «Nous avons pris de l’avance et nous avons des résultats très positifs sur le neuf», dit-il.

Mais, pour atteindre les objectifs de 400.000 logements rénovés dans l’ancien en 2013 et de 800.000 logements sociaux en 2020, il faut, c’est une évidence, «monter en régime de croisière». «Encore faut-il les outils et les professionnels qualifiés pour le faire», assure Benoist Apparu.

D’où cette charte qui propose «un principe de neutralité et d'indépendance de l'organisme propriétaire et de l'organisme de qualification délivrant le signe de qualité» - c’est le moins - tandis que  l'organisme de qualification doit exiger de l'entreprise pas moins que :
* fournir la preuve des compétences de son responsable technique via sa formation initiale ou continue,
* assumer la responsabilité des travaux donnés en sous-traitance,
* fournir la preuve d'expériences via des références appropriées,
* réaliser tout ou partie de la pose du matériel,
* justifier l'assurance adéquate correspondant aux activités concernées par le signe de qualité.

Etc. et tutti quanti !

Patrick Liébus, le président de la Capeb, s’est permis une remarque acerbe. «Trop de signes tuent le signe», dit-il, avant d’ajouter : «Evitons de nous mettre des semelles de plomb à nos chaussures car nous devons avancer et nous ne sommes pas des scaphandriers».

Quoi, les anges qui sont passés à ce moment ne chantaient pas un Alléluia 'Reconnu Grenelle Environnement' ?

Il faut dire que lundi dernier, Didier Ridoret, président de la FFB, en termes diplomatiques certes, déplorait «des atteintes renouvelées aux niches fiscales immobilières». «La suppression du Scellier à fin 2012, le recentrage du PTZ+ et la nouvelle réduction du Crédit d’Impôt Développement Durable hypothèquent, à n’en pas douter, l’avenir et, par la-même, l’emploi de notre secteur».

Le même jour, Patrick Liébus se montrait plus virulent : «Avec l'augmentation de la TVA dans le bâtiment, [le gouvernement] fait plus et pire : il provoque lui-même un ralentissement de l’économie et se tire ainsi une balle dans le pied. Conséquence : contrairement à ce qu’affirme le Premier Ministre, il affaiblit l’un des secteurs les meilleurs contributeurs à la croissance».

«Face à un gouvernement insensible aux arguments économiques de bon sens, les artisans sont aujourd’hui découragés et éprouvent une colère rare», s’insurgeait encore le président de la Capeb.

Heureusement, ces réactions épidermiques ne sont que peu de choses quant à l’enjeu de ce nouveau label 'Reconnu Grenelle Environnement' qui a valu au secrétaire d’Etat de se déplacer spécialement à Batimat, non sans avoir inauguré le 4 novembre dernier l’Ecole Française des Gardiens d’immeubles.

«Habituellement, je raille les chartes et autres conventions car c’est une façon simpliste de régler les problèmes», a souligné Benoist Apparu à la fin de son discours.

En clair, là c’est du sérieux. Le Grenelle de l’environnement, qui apparemment ne tenait plus qu’à un fil, est donc sauvé !

Christophe Leray

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