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Brésil | De Londres 2012 à Rio 2016, un copier/coller ? (12-10-2011)

Luiz Ernesto Magalhães, journaliste, propose dans les colonnes de O Globo le 1er octobre 2011 un entretien avec Bill Hanway, architecte responsable du plan masse du Parc Olympique de Rio de Janeiro. La ville, qui doit recevoir en 2016 les XXXIe olympiades de l’ère moderne, s’inscrit dans la lignée de Londres en choisissant celui qui a conçu l’organisation du complexe sportif de la capitale britannique.

Sport | Bâtiments Publics | Rio de Janeiro | Bill Hanway

L’ARCHITECTE AMERICAIN QUI CONCOIT LE PROJET DE PARC OLYMPIQUE AFFIRME QUE SES PLANS DEVELOPPERONT LA REGION APRES LES JEUX
Luiz Ernesto Magalhães | O Globo

RIO - Les plans colorés que l'architecte américain Bill Hanway déplie peu à peu sur le bureau de son confrère brésilien et associé au sein du projet, Daniel Gusmão, révèlent les secrets du projet d'occupation du Parc Olympique de Rio en lieu et place de l’actuel circuit automobile de Jacarepaguá.

En expliquant son dessin, Bill Hanway révèle que «l'architecture brésilienne et le paysage de la ville nous ont inspiré ce projet». Egalement responsable du projet pour le Parc Olympique de Londres 2012, Bill Hanway est arrivé à Rio jeudi [29 septembre] pour la première réunion de travail avec l'équipe brésilienne depuis que le projet a été désigné lauréat en août dernier lors d’un concours international organisé par l'Institut des Architectes du Brésil et par la Mairie. Pour sa première interview depuis cette victoire, Bill Hanway rappelle qu'il reste encore beaucoup à faire, y compris planifier l’avenir post-olympique de la zone.

O Globo : Quelle est votre analyse du site choisi pour le futur Parc Olympique ?

Bill Hanway : Le relief de Rio de Janeiro fait que la ville dispose de l'un des plus beaux paysages du monde. C'est cette caractéristique que nous retrouvons sur ce terrain. La zone est entourée de deux buttes et se situe en marge d'une lagune. Le concept du projet propose de développer une voie de circulation pour le public à travers le parc en prenant en compte ces éléments naturels.

Une des esquisses montre que la voie d’accès principale aux installations sportives fait référence aux trottoirs et au pavage de Copacabana. Pourquoi ?

Etant donné nos objectifs, nous avons voulu rendre hommage à l'architecture brésilienne. Les dessins forment un cheminement sinueux pour que le public circule depuis l'entrée du circuit automobile jusqu'au bord de la lagune de Jacarepaguá. Nous faisons également référence à la flore brésilienne : nous avons conçu quelques aires de services sous forme de fleur que l'on retrouve dans le paysage.

02(@Aecom)_S.jpgLa préoccupation du projet se résume-t-elle au paysage ?

Négatif. Nous voulons que le public profite au maximum de l'expérience unique de recevoir les Jeux Olympiques. Nous cherchons à éviter que tous sortent en même temps des installations sportives après avoir assisté à une compétition. Le problème est que, certains jours, le public pourra atteindre 120.000 personnes. Ce grand cheminement que nous prévoyons n'amène pas seulement le public aux installations sportives mais aussi aux aires de loisirs et de restauration. Il y a également les espaces dit 'live site' où le public pourra voir par l'intermédiaire d'écrans télévisés les autres compétitions ayant lieu ailleurs.

Comment se fera l'accès du public qui déjà, pour des raisons de sécurité, arrivera au parc principalement par les transports publics ?

En 2016, l’ensemble des quartiers atour du Parc Olympique sera desservi par les lignes de la BRTs. A la future entrée du Parc, il y aura différents points d'arrivée mais tous iront au même espace de contrôle de sécurité. Après avoir passé cette zone, le public arrivera sur l’axe principal qui lie les installations aux aires de loisirs.

03(@Aecom)_B.jpgComment l'expérience du parc olympique de Londres vous aidera au développement du projet carioca ?

Londres aide notre équipe à comprendre qu'un plan pour un parc olympique ne doit pas être rigide. Il peut subir des modifications pour satisfaire les nécessités d'un événement. La préoccupation n'est pas tant les jeux que la croissance et le développement de la zone des années après. Il nous appartient de la planifier et de valoriser ses extensions. Tout sera donc développé et pensé par notre équipe. Le 12 octobre, nous présenterons probablement au comité organisateur Rio 2016 et au maire Eduardo Paes les premières études développées à partir du plan conceptuel.

Le concours prévoit après les Olympiades qu'une partie des équipements sportifs forme le futur centre d'entrainement du Comité Olympique Brésilien (COB). Les aires restantes devront être remises à l'initiative privée. Comment avez-vous fait cette division ?

Le concours prévoyait que 40% du terrain soit destiné au Centre Olympique et 60% remis à l'exploitation privée après les jeux. Nous avons pris un risque, à savoir concentrer les installations sportives permanentes dans une zone équivalent à 25% du total. Durant les Jeux, cette concentration aidera au contrôle de la circulation du public et des infrastructures de l'événement.

04(@Aecom)_B.jpgL'entreprise Aecom* que vous représentez fera deux projets de parc olympique consécutivement ? Existe-t-il une formule pour ces projets ?

Les sites choisis à Rio et à Londres ont leurs propres caractéristiques et ceci ne se limite pas à la question économique. Le Parc de Londres a été construit dans un quartier sinistré au contraire de Rio. Les défis pour occuper les espaces avant et après les jeux sont différents. Au contraire de Londres, le stade olympique João Havelange a été construit en dehors du parc.

Quelle différence existeront entre le processus de sélection des projets choisis pour Rio et celui réalisé pour le Parc Olympiques de Londres ?

A Londres, les agences ont été convoquées pour exposer leurs idées. A Rio, il y a eu un concours public international qui a exigé un développement de ces concepts dans la pratique. Nous avons eu deux mois pour développer un projet avec une équipe formée de 25 personnes, étrangères et brésiliennes.

Luiz Ernesto Magalhães | O Globo | Brésil
01-10-2011
Adapté par : Jean-Philippe Hugron

* Aecom est une agence d’ingénierie et un fournisseur mondial de services techniques professionnels. Présente dans 125 pays, elle compte 45.000 employés.

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